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Wednesday, September 23, 2026

Élections et panier d’épicerie : que proposent les chefs?

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Symbole frappant de la hausse du coût de la vie au Canada, le panier d'épicerie pèse de plus en plus lourd dans le budget des familles, atteignant désormais en moyenne 340 $ par semaine pour une famille de quatre personnes. L’épicerie a donc interrogé à ce sujet les principaux chefs politiques en campagne électorale au Québec.

Depuis le début de la campagne électorale, tous les dirigeants politiques se font interpeller sur la question de l’inflation alimentaire et sentent les électeurs fort préoccupés. Si le constat est unanime, les principales formations politiques proposent des stratégies bien différentes pour y répondre.

Christine Fréchette (CAQ)

À la Coalition avenir Québec, Christine Fréchette mise sur des mesures ciblées et l'approvisionnement local. Elle rappelle qu’elle a déjà aboli la TVQ sur certains produits et aliments, en plus d’avoir octroyé un versement spécial pouvant aller jusqu’à 200 $ aux bénéficiaires du crédit d'impôt pour solidarité.

Invitée à préciser si de nouvelles politiques publiques à plus fort impact sont envisagées si son parti est porté au pouvoir, la cheffe de la CAQ fait valoir qu’il est difficile d'intervenir sur le coût de l'épicerie.

Christine Fréchette en gros plan.

La cheffe caquiste Christine Fréchette.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Elle s'engage néanmoins à rehausser à 60 % la cible d'approvisionnement en aliments québécois (actuellement à 50 %) des institutions publiques, comme les écoles et les hôpitaux.

Quant aux retombées réelles de cette initiative pour les consommateurs, elle explique que plus on va donner des contrats à nos producteurs agricoles, plus on donnera une stabilité financière à ces personnes qui produisent et transforment des biens alimentaires [et] plus on va aider à ce que leurs prix soient raisonnables.

C'est vraiment de multiples manières qu'il faut procéder parce qu’il n'y a pas un coup de baguette magique, malheureusement, qui pourrait nous être utile. Ce serait l'idéal, mais ça n'est pas à portée de main.

Charles Milliard (PLQ)

Au Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard propose l'instauration d'un programme de coupons nourriciers de 5 millions de dollars par année. Ces montants seraient confiés à des organismes communautaires pour permettre aux citoyens dans le besoin d'acheter des aliments locaux à faible coût dans les marchés publics.

À l'instar de la CAQ, Charles Milliard souhaite que l'État devienne un meilleur partenaire des producteurs locaux, en maximisant l’achat de produits québécois dans les CHSLD, les CPE et l'ensemble des institutions publiques.

M. Milliard en point de presse.

Le chef libéral Charles Milliard.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

Le chef libéral s’engage également à retourner jusqu'à un demi-milliard de dollars aux agriculteurs d'ici, une enveloppe extraite du Fonds pour l'électrification et la lutte contre les changements climatiques (Fonds vert).

Invité à préciser comment ce soutien se répercuterait véritablement sur la facture des consommateurs et s'il compte forcer les enseignes à acheter local, Charles Milliard a répondu ceci :

Je veux effectivement m'asseoir avec les grands épiciers, entre autres, pour qu'on travaille cette stratégie-là [...] : acheter le plus possible de produits québécois qui, éventuellement, vont finir par coûter moins cher si on a des bonnes mesures pour soutenir ceux qui les produisent.

Ruba Ghazal (QS)

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, préconise une intervention directe de l'État dans le marché de l'alimentation. La formation s'engage à mettre en place une quinzaine d’épiceries publiques réparties à travers le Québec, principalement dans les déserts alimentaires, ces secteurs où l'accès à des aliments frais et abordables est limité ou impossible.

Ce projet permettrait de contourner les grands joueurs de la distribution pour traiter directement avec les producteurs, explique-t-elle. L'objectif de ça, c'est de réduire les intermédiaires, parce qu'on sait que le marché est contrôlé par cinq gros joueurs , souligne Mme Ghazal.

Ruba Ghazal s'exprime en faisant un geste de la main, debout derrière deux microphones.

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.

Photo : La Presse canadienne / Christinne Muschi

D'après sa formation, cette mesure permettrait d'alléger le panier d'épicerie pour une famille de quatre personnes de 2500 $ par année.

Quant à l'impact sur le reste du marché, la porte-parole solidaire estime que cette concurrence publique forcerait également les grandes enseignes privées à revoir leurs prix à la baisse.

Les gens vont s'y rendre et c'est comme ça que ça va leur permettre de faire des économies. Et en plus, en ajoutant un joueur de plus sur un marché qui manque de concurrence, les autres épiceries – les gros joueurs – vont être aussi amenées à baisser leurs prix

Paul St-Pierre Plamondon (PQ)

Selon le Parti québécois (PQ), l’augmentation du prix du panier d’épicerie s’explique aussi par un manque de concurrence dans l’industrie.

Paul St-Pierre Plamondon s'engage donc à interdire les pratiques qu'il qualifie d'anticoncurrentielles. Le chef péquiste dénonce notamment les clauses contractuelles qui permettent aux grands épiciers d'empêcher l'arrivée de concurrents dans leur secteur géographique ou dans un centre commercial.

Il promet également de bannir la tarification dynamique avant qu'elle ne s'implante dans les supermarchés, afin d'éviter que les consommateurs ne soient pris en souricière.

Paul St-Pierre Plamondon répondant à une question.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Un gouvernement péquiste annulerait aussi la détaxation des produits alimentaires instaurée par la CAQ. Cette mesure dégagerait, selon ses calculs, 100 millions de dollars annuels qui seraient plutôt consacrés à l'aide alimentaire pour les enfants et les aînés.

Quant à la possibilité de redresser la situation, Paul St-Pierre Plamondon demeure optimiste.

Moi, je pense qu'on peut l'améliorer. Ce ne sera pas parfait parce qu'il y a des défis à l'échelle planétaire. Mais en produisant québécois, en mettant en valeur ce qu'on fait et en augmentant la concurrence, je pense qu'on peut reprendre la bonne direction, en collaboration avec les joueurs de l'industrie.

Éric Duhaime (PCQ)

Pour le Parti conservateur du Québec, la solution pour contrer la hausse du coût de la vie passe par des baisses d'impôts et de taxes, plutôt que par l'intervention de l'État dans les allées des supermarchés.

Le chef Éric Duhaime estime qu’il faut redonner de l'air aux contribuables en réduisant le fardeau fiscal des ménages.

On pense que le gouvernement du Québec doit se serrer la ceinture pour laisser un peu de répit aux familles qui en arrachent et qui ont de la misère à payer l'épicerie à la fin de la semaine, affirme-t-il.

Éric Duhaime parle dans un micro lors d'une conférence de presse.

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Interpellé sur les mesures concrètes qu'il propose pour contrer l'inflation alimentaire, le chef conservateur précise que son engagement phare repose sur l'abolition simultanée de la taxe carbone et de la taxe provinciale sur le carburant.

Selon lui, cette baisse du prix à la pompe aurait des répercussions jusqu'aux tablettes des supermarchés.

C'est une baisse majeure. Et je pense que ça aurait un impact direct sur le prix des aliments qu'on consomme en épicerie, [...] qui sont tous transportés en camion, qui ne fonctionnent pas à l'électricité

Une capsule de Caroline Lacroix à ce sujet sera présentée à l'émission L’épicerie diffusée sur ICI Télé mercredi à 19 h 30 (20 h 30 HA).

Quatre questions en rafale pour les chefs de partis

Faut-il plafonner les profits des grandes enseignes?

Christine Fréchette (CAQ) : On va regarder tout ce qu'il est possible d'entreprendre comme initiative pour aider à réduire le plus possible la facture de l'épicerie, parce que c'est central dans le budget des personnes.

Charles Milliard (PLQ) : Je pense que tout le monde a intérêt à s'asseoir avec nos épiciers, à comprendre la structure des prix et comment on peut y arriver. Mais de là à contrôler tous les mécanismes du marché, je pense qu'il y a une autre solution.

Ruba Ghazal (QS) : Les grandes bannières ont doublé leurs bénéfices depuis la pandémie pendant que les familles s'appauvrissent. Il faut plafonner les marges de profits des grands épiciers à 2 %.

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) : Le meilleur système, c'est une économie de marché dans le cadre de laquelle il y a une réelle concurrence. Et on le voit, quand il y a une réelle concurrence, les profits deviennent beaucoup plus raisonnables.

Éric Duhaime (PCQ) : Quand le gouvernement intervient, les effets pervers sont beaucoup trop dangereux pour commencer à jouer avec ça.

En épicerie, faut-il interdire la tarification dynamique, qui permet de faire varier le prix d’un produit en temps réel, en fonction de l’offre et de la demande?

Christine Fréchette (CAQ) : On va analyser l'impact que ça pourrait avoir, ce type de tarification, et après ça on verra à se positionner. Donc, c'est quelque chose qu'on va avoir à l'œil, si c'est un phénomène qui commence à s'implanter, il va falloir se positionner.

Charles Milliard (PLQ) : Je sais qu'il y a des partis qui veulent l'interdire, mais moi, je voudrais encore une fois m'asseoir avec les épiciers pour comprendre la stratégie derrière ça. Il ne faut jamais que les gains potentiels d'une entreprise viennent nuire aux plus vulnérables.

Ruba Ghazal (QS) : Il faut l'interdire. On ne veut pas ce que, moi, j'appelle "la libéralisation de l'alimentation", c'est-à-dire que les prix augmentent en fonction de l'offre et de la demande. Ça va juste finir par coûter beaucoup plus cher aux gens, alors que ça coûte déjà très cher.

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) : Un gouvernement du Parti québécois va l'interdire. Il y a des questions en ce moment qu'on pourrait, dépendamment de la rareté d'un produit, augmenter les prix pour prendre le consommateur un peu en souricière. On l'interdit en amont de manière à ce que ça ne rentre pas.

Éric Duhaime (PCQ) : Il faut faire attention quand on veut réglementer la tarification parce que ça peut parfois avoir l'effet contraire. Ça peut avoir des effets pervers. Il faut être très, très prudent avant d'empêcher des entreprises de tarifer de différentes façons.

Que faire pour freiner les demandes sans précédent dans les banques alimentaires?

Christine Fréchette (CAQ) : On va toujours être au rendez-vous, c'est important. Les Québécois et Québécoises l’ont eu difficile ces dernières années.

Charles Milliard (PLQ) : Toutes les missions de l'État ont rendez-vous dans les allées de l'épicerie, parce qu'en bout de ligne, on a besoin que les gens rentrent dans l'épicerie avec un revenu disponible plus élevé pour faire les achats qu'ils souhaitent faire.

Ruba Ghazal (QS) : Une des propositions qu'on met de l'avant, c'est d'offrir des lunchs dans toutes les écoles de façon universelle, avec une contribution volontaire des parents entre 0 $ à 7 $.

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) : Entre faire sauver un dollar par semaine aux familles ou s'assurer que nos enfants qui ont faim et nos aînés qui ont faim aient le soutien, on a fait le choix du soutien.

Éric Duhaime (PCQ) : Les besoins de base ne sont plus remplis au Québec par l'appauvrissement d'une classe de la société. Les priorités au niveau des baisses de taxes et d'impôts doivent aller pour ces gens-là par compassion humaine.

En une phrase :

Christine Fréchette (CAQ) : Ma plus grande priorité, c'est le coût de la vie. Donc, toute mesure qui s'inscrit dans cette idée de réduire le coût de la vie, de réduire la pression sur le portefeuille, je vais la considérer solidement, sérieusement.

Charles Milliard (PLQ) : Je veux plus de produits québécois, je veux des prix raisonnables et je veux des entreprises qui continuent de fleurir et de vouloir investir au Québec.

Ruba Ghazal (QS) : Ça prend un État fort. Il ne faut pas couper dans l'État, au contraire. Il faut investir, parce que quand on investit dans une saine alimentation, pour tout le monde, y compris pour les enfants, c'est toute la société qui gagne.

Paul St-Pierre Plamondon (PQ) : On peut s'améliorer sur le panier d'épicerie en augmentant la concurrence, puis en s'assurant qu'en général, on se préoccupe du coût de la vie, qui est parti en vrille au cours des dernières années.

Éric Duhaime (PCQ) : C'est en laissant plus d'argent dans les poches des citoyens qu'ils vont être capables de faire face à la hausse du coût de la vie.

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