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Friday, October 2, 2026

Le blocage des lycées reste sous haute tension en France, appels à poursuivre le mouvement

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Quatre cents lycées fermés par les autorités, de nombreux cours à distance : le blocage des lycées se poursuit vendredi en France pour dénoncer le manque de moyens et d’enseignants, au lendemain d’une journée marquée par de nombreuses violences.

Le mouvement, qui a touché plus d’un quart des lycées français et une trentaine d’universités, s’est enflammé la veille dans de nombreuses villes, le gouvernement condamnant des « violences urbaines » et en imputant la faute à la gauche radicale.

À sept mois environ de la présidentielle dans le pays, où la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen est donnée favorite par les sondages et avec un le climat social électrique en raison de la flambée du prix des carburants, le dossier est particulièrement sensible.

Près de 400 lycées (sur les 3700 en France) étaient fermés vendredi, de nombreux établissements prévoyant d’assurer les cours à distance, a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray.

À la mi-journée, « 564 établissements ont fait ou font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée », a souligné le ministère de l’Éducation nationale.

En Île-de-France, région qui englobe la capitale et sa périphérie, 55 lycées sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations.

« On a gagné ! »

À Paris, les entrées de deux lycées parisiens ont ainsi été endommagées par le feu.

Tandis qu’à Marseille (sud), « quelques incidents sont à déplorer depuis cette nuit dans le département. Toutefois, de manière générale, la situation reste maîtrisée à cette heure », selon la préfecture.

À Lyon et dans sa métropole, dans le centre-est, la préfecture a indiqué que 11 établissements ont été « impactés » en matinée « avec des actes isolés — incendies de poubelles, tirs de mortiers d’artifice ».

Dans l’ouest du pays, à Rennes, des lycéens bloquaient vendredi un important axe de la ville avec barricade et drapeau palestinien, provoquant l’énervement des automobilistes.

« Pour nous, on a gagné, on a notre lycée fermé ce matin », témoigne Lola, 16 ans, en déplorant les violences : « Ça nous enrage encore plus, la police n’a pas le droit de nous taper, de nous gazer. »

Elle dit manifester notamment contre « les sous-effectifs, pour plus d’argent » et « pour des emplois du temps moins chargés ».

La France souffre d’un manque d’enseignants, profession en perte d’attractivité du fait notamment de salaires bas. Pour les élèves confrontés, parfois dans la durée, à l’absence d’un professeur non remplacé, le préjudice éducatif a été maintes fois documenté.

Renouer le dialogue

Vendredi matin, le ministre de l’Éducation nationale a demandé l’aide des parents : « Dans la rue, les enfants sont en danger », a-t-il souligné sur BFMTV.

Afin de renouer le dialogue, Edouard Geffray a notamment rencontré dans la matinée des syndicats de l’éducation et associations lycéennes. La secrétaire générale du premier syndicat des collèges et lycées (SNES-FSU), Sophie Vénétitay, a qualifié ce temps d’échange de « nécessaire », à l’issue de deux heures de réunion.

« Cela a permis de mettre des constats sur la table, mais aussi de rappeler qu’on ne pourra pas sortir de cette crise sans réponse politique nationale », a-t-elle estimé.

En matinée, le ministre avait estimé que « l’une des difficultés de ce mouvement, c’est qu’il n’y a pas de revendication nationale. Tout est parti de revendications locales ».

Le mouvement a débuté le 17 septembre au lycée Saint-Exupéry de Créteil, en banlieue parisienne, en soutien aux professeurs en grève contre le manque de personnel et de moyens, avant de prendre de l’ampleur la semaine dernière en Île-de France, et de s’étendre dans le reste du pays cette semaine.

Près de 2000 interpellations

Jeudi, « 1027 établissements » ont « été concernés jeudi par le mouvement lycéen, dont 222 blocages », selon les autorités, selon le ministère de l’Intérieur qui a comptabilisé près de 2000 interpellations.

Plus de 300 policiers et gendarmes ont été blessés, a détaillé le ministre Laurent Nuñez, condamnant « une violence débridée ».

De son côté, le ministre Geffray a annoncé que 65 personnels de l’Éducation nationale — dont 40 proviseurs et 170 élèves — avaient été blessés depuis le début du mouvement.

« Il y a clairement une entreprise d’attaque et de destruction du service public de l’Éducation », a-t-il estimé, ajoutant que « plus d’une centaine de lycées ont connu des dégradations sévères ».

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a demandé aux procureurs d’engager la responsabilité civile des parents en cas de dégâts provoqués par leurs enfants afin de leur faire « payer les réparations ».

Selon les services du premier ministre, le mouvement serait une « manœuvre organisée par LFI (La France insoumise) et ses proxys de l’ultra-gauche ».

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a reproché à Matignon de « sombrer dans le complotisme ».

Les organisations appellent à une poursuite du mouvement avant une grande manifestation mardi.

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