Essai Peugeot e-208 GTI : le gros coup de foudre ?

Peugeot lance enfin une version GTI de cette 208 seconde génération ! Mais elle est électrique, peut-elle faire honneur à son héritage ? J’ai pu en prendre le volant sur les exigeantes routes d’Ecosse.
Peugeot ressort la griffe GTI, une appellation mythique pour le constructeur au Lion puisque la marque a participé à la popularisation des petites sportives populaires. Mais c’est pour la première fois qu’une Peugeot GTI est électrique, témoignant d’un changement d’époque. La marque sochalienne ne s’est pas contentée de mettre un moteur électrique puissant dans la citadine, un vrai travail d’ingénierie a été fait par Peugeot Sport pour rendre cette e-208 GTI homogène, mais est-elle à la hauteur du mythe ? J’ai pu l’essayer sur les exigeantes routes écossaises pour en prendre la mesure.
La plus chic des GTI ?
J’ai envie de dire ENFIN ! Enfin Peugeot se décide à donner à la seconde génération de Peugeot 208 une version sportive. On l’attendait avec impatience aussi bien sur le plan dynamique que stylistique. De mon plus sincère avis, je trouve que cette seconde génération de 208 est une réussite stylistique, mais un poil trop agressive pour ses performances. Elle offre toutefois une excellente base pour une version GTI.
On pourrait croire que les designers Peugeot ont eu pas mal de liberté pour transformer la 208 en boule de nerfs. La grande calandre et les griffes du lion sont soulignées d’éléments rouges faisant écho à la sportivité. Le bas du bouclier est spécifique avec une lame couleur caisse. Les grandes jantes de 18 pouces reprennent le style des jantes de 205 GTI. Elles remplissent parfaitement les ailes pourtant élargies. Les jantes avant donnent presque l’impression de sortir de la carrosserie, on a clairement affaire à une 208 bodybuildée.
À l’arrière, on retrouve un diffuseur sortant du pare-chocs, évidemment il n’y a pas d’échappement sortant du bouclier, ce n’est plus politiquement correct en 2026.
Côté dimensions, on a affaire à une 208. Cette version GTI mesure 4,10 m de long, 1,40 m de haut et 1,76 m de large. Cette Peugeot e-208 GTI est une sportive chic qui n’en fait pas trop, sublimant la base de la 208 de seconde génération.
L’habitacle voit rouge
Cette Peugeot e-208 GTI fait du storytelling, tout est pensé pour vous rappeler qu’elle est une GTI reprenant un lourd héritage de sportives Peugeot. Les sièges sport ont une sellerie en deux parties TEP, Alcantara embossé et Maille tressée avec surpiqûres rouges. Le but est de rappeler les selleries mythiques de la 205 GTI.
Le petit volant Peugeot du i-Cockpit gagne ici du cuir perforé et de l’Alcantara sur la partie haute et basse. Il reste avec un design deux branches, j’en aurais aimé trois, mais il s’agit là d’une envie purement personnelle.
On pourrait faire un jeu dans cette 208 GTI : compter les éléments rouges. Il y a bien sûr la moquette totalement rouge, les tapis également. Les ceintures avant et arrière sont dans la même teinte, tout comme les surpiqûres. Les compteurs et les fonds d’écran d’infodivertissement sont eux aussi rouges. Impossible d’oublier que vous êtes dans une GTI. Cela se marie bien avec les teintes de carrosserie blanc Okenite, noir Perla Nera, gris Artense ou gris Sélénium, mais cela jure un peu plus avec le jaune Agueda et le bleu Miramar. Et attention à l’overdose si vous choisissez le Rouge Elixir.
Côté pratique, rien ne change, il s’agit d’une 208 avec un espace pour les passagers arrière relativement accueillant et un coffre de 309 litres. Mais trêve de bavardage, il est temps d’aborder ce qui fait d’elle une GTI.
Un blason lourd à porter
Revêtir le blason GTI pour une Peugeot est difficile, tout comme pour une Volkswagen. L’histoire du badge chez le constructeur français fait écho à des sportives pétillantes, performantes et fun à conduire.
Peugeot n’a pas le droit à l’erreur avec la première utilisation du mythe GTI sur une électrique. Les ingénieurs de Peugeot Sport ont pris ce qu’il y a de mieux dans la banque d’organes électriques de Stellantis. Sur le train avant prend place le moteur M4 de 281 chevaux et 345 Nm, jamais une GTI Peugeot n’avait été aussi puissante.
Mais bien qu’électrique, autant de puissance sur le train avant demande des solutions pour passer correctement au sol. Peugeot Sport utilise l’autobloquant mécanique à disque fourni par la société japonaise JTEKT que l’on retrouve aussi sur les Alfa Romeo Junior Veloce, Abarth 600e, Opel Mokka GSE, Lancia Ypsilon HF et Opel Corsa GSE. C’est unique, Stellantis sont les seuls à monter un tel équipement sur une sportive électrique traction alors que les concurrentes se contentent d’un software bridant l’arrivée de la puissance en courbe pour éviter le patinage et le sous-virage.

La batterie est de 51 kWh, il s’agit de celle déjà connue dans la gamme de la Peugeot e-208 combinée au moteur de 156 chevaux. Si elle dépasse les 400 km dans la e-208, la e-208 GTI ne propose que 351 à 375 km selon la monte de pneumatiques. Si vous choisissez les Michelin Pilot Sport 4S en 215/40/18, l’autonomie sera la plus faible.
Le poids de l’ensemble pèse 1 535 kg à vide, 1 610 kg en ordre de marche. Oui, ce n’est pas léger si on la compare à une 205 GTI ou un 206 RC, mais à l’échelle du marché des voitures électriques, c’est presque une ballerine. Rappelons tout de même qu’elle développe 281 chevaux quand l’ancienne Peugeot 208 GTI plafonnait à 218 chevaux. De ce fait, le 0 à 100 km/h est le plus rapide de l’histoire de la citadine sportive française avec 5,5 secondes seulement, en revanche la vitesse de pointe fait débat avec seulement 180 km/h. Ce qui est suffisant pour les routes sinueuses de campagne, mais pas assez selon ceux qui restent attachés à cette valeur pour juger le tempérament d’une sportive.
Le courant passe entre nous… mais pas longtemps
Évidemment, en utilisant le blason GTI, j’en attendais beaucoup de la Peugeot e-208 GTI, autant que vous, j’imagine ! J’avoue ne pas avoir été déçu.
Je redoutais une suspension trop raide, comme j’avais pu l’expérimenter avec l’Alfa Romeo Junior Veloce, ce n’est pas le cas pour cette e-208 GTI. Bien sûr qu’elle est ferme, peut-être inconfortable sur les bitumes abîmés de nos centres-villes français, mais sur les routes des Highlands écossais, pas toujours très bien revêtues, ça m’a semblé assez sérieux pour contenir les mouvements de caisse, mais sans générer de rebond sur les bosses.
Il faut dire que les ingénieurs Peugeot Sport ont pris leur temps pour peaufiner la mise au point de la e-208 GTI. La première utilisation de cette motorisation pour faire une sportive compacte dans le groupe remonte à deux ans déjà !
Les performances ne manquent pas de percutant. Les reprises sont vives, atteignant rapidement des vitesses pénalement répréhensibles. Finalement, la bride à 180 km/h est peut-être là pour vous éviter de trop gros ennuis… car cette Peugeot e-208 GTI est bluffante d’efficacité. Sur les routes détrempées d’Écosse, j’ai observé un comportement très rassurant. L’arrière de la voiture ne tente pas de passer devant au freinage et la motricité est bonne grâce au différentiel sur le train avant. Bien que les routes d’Écosse détrempées aient parfois laissé apparaître un peu de patinage du train avant en cas de pression trop généreuse sur la pédale de watts en sortie de virage.
Le différentiel aide la maniabilité de la voiture, l’approchant avec force de l’intérieur du virage, à la manière d’une Honda Integra Type R à son époque, l’ambiance sonore en moins. Le revers de la médaille est une voiture qui suit très franchement les dénivellations de la route. Il faut tenir fermement le volant, même en ligne droite, cela me rappelle des pistardes avec des géométries très agressives.
Les sensations sportives sont bien là au volant de la Peugeot e-208 GTI. Les ingénieurs ont ajouté un faux son de propulsion ressemblant à un moteur thermique. Le but est de participer à l’ambiance sportive à bord, mais ce n’est pas vraiment une réussite. À la longue, il s’agit d’un bourdonnement qu’une partie des conducteurs préférera désactiver. Et cela m’amène selon moi au gros manque de la Peugeot e-208 GTI pour les sensations de conduite : une boîte de vitesses simulée. Nous sommes plusieurs journalistes à trouver cela génial dans la Hyundai Ioniq 5 N et à le réclamer dans d’autres sportives électriques, car ce système demandant qu’une mise au point logicielle participe vraiment au plaisir de conduire une électrique. Je pourrais aussi vous parler de la pédale un peu spongieuse à l’attaque en raison d’un espace réduit pour mettre un maitre-cylindre plus gros.
Hormis ce manque, le courant passe entre moi et la Peugeot e-208 GTI. Mais pas très longtemps… Lors de mon essai en Écosse, j’ai vidé intégralement la batterie en 129 miles. À peine plus de 200 km en comprenant des liaisons pour rejoindre les routes sinueuses et un retour piano-piano, car l’estimation de l’autonomie ne me laissait même pas rejoindre la zone de dépose du véhicule. Et passé un certain niveau de décharge de la batterie, la puissance est sacrément limitée, à moins de 10 % de batterie, on a la sensation d’avoir moins de 50 chevaux. Et quand il faut charger, elle passe de 20 à 80 % en 30 minutes sur une borne rapide 100 kW.
Maintenant reste à savoir à qui s’adresse cette Peugeot e-208 GTI. Les passionnés préféreront certainement une petite sportive thermique d’occasion récente. En revanche, je la vois comme un très bon choix de citadine chic et sportive comme les Abarth et Mini. Son style juste lui permet de cibler cette clientèle urbaine et aisée, ou les personnes ayant besoin d’une seconde voiture avec laquelle l’autonomie n’est pas un problème.
Reste qu’à 42 900 euros avant l’aide du bonus, Peugeot ne devrait pas en vendre beaucoup. Mais ce n’est peut-être pas si grave, le calendrier de lancement à la fin de la vie de l’actuelle 208 laisse entrevoir une carrière courte pour cette e-208 GTI qui est davantage un véhicule d’image pour Peugeot.
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