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Tuesday, October 6, 2026

"Enfumage et recyclage": PTB et Écolo flinguent la déclaration de politique générale de Boris Dilliès

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Françoise Desmedt, cheffe de groupe PTB au Parlement bruxellois, n’a pas mâché ses mots après le discours du ministre-président. Si le gouvernement se targue de réduire le déficit, elle pointe un manque criant de transparence sur les chiffres et la trajectoire budgétaire. Ce qui retient surtout son attention, ce sont les coupes annoncées dans les administrations bruxelloises : Bruxelles Environnement, Actiris, la STIB ou encore les services de propreté sont tous concernés.

"Il y a des dizaines de millions à chaque fois qui ont été annoncées de coupes. Et ça, ce n’est évidemment pas OK, parce que ça veut dire moins de services à la population", martèle Françoise Desmedt. Elle s’interroge notamment sur la cohérence de sabrer 7 millions d’euros à Bruxelles Environnement tout en prétendant appliquer des plans pour le climat, ou de réduire les moyens d’Actiris alors que le marché de l’emploi bruxellois reste sous pression.

Françoise De Smedt, cheffe du groupe PTB au parlement bruxellois. © S. Cotsoglou

Quid du logement abordable à Bruxelles ?

Sur la question du logement, Françoise De Smedt est catégorique : la déclaration de politique générale est passée à côté de la priorité numéro un des Bruxellois. "En pleine crise du logement abordable, le gouvernement n’a consacré que deux phrases au sujet, sans proposer ni encadrement contraignant des loyers, ni contribution imposée aux promoteurs immobiliers", dénonce-t-elle. "On a même l’impression qu’il va dérouler le tapis rouge aux promoteurs pour à nouveau faire du logement trop cher dans notre région", ajoute la cheffe de file du PTB.

Le gouvernement est passé à côté de la priorité numéro un des Bruxellois !

Sa colère est d’autant plus vive que certaines annonces présentées comme positives restent à nuancer. C’est le cas, selon elle, comme le doublement de la prime Be Home pour les propriétaires qui vivent dans leur logement ou la baisse de l’impôt sur les personnes physiques. Elle évoque des rumeurs qui font en effet état de la suppression possible de déductions fiscales liées aux enfants à charge. "Toutes les cartes n’ont pas été mises sur la table", prévient-elle.

Écolo dénonce un discours "vide de substance"

Du côté d’Écolo, Zakia Khattabi a été encore plus tranchante. Pour la cheffe de file écologiste, la déclaration de politique générale n’a rien appris à personne : "Tout ce qu’il a dit là, c’est du recyclage qu’on sait déjà depuis huit mois", affirme-t-elle, ajoutant qu’il lui est "difficile de commenter quelque chose qui n’existe pas".

L’enfumage est total. Il a un verre d’eau plein dans la main et il nous dit qu’il est vide.

Zakia Khattabi, cheffe de groupe Ecolo au parlement bruxellois. © S. Cotsoglou

Non sans ironie, Zakia Khattabi pointe les talents de communicant de Boris Dilliès, mis en avant par le président du MR, Georges-Louis Bouchez, pour justifier sa nomination en tant que ministre-président. "Sa spécialité, c’est la communication", dit-elle, décrivant un exercice de style consistant à "décrire une réalité alternative". Elle souligne également que les annonces faites par Boris Dilliès ont été contredites ou complétées dans la foulée par les communications de ses partenaires de coalition, rendant la lecture de l’accord encore plus difficile.

Françoise Desmedt du PTB abonde dans le même sens. "L’un des moments les plus révélateurs de la séance s’est produit lorsque Boris Dilliès a évoqué la bonne ambiance ayant régné lors du conclave budgétaire", lance-t-elle. Cette affirmation a provoqué des rires moqueurs dans l’hémicycle, tant elle contrastait avec les échos de tensions rapportés dans la presse tout au long du week-end. "Soit c’était de l’enfumage de dire que c’était tendu, soit c’est de l’enfumage de dire que tout allait bien."

Des inconnues budgétaires qui alimentent l’inquiétude

Au-delà des critiques de fond, c’est l’opacité des choix budgétaires qui préoccupe le plus Zakia Khattabi à l’approche des débats parlementaires. Si elle reconnaît quelques signaux positifs (les emprunts à taux zéro pour la rénovation, le maintien des tarifs STIB, ou encore des annonces de taxation sur les véhicules lourds dans Bruxelles), elle s’interroge néanmoins sur le financement global de ces mesures. "On voit que la facture s’allonge sans qu’on ait la moindre idée d’où ils vont chercher l’argent", résume-t-elle.

Elle pointe également un risque supplémentaire : en voulant boucler l’accord bruxellois avant le gouvernement fédéral, l’équipe de Boris Dilliès aurait négocié sans tenir compte des transferts de charges potentiels en provenance du niveau fédéral. "On ne saura la vérité que dans quelques mois, une fois que le fédéral aura décidé ", conclut-elle, arrivant au débat de ce mardi dans un état d’esprit qu’elle qualifie elle-même d’inquiet.

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