Face à la guerre hybride, la Belgique la joue très discrète

Le MR avait publié, il y a dix jours, un communiqué de presse insistant sur l’urgence de convoquer un Conseil National de Sécurité face à "l’intensification des menaces hybrides". Ce lundi après-midi, le CNS s’est réuni. À l’entrée, tout le monde affiche le même besoin d’agir face à la pression russe qui prend de l’ampleur.
Théo Francken, ministre de la Défense reconnaît même qu’il faut un plan de toute urgence et que la Belgique ne pouvait plus rester dans la position d’attente, de façon imagée : "On est un peu des sitting ducks."
Alors que va faire la Belgique après cette réunion ? Les réponses sur le trottoir sont évitantes. Jean-Luc Crucke, ministre de la Mobilité ; Boris Dilliès, ministre-président de la région de Bruxelles-Capitale et David Clarinval, ministre de l’Économie, tous confirment à notre micro que tout le monde a bien compris la situation, que la Russie monte le ton et qu’il faut agir. Mais chacun évitera surtout de répondre vraiment à la question : "Et qu’allez-vous faire ?"
Les médias devront se contenter d’un communiqué dans l’après-midi. La Belgique va se doter "d’une plateforme intégrée pour les menaces hybrides. Les services concernés échangeront physiquement des informations plus rapidement et prendront des mesures coordonnées."
Sur X, Theo Francken sera un peu plus détaillé : "une plus grande capacité anti-drones, une meilleure protection des infrastructures critiques et une large gamme de contre-mesures appropriées". Il faudra se contenter de cette communication à demi-mot et sans détails.
C’est Emmanuel Macron qui a tiré la sonnette d’alarme pour la France, le 18 septembre. Face à la guerre hybride, il convoque les chefs de partis dans une réunion très médiatisée. "Nul n’est à l’abri", lance-t-il pour parler des risques d’attaques de drones. Et il annonce une "élévation de la posture française. Une mobilisation des préfets de zone, préparation d’un plan pour protéger les infrastructures critiques et les sites sensibles de l’industrie de Défense contre les drones et les cyberattaques."
Deux jours plus tôt, le conseiller militaire britannique auprès de l’OSCE, le colonel Joby Rimmer, déclare que "les drones au-dessus des aéroports et installations militaires, les incendies criminels et les sabotages, pris séparément, sont souvent suffisamment ambigus pour rester sous le seuil d’une réponse étatique. Mais pris ensemble, ils présentent les caractéristiques d’une campagne délibérée contre la sécurité européenne."
Londres annonce parallèlement des briefings de sécurité confidentiels pour les entreprises opérant dans les secteurs sensibles afin de les informer des menaces russes. Et le discours d’Andy Burnham à l’Assemblée générale de l’ONU, le 22 septembre, est très clair : il parle d’une attaque "à un niveau industriel contre l’environnement informationnel britannique et de campagnes russes utilisant bots, faux sites, faux articles et usurpation de l’identité d’organisations britanniques". Il annonce la création d’un National Centre for Information Defence pour détecter, attribuer et perturber ces attaques informationnelles.
Enfin, l’Allemagne a tenu, le 14 septembre, un Conseil national de sécurité. Berlin y a annoncé de nouvelles mesures contre l’espionnage et le sabotage, le renforcement de la protection des infrastructures critiques et une réflexion sur la manière de répondre aux futures attaques hybrides.
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