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Sunday, September 20, 2026

Ici le Monde : levée de boucliers en ligne contre l’excision au Mali

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Le Mali ne dispose pas d’une loi qui interdise explicitement l’excision. Il existe toutefois des possibilités de poursuites sur la base d’autres textes de loi. Aminata Sidibé, du GAMS, cite notamment le nouveau Code pénal adopté en 2024, qui criminalise les violences envers les femmes. "On peut essayer de condamner des personnes ou de les poursuivre en justice par rapport à l’excision", précise-t-elle.

L’existence de lois ne garantit pas toujours leur application. En Guinée, où l’excision est inscrite dans le Code pénal, le taux de femmes concernées atteint encore 94%, selon les chiffres cités par Aminata Sidibé pour 2025. Elle évoque une possible "impunité" et plusieurs interrogations sur l’application dans les faits de ces textes :

Est-ce que le policier qui doit aller mettre fin à cette cérémonie ou arrêter l’excision, est-ce que lui-même n’est pas pour l’excision ?

Selon elle, les condamnations peuvent aussi rester limitées à des amendes (ne dépassant pas parfois 200 euros) ou du sursis, alors que des peines de prison sont prévues par la loi. "Cela montre clairement aux gens qu’on va peut-être vous taper sur les doigts si on essaie de faire de vous un exemple. Mais voilà, ce ne sera pas très, très grave", estime-t-elle.

À l’échelle mondiale, "on est à plus de 230 millions de filles et femmes qui ont subi l’excision", rappelle Aminata Sidibé. Dans les pays voisins du Mali, les situations sont très différentes : elle cite environ 94% en Guinée et 25% au Sénégal. On pratique par ailleurs l'excision dans 94 pays dans le monde. Par exemple : en Indonésie, dans certaines communautés en Thaïlande, au Vietnam ou encore en Colombie. 

Plusieurs justifications sont avancées pour maintenir la pratique : la tradition, la volonté d’éviter les relations hors mariage, la fidélité des femmes ou encore la notion de "propreté" :

Il y a la notion de propreté dans certaines langues. Le mot qui va être utilisé pour excision, ça va être "pur" et a contrario "impur" ou alors "propre" et "sale".

Dans certaines communautés, l’excision peut aussi être associée à un rite de passage vers l’âge adulte.

La Belgique est elle aussi concernée. Selon Aminata Sidibé, 35.000 filles et femmes y sont concernées par l’excision. Parmi elles, environ 23.000 l’ont déjà subie et près de 12.000 sont considérées comme à risque. Le GAMS travaille notamment avec des personnes issues des diasporas, formées comme relais communautaires. Certaines interviennent auprès de leurs familles et de leurs communautés d’origine. "Elles font un travail superbe et qui est totalement dans l’ombre auprès de leur famille", explique Aminata Sidibé. Elles peuvent notamment contribuer à empêcher des excisions lors de séjours dans le pays d’origine.

Pour elle, ce travail passe d’abord par le dialogue : "La première chose, ce n’est pas d’arriver devant eux et de dire : vous faites quelque chose qui est mal. Il s’agit de pouvoir nommer l’excision comme une violence tout en faisant en sorte d’avoir un dialogue dans le respect". Certaines communautés pratiquent en effet l’excision depuis des centaines d’années, sans qu’elle n’ait jamais été remise en question.

L’une des stratégies qui a été utilisée au cours des années est celle de parler des conséquences sur la santé uniquement. Elles existent et elles sont graves, mais selon le GAMS, cette stratégie à pousser à médicaliser les excisions :

Est-ce que la médicalisation, c’est la meilleure chose ? Non. Avec la médicalisation, on observe exactement sur le long terme les mêmes conséquences.

Le GAMS travaille donc, via des ateliers par exemple, à faire évoluer ces mentalités sur le long terme. L’association renforce d’ailleurs chaque année ses campagnes de prévention à l’approche de l’été, moment le plus délicat de l’année. Certaines communautés profitent des vacances scolaires pour organiser des fêtes en l’honneur des filles excisées, et pour les personnes immigrées, c’est aussi le moment de rentrer voir leur famille au pays. Les jeunes filles sont particulièrement à risque à cette période de l’année.

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