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Thursday, September 24, 2026

Claude aurait découvert un secret de l’ADN, et personne ne sait à quoi il sert

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Des centaines d’agents lâchés sur des virus pendant 21 heures, une trouvaille génétique inédite à l’arrivée, et une question toujours sans réponse : à quoi sert-elle ? La première découverte du labo de biologie d’Anthropic mérite l’attention, et des pincettes.

Avant de cofonder Anthropic, Dario Amodei a soutenu une thèse de biophysique à Princeton, puis travaillé comme post-doctorant à la faculté de médecine de Stanford. Le même homme écrivait en octobre 2024, dans un long essai, que la biologie est le domaine où l’IA peut le plus apporter. Il y prédisait cinq à dix ans pour « compresser » ce que les chercheurs auraient mis 50 à 100 ans à accomplir. Son entreprise possède aujourd’hui un laboratoire de biologie dans la baie de San Francisco, qui a présenté le 23 septembre son premier résultat : un système génétique jamais décrit, repéré dans des bactériophages, ces virus spécialisés dans l’infection des bactéries.

Lire aussi : Un complot pour ralentir l’IA ? Une plainte accuse OpenAI, Google, Anthropic et xAI de manipulation anticoncurrentielle

950 agents, 21 heures et 20 finalistes

Environ 950 agents Claude ont travaillé en parallèle pendant 21 heures, en brassant 210 millions de tokens, l’équivalent de plus d’un millier de romans lus et écrits en moins d’une journée. Leur mission : passer au crible plus de 200 000 rétrotranscriptases, ces enzymes capables de recopier de l’ARN en ADN, à rebours du sens de lecture que pratiquent vos cellules. Le tamisage a laissé 3 500 candidats, puis une liste finale de 20.

Le lauréat a reçu un nom, ART, pour rétrotranscriptases associées à des réseaux de répétitions. Le système combine une de ces enzymes, un gène partenaire et des séquences d’ADN répétées dont l’organisation rappelle CRISPR, le fameux ciseau génétique récompensé par un Nobel en 2020. La ressemblance s’arrête là pour l’instant : personne ne sait ce que fait ART. Les biologistes de l’entreprise ont tout de même vérifié en paillasse que le système s’exprime bel et bien chez le phage, où les ARN issus de ces répétitions représentent jusqu’à 8 % des ARN viraux.

Une découverte encore en liberté surveillée

Le travail est publié sous forme de préprint hébergé par Anthropic, sans dépôt sur les serveurs scientifiques habituels ni relecture par les pairs. Ses six auteurs émargent tous chez l’éditeur de Claude : à ce stade, l’entreprise corrige elle-même sa propre copie. L’activité enzymatique du système n’a pas non plus été démontrée.

Feng Zhang, l’un des pionniers de CRISPR au MIT, juge pourtant la piste « réellement intrigante » et estime qu’elle « mérite des recherches plus approfondies ». Une équipe de Stanford aurait par ailleurs décrit, de manière indépendante, un système voisin mais distinct. En Bourse, Beam, Intellia et CRISPR Therapeutics, les spécialistes cotés de l’édition génétique, ont reculé après l’annonce.

ART vaut d’abord comme démonstration de méthode : une flotte d’agents peut désormais défricher en 21 heures ce qu’une équipe humaine aurait mis des mois à trier. La preuve fonctionnelle, l’étape qui sépare une annotation d’une découverte, reste maintenant à produire, chez Anthropic ou ailleurs. Le même 23 septembre, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Dario Amodei proposait d’ailleurs d’interdire l’IA appliquée aux armes biologiques.

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