Brésil: dans le Minas Gerais, les bolsonaristes entre rejet du PT et défense des valeurs traditionnelles

Ce dimanche 25 octobre, les électeurs brésiliens sont appelés aux urnes pour le second tour de la présidentielle. Le sénateur d’extrême droite Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, affronte le président sortant Lula, qui brigue un quatrième mandat non consécutif. Après être arrivé en tête dans l’État clé du Minas Gerais au premier tour, Flavio Bolsonaro espère y confirmer son avance. En 2022, son père y avait pourtant été battu par Lula.
De notre envoyé spécial à Itabirito,
Ils sont venus en voiture, en camion, en pick-up et même à cheval. Cette semaine, les partisans de Flavio Bolsonaro se sont donné rendez-vous à Itabirito, une petite ville de tradition minière, à une heure de route de Belo Horizonte, la capitale du Minas Gerais. Le rassemblement est organisé par le député local, le pasteur Anderson.
« La criminalité ici, dans le Minas Gerais, a augmenté. On a appris aujourd’hui que le chômage avait également augmenté, clame-t-il. Dans cette région, on vit de l’exploitation minière, mais même les compagnies minières commencent à montrer des signes de faiblesse. Alors, nous sommes là, démocratiquement, pour envoyer un message. Nous croyons en un pays qui va se relever. »
Un pays qui, selon les bolsonaristes, a été détruit par des années de gouvernements corrompus du Parti des travailleurs, le PT. C’est l’un des principaux arguments de campagne de Flavio Bolsonaro, repris par ses sympathisants. Comme Walter, un entrepreneur local qui redoute une dérive socialiste de son pays. « Si on continue comme ça, on sera bientôt au niveau du Venezuela », alerte-t-il.
« Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche »
En plus du rejet de Lula et du PT, c'est aussi la défense des valeurs traditionnelles qui mobilise les militants. Pour Giovani, c’est même la principale raison de voter Flavio Bolsonaro. « Depuis tout petit, notre mère nous a appris à aimer notre patrie, notre famille et les nôtres. Nous avons grandi avec ces valeurs, explique-t-il. Alors, nous devons voter pour un candidat qui se rapproche le plus de l’éducation que nous avons reçue. Tout ce qui ne va pas, c’est du côté de la gauche. Ma mère est aujourd’hui au ciel, mais je suis sûr qu’elle est fière de moi. Parce que mes valeurs, elles ne sont pas négociables. »
Dans le centre-ville de Belo Horizonte, Luciana distribue des tracts pour Flavio Bolsonaro. Pour elle aussi cette élection est avant tout une question de valeurs. Elle est notamment opposée à la légalisation de l’avortement. « Moi, je pense que si une personne avorte clandestinement ou prend des médicaments pour avorter, c’est son problème, opine-t-elle. Mais le gouvernement n’a rien à faire là-dedans. Ce n’est pas un père ! »
À quelques mètres seulement du stand de Luciana, des militants de Lula font campagne pour le président sortant. Eux aussi dénoncent leur adversaire. Deux camps qui se font face, dans un pays profondément polarisé, où le dialogue semble devenu impossible.
Pour afficher ce contenu Facebook, il est nécessaire d'autoriser les cookies de mesure d'audience et de publicité.
À lire aussiPrésidentielle au Brésil: une campagne d'entre-deux-tours aux allures de guerre sur les réseaux sociaux
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.