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Tuesday, October 27, 2026

La contestation autochtone de Idle No More renaît pour s’opposer à C-39

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Des militants autochtones comptent réactiver le mouvement de protestation Idle No More, né de l’insatisfaction envers les politiques conservatrices de Stephen Harper, cette fois pour s’opposer au projet du gouvernement Carney de s’accorder des pouvoirs inédits pour accélérer la construction de projets.

« L’empressement du gouvernement ne peut pas effacer les obligations du Canada. La confiance des investisseurs ne peut par avoir préséance sur l’eau que nos enfants boivent », a déclaré Janice Makokis, une organisatrice du mouvement Idle No More.

Elle prenait la parole devant la Chambre des communes, à Ottawa, aux côtés de chefs autochtones invités par la députée néodémocrate du Manitoba Leah Gazan.

Des membres de cette coalition d’activistes autochtones se sont réunis virtuellement dimanche pour demande officiellement de retirer le projet de loi C-39, un mastodonte de 246 pages déposé par le gouvernement de Mark Carney au premier jour de retour des élus après la pause estivale.

« Nous sommes confrontés aux conditions qui ont mené à la levée d’Idle No More en 2012 : un balayage de changements législatifs, des menaces aux protections environnementales, et des décisions gouvernementales qui affectent les territoires autochtones sans respect des peuples à qui appartiennent ces terres », peut-on lire dans une lettre publiée lundi, signée également des co-initiatrices de Idle No More Québec, Melissa Mollen-Dupuis et Widia Larivière.

Des militants portaient ces revendications lors d’une manifestation, lundi, en marge d’une grande rencontre à Ottawa entre le gouvernement fédéral et des représentants des Premières Nations. L’événement a surtout retenu l’attention pour l’ouverture du fédéral à l’idée d’abolir la Loi sur les Indiens.

Le premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas participé aux échanges.

Peu d’appétit pour l’accélération

La prémisse entière du projet de loi C-39 est que les petits et grands projets peuvent être approuvés plus rapidement, notamment en accordant davantage de pouvoirs entre les mains des ministres, sans toutefois compromettre la rigueur des évaluations environnementales et des consultations autochtones. Des groupes environnementaux n’y croient pas une seconde.

Des voix autochtones critiquent justement cet empressement à lancer des chantiers rapidement. Devront-ils, par exemple, se plier aux délais imposer par le compte à rebours d’un an imposé par C-39 ? Ils font plutôt l’éloge de la lenteur et de la réflexion dans la prise de décisions.

« Les consultations ne sont pas simplement un besoin procédural, une case à cocher. C’est une obligation constitutionnelle qui requiert du temps, de la transparence et une réelle volonté d’écouter nos inquiétudes », a lâché devant les journalistes mardi le chef de la nation crie d’Onion Lake, en Saskatchewan, Okimaw Pete.

Impliquée dans Idle No More à partir de l’Alberta, Janice Makokis fait des parallèles entre le climat actuel et celui qui régnait au lancement de ce mouvement autochtone, il y a une quinzaine d’années. « Des organisateurs de partout au pays veulent attirer l’attention sur les priorités législatives que nous voyons aujourd’hui. Ce qui nous a emmené à créer ce mouvement en 2012 est encore présent, et nous avons besoin de nous lever et de faire comprendre ce qui est en jeu. »

Le projet de loi C-39 est actuellement examiné par un comité parlementaire spécial à Ottawa, à majorité libérale. Les conservateurs ont appuyé le texte en seconde lecture au Parlement. En l’absence du Nouveau Parti démocratique (NPD) ou du Parti vert, seul un élu, Gabriel Ste-Marie du Bloc québécois, revendique parler au nom des opposants autour de la table du comité.

« À peu près tous les syndicats au Québec, toutes les premières nations, tous les groupes environnementaux, s’inquiètent de ce projet de loi », a-t-il déclaré au Devoir la semaine dernière.

D’une vaste portée, le projet de loi C-39 mentionne à 63 reprises les peuples autochtones, la plupart du temps pour réaffirmer leur droit à la consultation.

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