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Monday, September 21, 2026

Brillante entrée en matière de Yannick Nézet-Séguin

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L’Orchestre Métropolitain entamait sa saison, dimanche, avec des œuvres de Barbara Assiginaak et William Walton, préludant aux fameuses Planètes de Holst. Ces différents univers ont valu aux auditeurs des émotions très fortes.

Le concert s’intitulait « Yannick dirige Les Planètes », ce qui était certes vendeur (la salle était comble en dépit des entraves routières), mais ne rendait pas justice à la prestigieuse visite d’Antoine Tamestit.

On ne dira jamais assez à quel point l’altiste français est le primus inter pares en son domaine. C’est autant une apparition qu’un musicien. Déjà, lorsqu’il joue, on a le sentiment que rien ne peut lui arriver, qu’il n’a jamais fait une fausse note de sa vie. Mais au-delà de cette maîtrise, il y a cette sonorité renversante et tout ce qu’il en tire : à la fois un éventail infini de nuances — des pianissimos impalpables, mais nourris, aux forte charnus — et une formidable palette expressive.

Mélancolie

C’est là que son interprétation du Concerto de Walton s’est révélée précieuse : Tamestit nous a conduits aux confins d’une mélancolie amère et poignante. Pour comprendre celle qui s’exprime dans cette page, il faut connaître l’amertume de Walton, nourrie d’une admiration pour Christabel McLaren, figure de la haute société britannique à qui l’œuvre est dédiée. Le vain désir brûlant, resté platonique et inassouvi, s’est mué en cette expression douce-amère confiée à l’alto, ce qui explique la forme circulaire de la pièce (le début fait écho à la fin, tous les élans n’ayant servi à rien).

Antoine Tamestit a admirablement prolongé cette atmosphère en offrant une transcription de Flow, my tears de John Dowland (1596), avec accompagnement à la harpe.

C’était une belle idée de faire s’exprimer Barbara Assiginaak sur les étoiles en préambule d’un concert qui culminait avec les Planètes. La partition de la compositrice anichinabée a d’ailleurs été très chaleureusement accueillie. Shpiming Nangokaa (« Haut dans le ciel, il y a beaucoup d’étoiles ») est une musique atmosphérique, qui évoque la voûte céleste mais aussi les bruissements de la nature. Elle tire parti d’alliages raffinés entre les bois et les cordes, ainsi que d’un très large pupitre de percussions, en écho aux multiples facettes des astres décrits.

Au fil de ses créations, souvent défendues par l’OM, Assiginaak affine un langage qu’on commence à bien identifier. Il sera d’ailleurs passionnant, un jour, de réunir deux ou trois de ses pièces dans un même programme ou de réaliser un enregistrement pour mieux appréhender ce style, qui témoigne indéniablement d’un maniement affûté de l’orchestration.

Caractères

Après l’entracte, Yannick Nézet-Séguin s’attaquait aux Planètes. Il a eu raison de rappeler qu’on les entendait assez rarement à l’OM. Le chef a aussi tenu parole sur le fond : il a fouillé en profondeur le sens et les qualificatifs associés à chaque astre. De ce point de vue, le poids et le caractère dense et sombre de Saturne, qui apporte la vieillesse, se sont avérés saisissants, couronnés par un apport idéal de l’orgue à la fin.

Dans les virevoltes d’Uranus le magicien, on a remarqué l’astucieux changement de baguettes du timbalier (offrant un son plus rond au départ, puis plus sec dans la seconde moitié). Partout, les cors se sont montrés remarquables, notamment dans le passage hymnique central de Jupiter, grandiose sans jamais verser dans la grandiloquence.

Quant aux percussions, elles étaient carrément déchaînées. Dès Mars, qui apporte la guerre, mené avec une réelle férocité, on avait mesuré toute l’intensité de l’interprétation. Dans Neptune, enfin, le chœur en coulisses n’était pas abordé de manière « charnelle », mais comme une texture sonore pure, les pupitres instrumentaux conservant, sur scène, la primauté en campant une trame mystérieuse. L’effet d’éloignement des voix était parfait et leur justesse aussi.

Cette superbe entrée en matière s’est toutefois avérée un peu longuette. Quitte à convoquer le public à 15 h pour ne le libérer qu’à 17 h 40, il serait courtois de ne pas dupliquer des discours du conseil d’administration et de la direction générale de l’orchestre. On pourrait très bien donner la parole à l’un cette fois-ci, et réserver l’intervention de l’autre pour le concert suivant…

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