France: la découverte d'un cimetière gallo-romain d'enfants nous fait revisiter les rites funéraires antiques

À Auxerre, à 150 km au sud-est de Paris, la découverte d'un cimetière gallo-romain remet en question nos croyances sur l'inhumation des enfants. Une nécropole antique a été mise au jour en plein centre-ville lors de travaux de transformation de la ville. Elle contenait plus de 260 corps de nourrissons, indiquant que ces tout petits humains avaient également droit à une sépulture et à des rites funéraires, contrairement à ce que l'histoire nous avait enseigné.
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Une rare nécropole de nouveau-nés datant du IIe-IIIe siècle après Jésus-Christ, découverte lors de fouilles préventives en France, lève le voile sur les pratiques funéraires entourant les très jeunes enfants dans le monde gallo-romain.
C'est en 2024, en amont du réaménagement d'une place dans le centre historique d'Auxerre, en Bourgogne dans le centre de la France, que les archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) ont mis au jour cette nécropole du Haut-Empire. Occupée entre 170 et 250 après J.-C., elle était localisée en périphérie de la ville antique d'Autessiodurum.
Des nourrissons de moins de six mois
La plupart de ces tout petits corps sont ceux de bébés de moins de six mois. D'autres sont même encore à l'état de fœtus, dont un sans squelette, qui a pu être identifié grâce à des bactéries. L'archéo-anthropologue Carole Fourrissier a participé aux fouilles. Elle raconte à Amélie Beaucour, du service France de RFI : « Les tout petits sont inhumés dans des céramiques, dans des tuiles canal, dans des cercueils, et avec des indications qui ont marqué les tombes en surface pour que la famille puisse revenir sur la tombe. Ça permet de constater que déjà ces tout petits avaient de l'importance pour les familles, alors qu'on a quelques textes antiques qui nous disent qu'au contraire, il ne fallait pas trop les pleurer, puisqu'il y avait une forte mortalité à ce moment-là. »
À l'intérieur de ces céramiques et de ces petits coffres en bois : des traces ADN d'huile, de vin, de produits laitiers ou de fleurs ont été détectées. La première hypothèse pragmatique : les familles réutilisaient des contenants ayant déjà servi et adaptés à la taille du bébé. Mais une autre interprétation est possible : « La céramique peut ressembler au ventre de la mère, et à ce moment-là ils n'auraient pas forcément survécu à l'accouchement ou ils seraient décédés avant. Et puis, par exemple dans un cercueil, ils sont déjà un peu plus grands et ils ont pu respirer, si on peut ainsi le dire. »
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Comprendre les pratiques funéraires
L'étude de l'ADN ancien retrouvé dans les sépultures a permis d'identifier plusieurs bactéries comme Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis et Fusobacterium nucleatum. Des micro-organismes aujourd'hui associés à des infections ou des complications de la grossesse, notamment la chorioamniotite.
Plus étonnant encore, les analyses génétiques ont révélé que certaines céramiques sans ossements contenaient pourtant des traces d'ADN humain.
Une découverte qui remet en question le rapport à la mort périnatale sous l'Empire romain. Par son extraordinaire densité, la nécropole d'Auxerre permet de comprendre un peu mieux les pratiques funéraires entourant les tout-petits et de battre un peu plus en brèche la supposée indifférence du monde antique vis-à-vis de la mort des très jeunes.
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