« 0 % de chance » : Nvidia ne croit pas à l’apocalypse de l’IA

Pour Jensen Huang, l’IA ne signera pas la fin de l’humanité. Le patron de Nvidia balaie les avertissements d’Anthropic, OpenAI, Google et Elon Musk. Il rejette aussi le besoin de nouvelles lois pour encadrer le secteur de l’IA.
Jensen Huang ne croit pas une seconde à l’apocalypse de l’IA. Interrogé par CBS News, le patron de Nvidia a balayé d’un revers de main les scénarios catastrophes évoqués par une grande partie de la Silicon Valley. Pour le PDG du fabricant de puces le plus valorisé au monde, « faire peur aux gens est inutile ». C’est même « irresponsable ».
« 2030 ne sera pas la fin du monde. Il y a 0 % de chance que ce soit la fin du monde », assure-t-il.
Le dirigeant répond directement aux inquiétudes formulées par Jacob Coxon, un ancien chercheur d’Anthropic. Début septembre, celui-ci affirmait sur les réseaux sociaux que les développeurs d’IA « croient sincèrement » que la technologie pourrait « tous nous tuer » avant la fin de la décennie. Appuyé par deux autres chercheurs, cet avertissement a relancé le débat sur les dangers de l’IA et le manque de supervision du secteur. Dans la foulée, les rois de l’IA, de Dario Amodei, patron d’Anthropic, à Sam Altman, PDG d’OpenAI, en passant par Elon Musk, ont plaidé pour lever le pied sur le développement des modèles les plus puissants.
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« Allez lire entre les lignes »
Pour Jensen Huang, ces mises en garde ne sont « pas fondées sur la science ». Le patron de Nvidia va même plus loin. Selon lui, les entreprises qui réclament un encadrement de l’IA poursuivent en réalité un tout autre objectif. En miroir de Mistral, il estime que les géants de l’IA jouent un double jeu.
« Allez lire entre les lignes. Ils ne demandent pas plus de lois. Ils demandent à être libérés des lois que nous avons déjà. Et je pense que c’est un problème », lance Jensen Huang.
De son point de vue, il n’y a donc pas besoin de nouvelles règles pour encadrer l’IA. Les lois existantes sur la cybersécurité, l’intrusion non autorisée et la responsabilité en cas de dommages suffisent déjà à encadrer les dérives de l’intelligence artificielle.
Pour rappel, les incidents de sécurité liés à l’IA se sont multipliés ces derniers mois. En juillet, plusieurs ChatGPT ont échappé à tout contrôle et ont piraté la plateforme Hugging Face. Jeudi dernier, OpenAI a reconnu six nouveaux dérapages de ses modèles, qu’elle juge elle-même « préoccupants ». De son côté, Anthropic a publié un rapport détaillant comment des criminels, des groupes soutenus par des États, des vendeurs de logiciels espions et des propagandistes ont tenté de détourner ses modèles pour concevoir des missiles, créer des agents pathogènes ou espionner des dissidents.
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Une fortune qui dépend de l’IA
Par ailleurs, Jensen Huang assure que le succès de Nvidia est « directement lié au déploiement sûr » de ses produits. « Si nous ne continuons pas à faire cela, notre valeur en serait diminuée », fait-il valoir. Valorisé 5 300 milliards de dollars en Bourse, le géant de Santa Clara doit sa fortune aux puces qui font tourner les grands modèles de langage d’OpenAI et consorts.
Jensen Huang est sans doute l’une des personnes qui a le plus à perdre d’un ralentissement du secteur de l’IA. Sa fortune personnelle est passée d’environ 21 milliards de dollars en 2023 à plus de 192 milliards de dollars en 2026. Sans surprise, il s’aligne donc sur la ligne de Donald Trump, qui refuse fermement d’envisager un moratoire sur l’IA. Le président américain qualifie les inquiétudes autour de l’IA de « canular » et refuse que les États-Unis prennent du retard sur la Chine.
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