La popularité du vélo progresse à Montréal, sauf chez les femmes
En 2025, près de 1,2 million de résidents de l’île de Montréal ont enfourché leur vélo, soit 58 % des adultes et 78 % des enfants. Mais la pratique du vélo est loin d’être paritaire. L’année dernière, la proportion de femmes se déplaçant à vélo a baissé de 4 % par rapport à 2020, pendant que celle des hommes poursuivait sa progression, révèle un rapport publié lundi par Vélo Québec.
À tous les cinq ans, Vélo Québec dresse un portrait de la situation du vélo à l’échelle de la province. En avril dernier, l’organisme dévoilait l’État du vélo 2025 pour l’ensemble de la province. Lundi, il a dévoilé son rapport qui analyse les données pour l’île de Montréal.
Beaucoup de Montréalais pédalent. Il y a 20 ans, une part de 42 % des adultes montréalais pratiquaient le vélo. Ce taux a progressivement augmenté pour atteindre 58 % en 2025. Il s’agit toutefois d’une augmentation de seulement 1 % dans les cinq dernières années. Dans les quartiers centraux de Montréal, la proportion atteint 63 %.
Du côté des enfants, c’est dans la zone ouest de l’île que le vélo est le plus utilisé avec un taux de 85 % contre 78 % pour la zone centrale de l’île, et 72 % pour la zone est.
Les gens âgés de 55 à 74 ans sont les moins nombreux à utiliser le vélo, mais Vélo Québec constate qu’une part tout de même importante, soit 44 %, a utilisé ce moyen de transport en 2025, en constante progression depuis 2010.
Un recul chez les femmes
Mais le rapport de Vélo Québec montre aussi que certaines femmes ont délaissé le vélo au cours des dernières années, ce qui augmente la disparité entre les sexes pour ce mode de transport. Ainsi, alors que le pourcentage de femmes se déplaçant à vélo était stable en 2015 et 2020 avec un taux de 48 %, cette proportion a baissé à 44 % en 2025. À l’opposé, la proportion d’hommes pratiquant le vélo connaît une constante progression depuis 2015 pour atteindre 72 % en 2025.
P.-d.g. de Vélo Québec, Jean-François Rheault parle de « stabilité » dans la pratique du vélo chez les femmes. « Elle décline légèrement. Ce n’est pas comme un grand recul », tempère-t-il. « Cette nuance-là étant faite, c’est inquiétant. » Il signale toutefois que lorsque des comptages manuels sont effectués sur des infrastructures comme le Réseau express vélo (REV) Saint-Denis, la présence des femmes est plus élevée.
Vélo Québec entend collaborer avec l’Université McGill pour tenter de comprendre le phénomène observé. « L’État du vélo, ça mesure le progrès, mais ça mesure aussi les défis », dit M. Rheault.
Globalement, en termes de parité, l’île de Montréal arrive au 6e rang parmi les principales villes québécoises étudiées par Vélo Québec. Elle est notamment devancée par Lévis, championne dans la province à cet égard avec 47 femmes et 53 hommes pour chaque tranche de 100 cyclistes. Suivent Trois-Rivières, Québec, Sherbrooke, Gatineau puis, l’île de Montréal.
Le vélo « utilitaire » en progression
Comme mode de transport pour se rendre au travail, reconduire les enfants à l’école ou à la garderie ou faire des courses, la popularité du vélo « utilitaire » gagne du terrain à Montréal.
Vélo Québec estime que plus de trois cyclistes adultes sur quatre, soit 78 %, utilisent le vélo comme moyen de transport. Ce pourcentage n’a cessé d’augmenter dans les dernières décennies, le nombre de cyclistes utilitaires ayant été multiplié par 3,7 en 20 ans. Dans les quartiers centraux, ce taux atteint 83 %. « Ça montre que les Montréalais, utilisent le vélo dans leur quotidien pour se déplacer et ça s’explique par le développement d’un réseau cyclable de qualité », indique Jean-François Rheault.
La fréquence d’utilisation du vélo augmente aussi. Ainsi, 52 % des cyclistes utilitaires enfourchent leur vélo plusieurs fois par semaine, ce qui représente une augmentation de 27 % en nombre de personnes depuis cinq ans.
Pour rédiger son rapport, Vélo Québec s’est basé sur un sondage Léger réalisé à l’automne 2025 auprès de 933 résidents de l’île de Montréal. D’autres données ont été examinées, comme celles de Bixi Montréal, d’Éco-Compteur et de l’Enquête mobilité 2023 pour la grande région de Montréal.
Vélo Québec soutient que le potentiel de développement du vélo à Montréal est important. Une part de 22 % des trajets motorisés pourraient être remplacés par un vélo classique et 46 % par le vélo-cargo à assistance électrique, estime l’organisme. « Le prochain test pour l’administration [de Soraya Martinez Ferrada], c’est vraiment le budget qui va être mis dans le développement du réseau cyclable ».
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.