« Une crise » : le nouveau patron d’Apple accorde sa première grande interview et évoque la pénurie de mémoire

Un mois et demi après avoir pris les rênes d’Apple, John Ternus s’offre une couverture de magazine et un aveu rare. La pénurie de mémoire qui frappe toute l’industrie est, selon ses propres mots, une crise.
John Ternus a accordé sa première grande interview au magazine américain TIME, qui le place en couverture de son numéro consacré aux inventions de l’année, en kiosque le 26 octobre. Le successeur de Tim Cook, en poste depuis le 1er septembre, y revient sur ses débuts éclairs, lui qui a dévoilé l’iPhone Duo huit jours seulement après sa prise de fonction. Interrogé sur la flambée des prix de la mémoire, il répond sans détour : « les contraintes qui pèsent sur la mémoire sont absolument une crise ».
Une crise assumée jusque devant Washington
La phrase répond à la lettre d’un groupe bipartisan de sénateurs, opposés au test de puces mémoire issues d’un fournisseur chinois, une piste explorée pour élargir un approvisionnement devenu critique. Ternus ne cède rien : « notre conviction profonde est que toutes les options doivent être sur la table ».
Le fournisseur en question serait CXMT, le champion chinois de la DRAM, dont des échantillons seraient déjà en cours d’évaluation à Cupertino. Le secrétaire américain au Commerce s’était pourtant opposé publiquement, dès le mois d’août, à l’idée de voir de la mémoire chinoise équiper les produits des grands groupes du pays. La mémoire pèse environ 10 % du coût des composants d’un iPhone, et les calculs de la banque JPMorgan la voient grimper jusqu’à 45 % d’ici 2027. Les prix de la RAM avaient déjà quadruplé au printemps, avant même les records battus cet été.
L’iPhone ne fait plus exception
Fin juin, Apple relevait de plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’euros les tarifs des Mac, des iPad et de nombreux accessoires, en épargnant soigneusement l’iPhone. La digue a tenu trois mois. Les iPhone 18 Pro et 18 Pro Max présentés en septembre coûtent chacun 150 euros de plus que leurs prédécesseurs, à 1 479 et 1 629 euros. Les iPhone 17 restés au catalogue ont subi la même hausse, et l’iPhone Duo s’affiche à 2 339 euros.
Le keynote de rentrée a surtout confirmé une absence : aucun iPhone 18 classique n’accompagnait les modèles Pro et le pliable, une première pour la gamme. Le modèle qui porte traditionnellement les volumes de la marque n’arriverait qu’au printemps 2027, accompagné d’un iPhone 18e et d’un nouvel iPhone Air. La pénurie de mémoire est citée parmi les causes de ce décalage, Apple préférant réserver ses stocks de composants aux appareils les plus rentables.
Repousser le modèle le plus vendu, c’est aussi retarder le moment de fixer son prix en pleine tempête. Une hausse de 150 euros passe sur un téléphone à plus de 1 400 euros, beaucoup moins sur celui qui sert de porte d’entrée à l’écosystème.Tim Cook, devenu président exécutif du conseil d’administration, assure de son côté qu’il ne « se mêle pas » de la gestion quotidienne. Cette crise sera donc le premier vrai test de son successeur. Réponse au printemps, lorsque l’on saura si les iPhone grand public échappent encore à l’inflation qui a rattrapé tout le reste du catalogue.
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