Un milliard d’euros par jour de déficit face à la Chine : l’UE arrache un premier accord avant le sommet des 27

Un "premier pas crucial", mais insuffisant pour résorber un déséquilibre colossal : 360 milliards d’euros de déficit commercial par an, soit un milliard chaque jour. Les résultats de ces négociations seront présentés jeudi et vendredi aux chefs d’État et de gouvernement des 27, réunis en sommet à Bruxelles.
Un milliard d’euros par jour : l’ampleur vertigineuse du déséquilibre
Le chiffre donne le tournis. En 2025, l’Union européenne a importé pour 560 milliards d’euros de marchandises chinoises, contre seulement 200 milliards d’exportations dans l’autre sens. La différence — 360 milliards d’euros — représente le déficit commercial annuel de l’UE avec la Chine, soit environ un milliard d’euros chaque jour. Une image illustre concrètement ce déséquilibre : avant la pandémie, pour un conteneur expédié d’Europe vers la Chine, deux à trois revenaient dans l’autre sens. Aujourd’hui, ce ratio est tombé à un pour six.
Ce déséquilibre s’explique en partie par la faiblesse de la demande intérieure chinoise. Les usines chinoises, confrontées à des surcapacités, doivent exporter massivement pour écouler leur production. La guerre tarifaire lancée par Donald Trump a encore accentué le phénomène, en poussant Pékin à chercher de nouveaux débouchés, notamment en Europe. Résultat : la Chine représente désormais 23% des importations totales de l’UE, et jusqu’à 31% pour les seuls produits manufacturés.
Automobile et électronique : les secteurs européens les plus fragilisés
Depuis 2022, le secteur automobile concentre à lui seul les deux tiers de la baisse des exportations européennes vers la Chine, soit 23 milliards d’euros sur 34 milliards de recul total. Les constructeurs chinois ont gagné du terrain, en particulier dans le segment des véhicules électriques. C’est l’Allemagne, premier exportateur européen d’automobiles vers la Chine, qui supporte l’essentiel de ce recul. L’électronique est également touchée. À eux deux, ces secteurs expliquent plus de 80% de la baisse des exportations européennes vers la Chine.
Dans le même temps, les importations chinoises progressent dans des domaines où l’Europe était traditionnellement bien positionnée : équipements électriques, machines, pharmacie. La concurrence chinoise ne se limite plus aux produits d’entrée de gamme — elle monte en puissance technologique et en qualité, ce qui rend la pression sur l’industrie européenne d’autant plus structurelle.
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La Chine joue la fermeté : terres rares et refus de négocier "sous la menace"
La Chine, de son côté, rejette les accusations de surcapacités déloyales et estime que les difficultés européennes tiennent avant tout à un manque de compétitivité. Pékin refuse de négocier "sous la menace" et dispose d’un levier de pression redoutable : les terres rares. Ces matières premières, indispensables à de nombreuses industries stratégiques — de l’électronique à la défense —, sont extraites et raffinées en grande majorité par la Chine.
Pourtant, les deux camps ont objectivement intérêt à éviter une escalade. L’Europe dépend de la Chine pour des composants et matières premières essentiels à ses propres chaînes de production. La Chine, elle, a besoin du marché européen pour absorber ses surcapacités industrielles. L’enjeu dépasse donc la simple réduction d’un déficit commercial : il s’agit de renforcer la compétitivité industrielle de l’Europe et de réduire ses dépendances stratégiques, sans pour autant fragiliser les approvisionnements dont ses entreprises ont elles-mêmes besoin au quotidien.
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