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Monday, October 19, 2026

Des étudiants de McGill demandent le retour sur les bancs d’école d’un meurtrier condamné

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L’exclusion sans dialogue du meurtrier condamné Jeffrey George Ewert, aujourd’hui en libération conditionnelle, du campus de l’Université McGill où il a entamé des études en droit dérange des étudiants de l’établissement, qui y voient une atteinte à la réhabilitation. Un peu plus d’une centaine d’entre eux ont signé une pétition demandant son retour sur le campus qui fut transmis à l’université lundi.

L’inscription de Jeffrey George Ewert a été rendue publique la semaine dernière dans un article de CBC News où des étudiants de la faculté de droit ont témoigné ne pas être à l’aise d’étudier avec le tueur condamné.

Ce dernier, aujourd’hui âgé de 60 ans, a agressé sexuellement et tué une femme en 1984 en Colombie-Britannique. Un mois plus tard, Jeffrey George Ewert a battu une adolescente de 15 ans avant de la laisser pour morte dans un fossé. Elle a finalement survécu, mais fut paralysée en raison de l’attaque. Il a été reconnu coupable de ces deux crimes et, après avoir passé des années derrière les barreaux, est dorénavant en libération conditionnelle de jour depuis 2025.

La session d’étude qu’il a récemment entamée a été coupée court au début du mois d’octobre lorsque McGill a appris des « renseignements susceptibles de compromettre la sécurité de [leur] milieu d’apprentissage et le bien-être des étudiants », selon un courriel envoyé par Angela Campbell, vice-rectrice principale de l’université, à l’ensemble des étudiants de l’établissement vendredi.

Mme Campbell dit donc avoir « pris des mesures réfléchies et fermes » sans les nommer et sans non plus révéler l’identité de Jeffrey George Ewert. « Un antécédent judiciaire, à lui seul, n’empêche pas une personne d’étudier à McGill, peut-on également lire dans le courriel. Toutefois, nous ne devons jamais perdre de vue notre devoir de protection envers toute la communauté. »

M. Ewert n’a pas remis les pieds à McGill depuis le 6 octobre dernier, a confirmé son avocate, Me Nora Demnati. Une décision formelle quant à son futur au sein de l’université n’a pas encore été rendue. McGill confirme pour sa part que « la situation fait actuellement l’objet d’un examen attentif par les instances compétentes de l’Université ».

Exclu du campus

Selon Raymond Johnson-Brown, un étudiant en droit de McGill et l’une des personnes derrière la pétition demandant le retour de Jeffrey George Ewert, l’étudiant en libération conditionnelle a été escorté hors du campus par des gardes de sécurité le matin du 6 octobre.

« Ce qui est essentiel dans la réhabilitation, c’est qu’il s’agit d’un processus, et non d’une démarche fondée sur l’exclusion, soutient celui qui a été collègue de classe avec M. Ewert en entrevue. « C’est pourtant l’approche adoptée par l’Université McGill, qui a fait appel à deux agents de sécurité pour l’escorter hors des lieux. À notre avis, il s’agissait d’une approche inappropriée, considérant qu’aucun incident n’a été signalé au sein de la faculté à McGill. »

Avec la pétition, l’étudiant en droit espère obtenir la mise en place « d’un processus équitable et transparent pour toutes les personnes concernées ». Autant ceux, particulièrement des étudiantes, qui sont mal à l’aise avec la présence de Jeffrey George Ewert que le principal intéressé, mentionne-t-il. « Comment un processus équitable et transparent peut-il avoir lieu si l’on ne consulte pas les personnes qui sont à l’origine des préoccupations exprimées ? Que se passe-t-il si Jeff n’est pas consulté, et si nous, les étudiants qui passerons chaque jour à ses côtés au sein de l’établissement au cours des trois prochaines années, ne sommes pas non plus consultés ? »

L’Association des étudiant.e.s en droit de McGill abonde dans le même sens dans un courriel envoyé à ses membres samedi, se disant « profondément consterné·es par la manière réactive dont l’Université McGill a géré cette situation ». Dans son message, l’association demande aussi à l’université « de veiller à ce que ses étudiant·es bénéficient de l’accompagnement nécessaire ».

Dans son courriel à la communauté étudiante, Angela Campbell affirme savoir « que de nombreux membres de notre communauté, particulièrement à la Faculté de droit, sont inquiets et se demandent pourquoi ils n’ont pas été pleinement informés plus tôt ». « Ces préoccupations sont légitimes, et nous les prenons très au sérieux », assure-t-elle.

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