Mort d’un motocycliste à Saint-Donat | Les proches « indignés par l’incompétence » de Transports Québec

L’accident de moto qui a coûté la vie à un septuagénaire de Saint-Donat, fin août, a été causé « par une route dégueulasse » et « l’incompétence » de Transports Québec, dénonce sa fille, Jessica Théberge Ménard.
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Le décès d’Alain Ménard, 71 ans, a été officiellement prononcé mercredi dernier, deux semaines après sa perte de maîtrise sur la route 125. Il était dans le coma depuis son accident. Ce segment est considéré depuis quatre ans comme dangereux par la municipalité et des citoyens, qui ont multiplié les plaintes au ministère des Transports et de la Mobilité durable.
La coroner Marie-Ève Lavoie a été mandatée « afin de mener une investigation visant à faire la lumière sur les causes et les circonstances entourant le décès » de M. Ménard, confirme-t-on au Bureau du coroner. Chez les proches du motocycliste, rapporte sa fille Jessica, un sentiment prévaut : « Nous sommes indignés par l’incompétence de Transports Québec. »
Personne ne mérite de mourir dans ces circonstances. Mon père n’a pas fait d’excès de vitesse, il avait un casque, il respectait le Code de la route. Pour nous, en tout cas, ses frères, ses sœurs, ses enfants, c’est vraiment la faute du ministère des Transports.
« La réfection était prévue, mais ils tardaient à la faire pour je ne sais quelle raison », déclare-t-elle en entrevue.
À 1 km de chez lui
La chaussée, sur le lieu même du drame, ont signalé plusieurs témoins à La Presse, a été refaite quelques heures après l’accident. Des travaux de réfection étaient en cours à environ 1 km du secteur de l’accident, précise-t-on au Ministère.
IMAGE EXTRAITE DU COMPTE FACEBOOK DE SAINT-DONAT
Le lendemain de l’accident fatal, la municipalité a publié une vidéo demandant au ministère des Transports d’accélérer la réfection d’une portion de la route 125.
Ce jour-là, Alain Ménard arrivait au terme d’une longue randonnée qui l’avait mené à Mont-Laurier en compagnie d’un ami, Robert Charbonneau. « C’était une très belle journée, on était arrivés, il ne restait même pas un kilomètre avant d’atteindre notre résidence, raconte M. Charbonneau. Alain, ça fait 40 ans qu’il fait de la moto, on n’est pas des débutants, on roulait à 50 km/h. Il a pogné un nid-de-poule et a perdu le contrôle. »
M. Charbonneau, 64 ans, estime que les routes autour de Saint-Donat n’ont jamais été en aussi mauvais état. Il s’estime chanceux de s’en être sorti indemne ce jour-là. « C’est débile. On dirait que depuis quelques années, ils ne réparent rien. »
Pour Jessica Théberge Ménard, c’est surtout la planification des travaux qui est déficiente.
Les gratte-papiers qui sont en haut de tout ça et qui gèrent la réfection des routes… À un moment donné, il y a des conséquences à ces délais et là, la conséquence, c’est la mort.
« Je ne sais pas s’ils dorment bien la nuit. Moi, en tout cas, je ne dormirais pas bien à leur place », poursuit-elle.
Rapports du coroner
Depuis le 1er mai dernier, on a reçu 13 signalements concernant ce secteur, indique-t-on au ministère des Transports. De 2019 à 2023, quatre accidents sans blessés sont survenus sur la route 125 à la hauteur de Saint-Donat. Les statistiques depuis 2024 ne sont pas disponibles. Selon une porte-parole, on estime qu’il s’agit d’« un secteur sinueux de la route 125, qui n’est toutefois pas considéré comme accidentogène ».
Les conclusions de la coroner Marie-Ève Lavoie pourraient être rendues publiques d’ici la fin de l’année 2026, selon ce qu’ont appris les proches d’Alain Ménard. En 2025, on a déploré la mort de 62 motocyclistes sur les routes du Québec, soit 14 de plus qu’en 2024.
Le Bureau du coroner a déposé cinq rapports concernant des décès en moto depuis 2023. Trois fois, les recommandations concernaient surtout la conduite dangereuse et la vitesse excessive des motocyclistes. Jamais l’état de la route n’a été indiqué comme ayant pu causer leur décès.
Lisez « Levée de boucliers contre un segment “dangereux” de la route 125 »
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