Assises du Hainaut : ouverture du procès de Laurent Andris accusé du meurtre de sa maman à Villers-Poterie en 2023

Ce soir-là, les appels au secours se succèdent. À 19h35, un automobiliste signale un accident à la jonction des rues de Presles et de la Tour Octavienne. L’autre conducteur a pris la fuite à pied. Quelques minutes plus tard, un témoin, une femme, explique que la voiture de son compagnon a été percutée par le fils de leur voisine. Le couple s’est rendu chez cette dernière pour remplir un constat, mais aurait quitté les lieux, inquiet face à l’agitation de l’homme. Ce témoin craint alors que sa mère ait été frappée.
Un couteau à la main
À 19h45, cette même femme rappelle la police : la porte de la maison est ouverte et elle aperçoit l’homme en train d’essuyer quelque chose. À 19h53, un automobiliste signale un homme torse nu et couvert de sang. Il le voit à genoux, un couteau à la main, avant que celui-ci ne jette l’arme et se couche au sol.
Les policiers interviennent à 20h04. L’homme, caché derrière une voiture, résiste à son arrestation et tente notamment de mordre un agent. Il s’agit de Laurent Andris.
Des témoins signalent ensuite une personne inanimée dans une habitation voisine. Les policiers y découvrent Gabrielle Hannot, 64 ans, grièvement blessée à la tête et au cou, ainsi que de nombreuses traces de sang et des objets brisés. Les secours sont appelés, mais le décès de la victime est rapidement évoqué. Un couteau de cuisine est retrouvé à proximité du lieu d’interpellation.
Dans le véhicule de police, Laurent Andris demande s’il a fait quelque chose de mal. Il avoue avoir tué sa mère. Plus tard, il répète ces propos à l’hôpital, où il est conduit après être devenu très agité. Il affirme avoir consommé de la cocaïne et une dizaine de canettes de whisky-coca.
Entendu le lendemain, il dit ne conserver que des souvenirs fragmentaires. Il affirme avoir cru que des personnes voulaient s’en prendre à sa compagne et ne pas avoir reconnu sa mère, qu’il aurait prise pour un monstre. Il assure ne pas se souvenir des violences et évoque des menaces proférées par des gitans.
En 2016, il avait été condamné à Bruxelles pour une tentative de meurtre.
Le procès est présidé par Philippe Morandini, premier président de la cour d’appel du Hainaut. Pierre Hustin représente l’accusation. L’accusé est défendu par Me Ricardo Bruno et Me Régis Brocca, du barreau de Charleroi. Les parties civiles, cousines de l’accusé, sont représentées par Me Christian Mathieu.
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