"Momo à vélo", trois jours pour sensibiliser à la maladie d’Alzheimer

Casque sur la tête, chargé et équipé de ses besaces, M’hammed porte fièrement un t-shirt blanc illustré par un “A” majuscule. Il arrive à Saint-Ghislain, accueilli par une vingtaine de personnes. Sur son vélo, une affiche Alzheimer Tour est accrochée à son guidon.
En trois jours, ce cycliste amateur a traversé la Province du Hainaut à vélo. Charleroi, Mons, Ath et Saint-Ghislain pour représenter cette cause qu’il connaît bien.
"Ma grand-mère maternelle était atteinte de la maladie d’Alzheimer. J’ai vu la souffrance que ça génère à son niveau, mais à la famille aussi. Personnellement, c’est une maladie qui me fait peur", raconte Momo.
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Pendant son tour, il rencontre un large public, tant dans les villes que sur les routes, et éveille l’attention. “Le long des RAVeL, il y a des piétons. Là, les gens m’interpellent parce qu’ils voient que je porte une affiche Alzheimer Tour. Ils me demandent de quoi il s’agit. Souvent ce sont des gens concernés par la maladie”, explique le cycliste.
"C’est là que je transmets le message, évidemment. Et je leur parle des Alzheimer Café."
Donner des clés aux familles
Pendant ses trajets, il met en lumière les "Alzheimer café". 87 lieux de détente et d’échanges créés par Sabine Henry, présidente de la Ligue Alzheimer.
"C’est presque paradoxal. La plupart du temps, les personnes qui apprennent le diagnostic veulent tout savoir sur la maladie", explique Sabine Henry. "Le médecin va surtout expliquer ce qui se passe dans le cerveau. Mais ça ne donne rien comme information pour la vivre."
Alors, pendant quelques heures, les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer, les familles et le personnel soignant se rencontrent pour discuter et partager.
"La maladie évolue, elle exige des attentions, des soins particuliers. C’est un apprentissage pour devenir aidant."
3e édition de l’Alzheimer Tour
Ce n’est pas la première fois que Momo enfourche son vélo pour la bonne cause. En 2023, il a parcouru près de 3550 kilomètres, direction le Maroc, avec la même volonté. Trois ans plus tard, s’il est toujours voyageur solitaire, un groupe de cyclistes a tenu à l’accompagner pour la dernière étape de son tour. Parmi eux, Christophe, connait lui aussi la maladie.
"Mes deux parents sont récemment décédés de la maladie", raconte-t-il.
"On était devant une maladie contre laquelle on n’est absolument pas armé. On a du mal à agir, on ne sait pas comment s’y prendre, on ne sait pas comment faire. En parler comme M’hammed le fait, avec les Alzheimer Café, ça peut donner des pistes de réflexion aux gens qui sont confrontés à la maladie et qui cherchent des solutions."
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