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Monday, September 28, 2026

À l'ONU, Kyaw Moe Tun, le diplomate rebelle entré en résistance contre la junte birmane

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L’Assemblée générale de l'ONU se termine ce lundi 28 septembre à New York. Les dirigeants du monde entier ont défilé à la tribune. La Birmanie, elle, n’a pas été représentée. Le pays est en guerre civile depuis le coup d’État militaire en 2021 et l’ONU ne reconnaît pas le pouvoir de la junte. Mais la Birmanie a toujours un représentant aux Nations unies, un homme entré en résistance avec les autorités de son pays.  

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De notre envoyé spécial à New York, 

Une autre bataille se joue à New York, une bataille diplomatique. Officiellement Kyaw Moe Tun a été viré il y a 5 ans. Mais au lieu de faire ses valises, il a transformé ses bureaux new-yorkais en forteresse : « Je suis aux côtés du peuple du Myanmar. Cela a rendu la junte militaire furieuse, au point qu'elle a voulu me limoger. Mais j'ai clairement fait savoir que je représente le gouvernement élu ; je conserve donc mon poste ici. »

Le diplomate en cravate est entré en résistance après le coup d’État en Birmanie. Il reste fidèle à Aung San Suu Kyi. Les premiers temps, il dort sur place, dans cet immeuble tout près de Central Park. Aujourd’hui, une partie de son équipe continue d’occuper les lieux tous les jours. Car la maison où se trouve la représentation birmane à l’ONU est coupée en deux. Aux étages supérieurs, on trouve les diplomates nommés par la junte. Et aux deux étages inférieurs, Kyaw Moe Tun, et son équipe de rebelles.

Une drôle de cohabitation

« On travaillait ensemble avant, ils faisaient partie de mon équipe. C'étaient comme des frères pour moi. Mais j’ai appris, bien entendu, qu'ils devaient rendre compte de mes activités à la junte militaire. Chaque fois que je reçois des invités comme vous, ou que je quitte le bureau pour une réunion, pour l'ONU ou pour rentrer chez moi, ça figure systématiquement dans leur rapport », explique-t-il.

Le diplomate est surveillé. La junte birmane qui le considère comme un « traître » a déjà essayé de le tuer. En août 2021, deux citoyens birmans installés à New York sont arrêtés, suspectés d’organiser l’assassinat de Kyaw Moe Tun. La police américaine assure sa protection au quotidien. Mais aujourd’hui, son plus gros problème, c’est l’argent : « Le coût de la vie et les frais de fonctionnement de la mission sont très élevés ici à New York ; j’essaie de réduire au maximum les dépenses de la mission. » Kyaw Moe Tun ne se verse plus de salaire. Il tond lui-même la pelouse de sa résidence. Lui et son équipe arrivent à vivre grâce au soutien de leurs familles et de la diaspora birmane.

Une décision attendue dans les semaines à venir

Tant que l’ONU lui accorde son accréditation diplomatique, il peut continuer à faire entendre la voix de l’opposition birmane aux Nations unies : « Chaque fois que je pense à mes enfants, je pense aussi aux personnes sur le terrain. Les souffrances qu'elles endurent sont bien plus grandes que les nôtres. Garder mon poste de représentant permanent de Birmanie auprès des Nations unies contribue au succès de notre révolution. Je ne peux pas dire exactement combien de temps cela durera, mais je fais tout mon possible pour rester aussi longtemps que possible. »

Un comité de l’ONU doit décider dans les prochaines semaines de l’avenir de Kyaw Moe Tun. Mais il devrait avoir suffisamment de soutien ici pour poursuivre sa résistance.

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