Budget de Montréal 2027 | Des « choix difficiles » devront être faits, reconnaît la mairesse

Soraya Martinez Ferrada lance un premier avertissement aux Montréalais : le prochain budget impliquera « des choix difficiles » en raison de l’important rattrapage à opérer en matière d’infrastructures. La mairesse refuse d’ailleurs de s’engager à limiter la hausse du fardeau fiscal à l’inflation.
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« Moi, ma préoccupation, c’est celle d’avoir une ville qui fonctionne. Nous avons cet été failli manquer d’eau potable. Ce n’est pas rien dans une ville comme Montréal qui doit faire du rattrapage important sur les métiers d’infrastructure », a fait valoir la première magistrate de la Ville, en mêlée de presse lundi.
Plus tôt, lundi, La Presse révélait que les arrondissements montréalais augmenteront leurs taxes locales de près de 8,75 % en moyenne pour l’année 2027, un bond important qui laisse entrevoir de sérieux défis pour l’administration de Soraya Martinez Ferrada, le mois prochain.
La hausse est particulièrement salée dans Rosemont–La Petite-Patrie (+14 %), à Verdun et à Outremont (+12 % chacun) ainsi que sur Le Plateau-Mont-Royal (+11,5 %), selon les données compilées par La Presse.
En coulisses, on indique que le budget devrait normalement être présenté d’ici la fin du mois de novembre. « On a des choix à faire, dont en premier lieu de maintenir de rénover nos infrastructures, et pas juste pour aujourd’hui, mais pour l’avenir. C’est ça qu’on veut avoir : une ville qui va fonctionner pour les prochaines décennies », a insisté la mairesse.
« Collectivement, c’est notre responsabilité, j’ai été élue pour faire ces choix difficiles et je suis très consciente que le budget qui s’en vient va être difficile », a-t-elle ajouté, d’un ton solennel. « Ce qu’on veut avoir, c’est une ville qui va fonctionner pour les prochaines décennies. »
Pas d’engagement formel
En campagne l’an dernier, Soraya Martinez Ferrada s’était engagée à limiter la hausse des taxes à l’inflation. L’élue entendait alors y arriver en réduisant le budget opération de la Ville, en supprimant au moins 1000 postes parmi les employés n’offrant pas de services directs aux citoyens. À ce jour, quelque 250 de ces postes ont déjà été coupés.
Son premier budget, présenté au mois de janvier dernier, a finalement engendré une hausse de taxe globale de 3,8 %, soit environ 0,4 % de plus que ce qu’était alors le taux de l’inflation.
Cette fois, Mme Martinez Ferrada semble se faire beaucoup plus prudente dans ses propos. « Nous aurons encore à travailler le budget, mais moi ce que je peux vous dire, c’est que je vais très bien expliquer le pourquoi des choix que nous allons faire dans ce budget », s’est-elle limitée à dire.
En mêlée de presse, la mairesse n’a pas directement répondu aux questions des journalistes, qui lui demandaient si la hausse de taxe serait limitée à l’inflation cette année.
Elle a plutôt alors évoqué le rapport des ex-ministres Nicolas Marceau et Monique Jérôme-Forget, qui ont proposé en mai dernier que les villes augmentent leurs taxes pour entretenir leurs rues et leurs réseaux de distribution d’eau. Ils recommandaient aussi la création d’un fonds provincial de 15,75 milliards sur 10 ans, destiné uniquement à l’entretien des infrastructures municipales, comme les rues et les réseaux de distribution d’eau.
Selon les principaux constats de ce rapport, les infrastructures municipales tombent « en ruine » et leur entretien ou leur remplacement coûtera des dizaines de milliards de dollars. Le déficit de maintien d’actifs des villes va presque doubler d’ici 10 ans – il passera de 52 à 94 milliards en 2036.
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