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Tuesday, October 20, 2026

Tragédie à la base militaire de Wainwright | Ce qui attend les grands brûlés

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En plus de 4 morts, le violent incendie à la base militaire de Wainwright, en Alberta, a fait 39 blessés. Le chemin de la guérison sera long pour les survivants de la tragédie. Certains grands brûlés sont sous respirateur artificiel et subiront de multiples greffes de peau. Voici ce qui attend les victimes et leurs proches.

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Soins d’urgence

On ne connaît pas l’état de santé exact des 39 blessés. Mais 19 se trouvaient dans un état critique dimanche, selon le bilan des autorités. Lors d’un point de presse, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, a indiqué que des personnes avaient subi de graves brûlures lors de la tragédie. Plusieurs interventions les attendent.

Les grands brûlés enflent beaucoup en raison de la réaction inflammatoire et du grand volume de liquide qu’ils reçoivent pour être hydratés, expliquent les experts consultés. Selon leur état, ils sont placés, ou non, sous respirateur artificiel. C’est notamment le cas lorsque leur visage et leur cou enflent, ce qui bloque les voies respiratoires, indique le Dr Ali Izadpanah, chirurgien plastique et directeur de l’unité des grands brûlés du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

Lorsque la brûlure est profonde et fait le tour d’un membre, il faut procéder à une escharotonie, une intervention qui consiste à réaliser des incisions dans la peau nécrosée pour permettre au sang de circuler jusqu’aux extrémités, comme les mains et les pieds, selon la Dre Ariane Bussières, chirurgienne plastique et directrice médicale de l’unité des grands brûlés du CHU de Québec–Université Laval.

« La peau brûlée n’est pas extensible. C’est un peu comme du cuir. Si on remplit d’eau quelque chose qui ne s’étire pas, éventuellement, on va comprimer ce qui est important à l’intérieur », explique-t-elle.

Greffes de peau

Une fois stabilisé, le grand brûlé sera transporté au bloc opératoire pour exciser la peau nécrosée et faire des greffes de peau. « Entre le jour 3 et le jour 5, on veut avoir complété d’enlever toutes les zones brûlées profondes et de les avoir recouvertes soit par la peau du patient, mais plus souvent en aigu, par une couverture temporaire avec des greffes cadavériques ou des substituts cutanés », dit la Dre Bussières. Des greffes permanentes auront lieu plus tard.

Les grands brûlés restent hospitalisés longtemps : environ une journée par pourcentage de peau brûlée, selon les experts.

« Si la personne est brûlée à 40 %, elle va rester sur l’unité autour de 40 jours », dit le Dr Ali Izadpanah.

Réadaptation

Les grands brûlés doivent ensuite faire de la réadaptation. La durée moyenne de séjour était de 37 jours en 2025-2026 à l’hôpital de réadaptation Villa Medica à Montréal, qui accueille les patients du CHUM.

Les patients y font de la physiothérapie et de l’ergothérapie. « Les cicatrices de grands brûlés ont tendance à épaissir », dit la Dre Elisabeth Marois-Pagé, responsable de l’unité des grands brûlés de Villa Medica. « Quand la cicatrice épaissit, elle va souvent limiter le mouvement. Nous, on a un an, un an et demi, avant que la cicatrice soit mature pour travailler et éviter que le patient soit restreint dans ses mouvements. »

Des psychologues et des travailleurs sociaux accompagnent aussi les patients. « [Lorsqu’ils arrivent chez nous], c’est la première fois qu’ils prennent une douche. La première fois qu’ils vont voir leur plaie, leurs bobos, leurs greffes. Il y en a que c’est au visage, qui ne se sont pas revus depuis l’accident », poursuit la Dre Marois-Pagé.

La souffrance physique et psychologique est grande. Selon la Dre Marois-Pagé, la « grande majorité » des grands brûlés ont des symptômes d’anxiété, dépressifs ou de choc post-traumatique.

Retour à la maison

En plus de faire leurs exercices de physiothérapie et d’ergothérapie, les patients doivent intégrer une « routine d’hygiène » à leur quotidien, indique Ian Fabi, directeur général de l’organisme Entraide Grands Brûlés, qui offre notamment du soutien psychologique.

« Enlever les vêtements compressifs qui sont comme une deuxième peau, très serrés. Se crémer, se faire des automassages », énumère-t-il. Les activités du quotidien prennent plus de temps et d’efforts qu’auparavant, en raison de la perte de mobilité et de force, explique-t-il.

La situation n’est pas simple à gérer pour les familles, selon lui. Les proches se demandent quel soutien ils doivent apporter. « Il y a beaucoup d’incompréhension, dit Ian Fabi. De l’amour, oui, mais de l’incompréhension. »

Depuis une dizaine d’années, les grands brûlés sont considérés comme des patients ayant une maladie chronique, selon la Dre Marois-Pagé. Certains ont des douleurs chroniques. « Il ne faut pas voir ça comme un évènement aigu et c’est tout, dit-elle. C’est une condition qui va les affecter pour toujours, au même titre que le diabète. »

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