Les soins de santé seront les priorités des démocrates dans le prochain Congrès
Les dirigeants démocrates de la Chambre des représentants comptent mettre l’accent sur les soins de santé lorsque le nouveau Congrès entamera ses activités, le 3 janvier.
Les premiers votes à la Chambre des représentants l’année prochaine devraient porter sur le renforcement de Medicaid et le rétablissement d’une aide fiscale majorée destinée à réduire le coût des contrats d’assurance maladie relevant de l’Affordable Care Act (ACA) pour des millions d’assurés.
Les démocrates promettent également d’agir rapidement pour adopter des mesures législatives visant à mettre fin à la guerre avec l’Iran et à abroger certains des droits de douane instaurés par le président Donald Trump.
« Nous allons démarrer sur les chapeaux de roue », prévient Hakeem Jeffries, chef de file démocrate pressenti pour devenir le prochain président de la Chambre des représentants.
Cette vague législative revêt une importance capitale pour les démocrates, qui cherchent à traduire leurs victoires écrasantes aux élections de mi-mandat — leur nombre dépassera les 250 sièges à la Chambre, qui en compte 435 — en réalisations concrètes permettant de tenir leurs promesses de réduction du coût de la vie.
Les obstacles ne manquent pas pour le programme des démocrates.
L’adoption de ces projets de loi ne devrait pas poser de problème compte tenu de l’importante majorité démocrate à la Chambre des représentants. En revanche, leur promulgation pourrait très certainement s’avérer plus compliquée.
Un seuil de 60 voix au Sénat se profile pour ces textes, tout comme un éventuel veto présidentiel. Le soir des élections, Trump a publié sur son compte de réseau social la photo d’une casquette rouge portant un message simple : « VETO ».
M. Jeffries a déclaré que cinq groupes de travail élaboraient actuellement des projets visant à présenter des projets de loi qui réduiraient les coûts dans des domaines tels que le logement, l’énergie, l’alimentation et les soins.
Le représentant Ted Lieu a déclaré que les démocrates se pencheraient à un moment donné sur une législation relative à l’intelligence artificielle et aux centres de données. Il fait partie d’un groupe de législateurs travaillant sur un document qui définira certaines des priorités à soumettre à l’attention de Jeffries.
« L’année dernière, les républicains de la Chambre des représentants ont pris la décision délibérée de laisser l’industrie de l’IA se développer sans frein, ce qui était une mauvaise décision tant sur le plan politique que sur le plan des politiques publiques, a souligné M. Lieu. Deux choses vont changer lors de la prochaine législature. Nous organiserons des auditions publiques sur l’IA. Nous adopterons une législation établissant des garde-fous raisonnables en matière d’IA, et plus particulièrement concernant les centres de données. »
Les démocrates tenteront de revenir sur les modifications apportées à Medicaid, qui devraient entraîner une réduction de plus de 900 milliards $ du budget du programme sur une décennie. Les coupes approuvées par les républicains ont contribué à compenser une partie des coûts du vaste projet de loi de Trump sur les réductions d’impôts et les coupes budgétaires, promulgué l’année dernière. Les modifications de Medicaid prévues dans ce projet de loi ont imposé de nouvelles exigences administratives et ajouté des conditions d’admissibilité, notamment des obligations de travail.
Une impasse
Le chef de file démocrate, Chuck Schumer, de New York, insiste sur le fait que les démocrates feront avancer leur programme, avec ou sans l’aide du président républicain.
« S’il y oppose son veto, cela mettra en évidence les divisions. Même si nous ne voulions pas provoquer de fermeture, lorsque nous avons paralysé le gouvernement pendant un mois à cause de la réforme de la santé, les gens savaient que nous étions de leur côté », a fait savoir M. Schumer lors d’une interview accordée au balado « The Daily » du New York Times.
M. Schumer dit croire que les démocrates pourraient obtenir quelques voix républicaines en faveur du rétablissement des subventions majorées pour les régimes de l’ACA. Des républicains seront-ils disposés à collaborer avec lui sur des projets de loi ? « Ils ne s’engagent jamais de manière aussi catégorique, mais oui, je perçois des premiers signes dans ce sens sur certaines questions, pas sur toutes », a répondu le sénateur de l’État de New York.
Tensions
Les groupes progressistes qualifient le programme présenté par Jeffries de bon début, mais ils ont des attentes bien plus élevées.
« Il n’y a aucun problème si le Sénat et la Chambre des représentants sont unis et que Donald Trump fait obstacle, car cela préparera le terrain pour une nouvelle vague électorale en 2028 », avance Adam Green, cofondateur du Progressive Change Campaign Committee, un groupe proche des démocrates qui soutient les candidats et les politiques progressistes.
Dans le même temps, il ajoute que M. Schumer ne pouvait se contenter de laisser les projets de loi échouer au Sénat en raison du seuil des 60 voix.
« Les démocrates devront supprimer l’obstruction parlementaire, souligne M. Green. Cela ne fait aucun doute. »
Dans une interview accordée cette semaine à l’Associated Press, M. Schumer n’a pas voulu dire s’il tenterait de supprimer l’obstruction parlementaire.
« Il faut se concentrer sur l’action, a déclaré M. Schumer. C’est tout ce que je dis. »
Dans une note adressée à ses collègues du Congressional Progressive Caucus, le représentant Greg Casar, demande que les démocrates s’attaquent à ce qu’il a qualifié de « forces puissantes extérieures au gouvernement ». Il a notamment cité l’exemple des entreprises qui utilisent les données privées des Américains pour adapter leurs tarifs en fonction des données personnelles des consommateurs, ainsi que celui des entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle qui, selon lui, mettent en danger des emplois et des vies.
« En ne nous concentrant pas uniquement sur le gouvernement Trump, mais aussi sur les grandes entreprises et les milliardaires, nous montrerons au peuple américain que nous ne sommes pas seulement anti-Trump, mais aussi en faveur des travailleurs et des consommateurs », a déclaré M. Casar.
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