Un homme tire en rafales et fait un mort et plusieurs blessés à Trappes : le tireur a été interpellé, le quartier de son appartement est bouclé

Une personne a été tuée et cinq autres blessées à Trappes et La Verrière dans le département des Yvelines, au sud-ouest de la capitale, selon le ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez, dont une enfant de 12 ans.
L'immeuble où réside l'homme suspecté des tirs survenus vendredi matin dans les Yvelines, situé à Plaisir, a été évacué et son quartier bouclé, a constaté un journaliste de l'AFP, après que la police a trouvé des bonbonnes de gaz à son domicile.
"Intervention de police en cours, accès interdit aux appartements jusqu'à nouvel ordre", indique un panneau affiché dans ce quartier dans le nord du centre-ville, où réside l'homme soupçonné d'avoir tué une personne et d'en avoir blessé cinq autres après des tirs en rafale.
Le suspect interpellé a été placé en garde à vue, selon le Parquet national antiterroriste, qui s'est rapidement saisi des faits. Des bonbonnes de gaz ont été trouvées à son domicile, a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.
Des habitants de ce quartier de Plaisir ont été dirigés vendredi après-midi par des agents municipaux et de la police vers le palais des sports Pierre de Coubertin de Plaisir, où étaient déployés des secouristes de la Croix-Blanche, a constaté un journaliste de l'AFP.
L'accès à ce quartier populaire et résidentiel était bouclé vendredi après-midi par des barrières érigées par la police.
Le tireur est soupçonné d'avoir voulu s'en prendre à des personnes issues de l'immigration.
Selon une source policière, il est âgé de 39 ans et a été interpellé en possession d'un pistolet mitrailleur et de grenades de gaz lacrymogène.
Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s'est rapidement saisi des faits. Il a annoncé avoir ouvert une enquête pour "assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée".
Le maire de Trappes a estimé que la fusillade était "objectivement un attentat, à connotation raciste, probablement islamophobe".
"C'est probablement l'un des premiers, une première tentative de crime de masse à connotation islamophobe et raciste", a poursuivi Ali Rabeh (gauche), appelant à la "concorde républicaine".
En déplacement dans cette ville de banlieue populaire, Laurent Nuñez, accompagné de la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a dénoncé un "crime terroriste" et "un acte extrêmement grave", se félicitant de ce que le "périple meurtrier" ait été interrompu.
Après avoir tiré en rafale depuis une voiture, le suspect a été interpellé à Coignières (Yvelines), selon une source policière, indiquant que les faits s'étaient produits vers 10H30.
Selon une autre source policière, le suspect est âgé de 39 ans et est domicilié à Plaisir, à quelques kilomètres des lieux de la fusillade.
Il a été interpellé en possession d'un pistolet mitrailleur, de grenades de gaz lacrymogène et est inscrit dans le fichier du Traitement d'antécédents judiciaires (TAJ), mais est inconnu du renseignement territorial, selon cette source.
Il a été placé en garde à vue, a précisé le Pnat.
Nicolas Dainville, maire de La Verrière, a précisé à l'AFP qu'une fille de 12 ans avait été grièvement blessée par huit impacts de balle, mais que son état était désormais "stabilisé".
Il a ajouté que deux hommes de ménage, "de type africain", avaient été blessés alors qu'ils nettoyaient une école par le suspect, qui serait "sorti de son véhicule pour tirer".
"C'est l'effroi, le traumatisme, un cauchemar", a-t-il déclaré à l'AFP.
Selon Ali Rabeh, qui s'exprimait sur BFMTV, parmi les victimes, "la personne décédée est d'origine africaine et la personne en urgence absolue est d'origine maghrébine".
Sur X, le président de la République, Emmanuel Macron, a affirmé que "la Nation" se tenait "aux côtés" des victimes et des habitants des villes concernées par cette "terrible épreuve".
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a lui qualifié les faits de "très graves".
Samy, un habitant de Trappes, a vu un corps allongé au sol depuis sa fenêtre.
Sa mère, a-t-il témoigné auprès de l'AFP, était dans la rue et a vu une voiture Renault Clio grise "passer à toute allure" et a entendu "des détonations".
"Clairement, là, j'ai le coeur brisé et ce qui m'anime, c'est la peur", a témoigné un autre résident, Adel, 50 ans. "Tout simplement parce que le profil des victimes, de ce qu'on en sait (...) ce sont des profils de personnes qui sont racisées. Et moi-même, je suis d'origine maghrébine et (...) ça fait peur pour toutes les personnes qui ont ce même profil dans la ville et Dieu sait qu'on en a beaucoup".
"C'est un miracle qu'on n'ait pas davantage de victimes", a estimé Ali Rabeh sur BFMTV, faisant état de "nombreux tirs à travers différents quartiers" de Trappes.
Il a évoqué un tireur qui, "manifestement, tirait au hasard et avait envie de faire un carnage".
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