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Thursday, September 17, 2026

Bilan du SPVM | « Je ne peux pas être plus fier », dit Fady Dagher

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La baisse récente de la criminalité à Montréal et la hausse de recrutement de policiers constitue « un des meilleurs bilans […] depuis des années » pour le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), s’est félicité mercredi Fady Dagher.

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Le chef de police de Montréal, qui en est à la moitié de son mandat à la tête de l’organisation, s’est dit « satisfait » du progrès réalisé depuis les difficiles années 2021-2022, en ajoutant qu’il reste « tellement de travail ».

L’officier était à l’hôtel de ville de Montréal, en après-midi, pour défendre le rapport annuel 2025 du SPVM. Sa présentation a été retardée de plusieurs mois.

Le rapport montre une chute importante dans le nombre de crimes impliquant des armes à feu (-24 % par rapport à 2024), de vols de voitures (-24 %) et d’incendies criminels (-8 %). Le nombre total d’infractions criminelles a diminué de 2,5 % par rapport à l’année précédente, mais les agressions sexuelles sont en hausse marquée (+6 %). Trente et un meurtres ont été commis pendant l’année, exactement le même nombre que l’année précédente.

« Rappelez-vous 2021-2022, on avait une fusillade à tous les deux jours. On en a presque plus, ça a beaucoup beaucoup diminué », a souligné M. Dagher, après sa présentation, en entrevue avec La Presse. « Rappelez-vous, c’était quoi les articles qui étaient écrits en 2022 ? ‘Le SPVM n’attire personne, c’est le Far West, ça tire tout le temps’. »

Mi-mandat

Le chef de police a justement été nommé à la toute fin de l’année 2022 pour un mandat de sept ans. M. Dagher n’a pas pu cacher sa surprise lorsque La Presse lui a fait remarquer qu’il en restait maintenant autant devant lui que dans son rétroviseur.

« Je suis venu au SPVM en mission, sachant très bien que je risquais autant ma santé mentale, ma santé physique, mon image, ma crédibilité, et je tiens à dire que l’équipe a répondu », a-t-il laissé tomber en entrevue. « Je ne peux pas être plus fier de ce que l’équipe a réalisé. »

À son avis, le recrutement de dizaines de policiers a largement contribué à ces résultats. En 2025, le corps de police a connu une augmentation nette de 114 agents en uniforme.

On a même des CV en attente, qu’on refuse. On refuse de très très bonnes candidatures. Et on a de plus en plus des candidatures des gens qui viennent d’autres corps de police, qui viennent chez nous.

Fady Dagher, chef du SPVM

Fady Dagher estime aussi que la décentralisation du pouvoir décisionnel vers les postes de quartier, ainsi que ses efforts de rapprochement avec les Montréalais ont porté fruit. « Vous savez, quand je regarde les liens qu’on a créés avec les populations pendant nombre d’années, c’est payant aujourd’hui », a-t-il dit. « C’est extrêmement payant de voir tout ce qui a été investi avec les partenaires. Maintenant, on en récolte les résultats. »

« Extrêmement préoccupé » par la criminalité impliquant des jeunes

Pour autant, tout n’est pas rose sur l’écran-radar du chef de police. Lors de l’audience de la Commission de la sécurité publique à laquelle il prenait part, de nombreux citoyens ont vivement critiqué le travail des policiers dans plusieurs dossiers précis, dont la mort d’Abisay Cruz. Le scandale de racisme au sein du poste de quartier de Montréal-Nord a aussi fait l’objet d’interventions.

Sur le plan criminel, Fady Dagher dit être particulièrement préoccupé par la croissance de l’implication de mineurs de 12 à 16 ans comme exécutants de crimes graves commandités par des malfrats plus âgés. La situation extrêmement difficile qui prévaut à Marseille-où ces pratiques sont fréquentes-retient d’ailleurs son attention afin d’éviter que Montréal s’engage dans la même voie.

« Avant, on voyait beaucoup plus [des criminels] de 18, 19, 20 ans. Là, ça finit à peine le primaire et ça commence », a déploré Fady Dagher. « On est extrêmement préoccupés. »

La « crise humanitaire » liée à l’itinérance dans les rues de Montréal l’inquiète aussi. L’augmentation de la présence policière autour des campements pour rassurer les passants n’a pas toujours l’effet escompté. « Parfois ça créé de l’insécurité de voir plus de policiers à un endroit, mais on est vraiment pognés entre l’arbre et l’écorce, a-t-il dit. Le système de la santé n’est pas tout le temps au rendez-vous. […] Il y a des institutions qui ne jouent pas nécessairement leur rôle dans la communauté. »

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