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Monday, September 21, 2026

Des centaines de médecins réclament une enquête publique sur les suicides dans leur profession

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Préoccupés par de récents décès, plus de 1500 médecins réclament une enquête publique du Bureau du coroner sur les suicides dans leur profession au Québec. Ils demandent aussi aux partis politiques de s’engager à mesurer la santé mentale des soignants.

« Depuis le mois de mars 2026, cinq décès de médecins québécois rapportés comme étant survenus par suicide ont été portés à notre connaissance », écrivent les signataires d’une lettre transmise au coroner en chef, Me Reno Bernier. Le document, d’abord relayé par TVA Nouvelles lundi, a ensuite été obtenu par Le Devoir.

Les signataires souhaitent que Me Bernier et son équipe se penchent notamment sur les facteurs individuels, professionnels, organisationnels et systémiques susceptibles de contribuer aux suicides de médecins.

La détresse des médecins « ne peut être considérée uniquement comme un problème individuel », estiment-ils.

Elle s’inscrit dans un environnement professionnel marqué par une exposition répétée à la souffrance et à la mort, de lourdes responsabilités et charges de travail, ainsi qu’un manque de ressources, font-ils valoir.

Historiquement, des études ont fait état d’une mortalité par suicide plus élevée chez les médecins que dans le reste de la population, indique le Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ), sur son site.

Des travaux récents brossent toutefois un portrait plus nuancé. Les taux de décès par suicide des hommes médecins se rapprochent de ceux des hommes de la population générale, tandis qu’ils demeurent plus élevés chez les femmes médecins, précise l’organisme.

Joint par Le Devoir, le Bureau du coroner affirme que « des investigations concernant les décès visés sont déjà en cours et une analyse approfondie de la demande d’enquête publique est amorcée ». Pour l’instant, il est toutefois trop tôt pour se prononcer sur la tenue d’une telle enquête, ajoute-t-il.

Difficile à mesurer

Dans leur lettre, les signataires reconnaissent ne pas pouvoir déterminer si les suicides sont actuellement en hausse chez les médecins québécois. L’absence de données « publiques, centralisées et suffisamment détaillées » les empêche de mesurer l’ampleur et l’évolution du phénomène, disent-ils.

Ce manque de données complique aussi la mise en place et l’évaluation de mesures de prévention, déplore le Dr Jean-Paul Brutus, chirurgien plastique et signataire de la lettre.

Depuis 2022, Le Devoir a recensé dans les rapports du coroner trois cas de médecins actifs ou retraités qui se sont enlevé la vie.

Ce bilan ne permet toutefois pas de répertorier l’ensemble des suicides de médecins survenus récemment, puisque le délai moyen de production d’un rapport est de neuf mois et peut être plus long lorsque des expertises ou des enquêtes supplémentaires sont nécessaires.

« Une crise de santé publique »

Le Dr Brutus estime que la réflexion devrait porter sur la santé mentale de l’ensemble des soignants, et non seulement sur celle des médecins.

La détresse des professionnels de la santé peut aussi avoir des répercussions sur les soins, soutient-il, évoquant notamment une capacité d’écoute et d’empathie amoindrie. « C’est une crise de santé publique qui doit concerner chaque Québécois. »

Le Dr Jean-Paul Brutus déplore que cet enjeu soit, selon lui, absent de la campagne électorale québécoise, alors qu’il y a « urgence en la demeure ».

« J’aimerais demander aux politiciens : “Est-ce que vous vous engagez à mesurer la santé mentale des soignants ? Et est-ce que vous vous engagez à rendre public ce que vous trouvez ?” » dit-il.

D’autres détails suivront.

Besoin d’aide ?

Si vous pensez au suicide ou vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles en tout temps au 1 866 APPELLE (1 866 277-3553), par texto (535353) ou par clavardage à suicide.ca.

View the original on Le Devoir

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