Affaire I-Police : Annelies Verlinden intouchable ? "Au Parlement, on l’appelle Madame Teflon. Rien ne colle jamais, ce n’est jamais sa faute"

Le projet I-police est un projet de digitalisation des services de police locale qui a tourné au fiasco et à la gabegie financière. Lancé en 2017, il a finalement été abandonné l’année dernière par l’actuel ministre de l’Intérieur, après avoir déjà coûté quelque 75 millions d’euros d’argent public. C’est sur ce dossier que des informations confidentielles auraient été échangées entre le porte-parole de la ministre et celle du parquet. Des informations normalement couvertes par le secret professionnel et/ou de l’instruction.
Annelies Verlinden a déjà dû se défendre dans ce dossier. Avant de devenir ministre de l’Intérieur sous le gouvernement De Croo, elle avait travaillé en tant qu’avocate pour Sopra Steria, la société française qui a finalement échoué à mettre en place cette fameuse digitalisation de la police. Elle avait largement soutenu le projet I-Police et l’implication de la société dans sa mise en place. Un engagement qui avait fait peser des soupçons de conflit d’intérêts.
Malgré ces affaires, il est assez peu probable que la ministre quitte son poste. Annelies Verlinden reste une personnalité particulièrement importante au sein du CD&V, où elle a toujours été soutenue. "Du côté flamand, dans les couloirs du Parlement, on l’appelle Madame Teflon. Rien ne colle jamais, ce n’est jamais sa faute", commente pourtant Wouter Verschelden.
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Annelies Verlinden et l’indépendance de la justice
Pour Alain Gerlache, cette nouvelle affaire marque néanmoins un tournant : "Ça concerne quand même quelqu’un qui lui est proche. […] À partir du moment où il y a des reproches qui sont formulés à son porte-parole, alors soit elle est au courant de ce qui pouvait se tramer, soit alors elle aurait dû le savoir. On est quand même dans quelque chose qui est en dehors du cadre de la loi, si bien sûr les faits sont avérés".
Mais les faits reprochés sont d’autant plus alarmants qu’Annelies Verlinden est aujourd’hui ministre de la Justice. Cette situation interroge quant à la question de la séparation des pouvoirs : "C’est quand même extrêmement délicat qu’une ministre qui dirige un département dont finalement un service est en bistouille avec elle", souligne Alain Gerlache. L’éditorialiste propose même une mise en retrait de l’élue CD&V en attendant que tout soupçon soit levé.
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.
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