"C'est peut-être l'acteur que j'admirais le plus" : la première fois qu'il a rencontré Jean Gabin, ce légendaire comédien français a été très impressionné

En 1964, Philippe Noiret réalise un rêve en donnant la réplique à Jean Gabin, l’acteur qu’il admire le plus. Des décennies plus tard, il raconte cette rencontre déterminante et se souvient d’une réplique savoureuse de son illustre partenaire...

Dans la carrière d’un acteur, certaines rencontres laissent une empreinte indélébile. Pour Philippe Noiret, celle avec Jean Gabin occupe une place à part.
Il est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands acteurs français de sa génération. Récompensé à deux reprises aux César et connu pour ses performances dans Le Vieux fusil, Coup de torchon ou encore Cinéma Paradiso, Philippe Noiret a partagé l’affiche avec de nombreuses personnalités du septième art. Mais parmi toutes celles qu’il a côtoyées, l’une d’elles suscitait chez lui une admiration toute particulière : Jean Gabin.
En 2000, alors qu’il était invité à revenir sur son parcours au micro de Patrick Simonin pour TV5 Monde, Philippe Noiret évoquait l’importance de cette rencontre, aussi bien sur le plan humain que professionnel.
“Ça a beaucoup compté pour moi, d’abord parce que c’est peut-être l’acteur que j’admirais le plus, français en tout cas sans aucun doute, et parce que ça a été une étape importante dans ma vie professionnelle.”
Une première collaboration inoubliable
Pour retrouver les origines de cette admiration, il faut remonter à 1964. Cette année-là, Philippe Noiret obtient un rôle aux côtés de Jean Gabin dans Monsieur, une comédie réalisée par Jean-Paul Le Chanois. Il y interprète un riche industriel qui engage comme majordome le personnage joué par Gabin.
Pour Noiret, encore loin de bénéficier de la notoriété qu’il connaîtra par la suite, cette expérience représente une étape décisive. Elle lui permet non seulement de donner la réplique à son idole, mais aussi de découvrir un homme dont le franc-parler n’avait rien à envier à celui de ses personnages.
Les Films Corona
Car Jean Gabin était réputé pour ses opinions tranchées et ses répliques parfois cinglantes. Philippe Noiret en avait d’ailleurs conservé un souvenir particulièrement savoureux, qu’il partageait au cours du même entretien.
“[Gabin] avait des jugements souvent d’une mauvaise foi magnifique sur le cinéma, je me souviens d’une phrase qu’il m’avait dite : ‘Ils commencent à m’emmerder avec leur cinéma’, comme si lui [n’en] faisait pas partie. J’ai beaucoup appris. C’est ça, le grand plaisir. C’est le seul avantage qu’on ait à vieillir, c’est d’accumuler ce genre de rencontre, de plaisir.”
Derrière cette anecdote amusante se dessine toute l’affection que Philippe Noiret portait à son aîné. Bien plus qu’un simple partenaire de tournage, Jean Gabin était à ses yeux une référence auprès de laquelle il avait énormément appris.
Une rencontre qui a marqué la suite de sa carrière
Après Monsieur, Philippe Noiret poursuit son chemin au cinéma. On le retrouve notamment dans Les Copains en 1965, puis dans La Vie de château l’année suivante. En 1966, son parcours le rapproche une nouvelle fois de Jean Gabin, mais cette fois sans qu’ils partagent l’écran. Noiret apparaît en effet aux côtés de Fernandel dans Le Voyage du père, une production de la Gafer, société fondée par Fernandel et Jean Gabin. Il s’agit du deuxième des neuf longs-métrages produits par leur association.
La véritable consécration arrive toutefois en 1968 avec Alexandre le bienheureux, réalisé par Yves Robert. Ce rôle contribue à imposer Philippe Noiret auprès du grand public et lui ouvre la voie à une carrière exceptionnelle.
Les Films Corona
L’acteur remportera notamment deux César du meilleur acteur, pour Le Vieux fusil de Robert Enrico en 1976 et La Vie et rien d’autre de Bertrand Tavernier en 1990. Disparu en 2006, il laisse derrière lui une filmographie considérable, mais aussi le souvenir de cette rencontre privilégiée avec Jean Gabin, qu’il évoquait encore avec admiration plusieurs décennies après leur premier tournage.
Pour (re)découvrir cette collaboration entre Philippe Noiret et Jean Gabin, Monsieur (1964) est à retrouver en VOD.
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