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Tuesday, September 29, 2026

Assises du Luxembourg : 80 lésions constatées sur le corps du petit Wassim

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Plusieurs témoins, notamment des voisins, ont été entendus par les services de police. Parmi eux, le voisin qui a appelé les secours le 25 novembre 2023. Des voisins qui ont participé aux manœuvres de réanimation de l'enfant ont également été entendus. Il ressort des témoignages que le comportement du père de famille avait beaucoup évolué à la suite du décès de la maman de Wassim. Après le décès de celle qui avait été son épouse, Mohammed Taoussi aurait pris conscience qu'il devait désormais s'occuper seul de l'enfant et ainsi renoncer à sa carrière de karatéka. Selon des témoins, le père se serait montré moins patient et de plus en plus exigeant avec son petit garçon.

Parmi les autres devoirs d'enquête réalisés, il y avait aussi une perquisition au domicile du père de famille. "L'appartement était dans un état général précaire. Un grand frigo n'était pas branché, mais rempli de déchets. Il régnait aussi dans l'appartement une forte odeur de cannabis, l'accusé étant consommateur", explique un enquêteur. D'autres enquêteurs ont procédé à l'inventaire des denrées alimentaires ainsi que des médicaments présents dans l'appartement. Ils n'ont recensé que peu d'aliments frais. Dans les armoires, les policiers ont retrouvé du pain industriel, des biscuits, des chips, des œufs et du miel. La plupart de ces denrées étaient périmées.

Au niveau des médicaments destinés au petit Wassim, ils n'en ont retrouvé que très peu. Selon les enquêteurs, l'enfant, que son père décrit comme étant malade depuis plus d'une semaine avant son décès, n'a pas été présenté à un médecin depuis le 19 septembre 2023, jour où un important abcès a été découvert sur le crâne de l'enfant. C'est finalement le 25 novembre, vers midi, que le père de famille s'est rendu chez un voisin avec l'enfant inconscient dans les bras. Ce dernier a appelé les services de secours et une réanimation a été engagée. L'enfant n'a pas survécu et est finalement décédé le samedi 25 novembre, en milieu d'après-midi.

Le père a alors eu des réactions jugées suspectes, disant notamment à des proches : "Wassim n'est plus dans son monde de gogols" ou encore qu'il allait peut-être aller en prison et qu'il aurait besoin d'un bon avocat. Mohammed Taoussi a été placé sous mandat d'arrêt le 27 novembre 2023.

Lors de son interrogatoire par le juge Gorlé, Mohammed Taoussi a expliqué s'être occupé seul de son fils Wassim durant plusieurs mois, alors que la maman de l'enfant sortait, se droguait et consommait de l'alcool. "J'ai joué le rôle de papa et de maman. Effectivement, je me suis énervé à plusieurs reprises sur mon fils, mais pas parce que je ne l'aimais pas. Parce que je voulais qu'il mange ou que je refusais qu'il fasse certaines choses. C'est de l'éducation", a déclaré l'accusé.

Interrogé sur les deux passages de Wassim à l'hôpital pour des blessures assez graves, dont le premier pour une épaule déboîtée, Mohammed Taoussi affirme "avoir joué avec lui au cheval". "Je l'ai pris sur mon dos et, dans le jeu, je l'ai blessé à l'épaule, mais je n'avais pas la volonté de lui faire du mal."

En octobre 2022, le SAJ intervient une première fois, à la demande de Mohammed Taoussi, et la famille est placée sur une liste d'attente afin de bénéficier d'un suivi. "Je voulais que les choses soient claires, que l'on sache où dort le petit. Qu'il ne soit pas trimbalé de gauche à droite, chez sa grand-mère, chez une amie." Quelques mois plus tard, le 27 février 2023, la maman de l'enfant décède dans un accident de voiture. Le 28 avril 2023, Wassim est hospitalisé une nouvelle fois, avec une fracture du fémur. "J'étais dans la salle de bain. Le petit jouait. Il a grimpé le long du chauffage pour regarder par la fenêtre et est tombé. Quand j'ai vu l'état de sa jambe, j'ai appelé l'ambulance", explique l'accusé en réponse à une question du président. Des voisins expliquent, pour leur part, que Mohammed Taoussi aurait tenté de remettre lui-même la jambe de son petit garçon en place. D'autres témoignages font état de violences, de cris et de coups. "Je ne voulais pas m'énerver sur mon fils, mais parfois, c'était difficile de s'occuper de tout. De jouer le rôle de papa et de maman. J'ai vécu des moments vraiment difficiles et, oui, parfois, j'en ai eu marre. Mais ça ne signifie pas que je ne l'aimais pas."

Lorsque le président évoque un abcès à l'arrière du crâne du petit garçon, le père affirme qu'"il a probablement été piqué par une bête, puis s'est gratté". Interpellé sur le retard de développement de son fils, Mohammed Taoussi explique avoir consulté un pédiatre, la famille estimant qu'il avait des comportements ressemblant à ceux de sa demi-sœur, diagnostiquée autiste.

Le juge insiste ensuite sur les derniers jours de vie de l'enfant, qui était malade et n'est pas allé à l'école durant plusieurs jours. Retourné à l'école le 23 novembre, l'établissement rappelle le papa, qui est allé chercher son fils et l'a mis au lit. Le lendemain, la veille de son décès, le père explique que l'enfant n'a pas bien mangé, mais qu'il a pris ses médicaments. Le samedi, vers 9h30-10h00, Mohammed Taoussi se réveille et découvre son fils amorphe dans son lit. Peu avant midi, l'accusé se rend chez un voisin avec l'enfant inconscient dans les bras. Wassim sera emmené à l'hôpital d'Arlon, où il décédera après près de deux heures de réanimation. "J'ai perdu mon fils, la personne la plus chère de ma vie", déclare le père de famille avant que le juge Gorlé n'aborde les résultats de l'autopsie. "Je suis en prison depuis 34 mois. Je n'ai pas encore eu la possibilité d'aller me recueillir sur la tombe de mon fils. Alors oui, peut-être que je me suis trompé sur certains détails ou certaines heures, mais j'ai perdu la personne qui comptait le plus pour moi", a-t-il répondu.

La journée de mardi matin sera consacrée, entre autres, aux auditions d'un expert en toxicologie et du médecin légiste.

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