L’engagement écologique des Cowboys Fringants se poursuit dans une chaire de recherche

Une nouvelle page de l’engagement des Cowboys Fringants s’est écrite, mercredi, à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Une chaire de recherche dédiée à l’environnement portant le nom du groupe et un Fonds pour l’alimenter ont été lancés.
Une dotation initiale de 400 000 $ soutiendra des chercheurs qui œuvrent dans plusieurs domaines liés à la transition écologique et sociale dans la francophonie.
Dès ses débuts, le groupe a mis sa voix au service de la cause environnementale, rappelle le bassiste des Cowboys Fringants, Jérôme Dupras. Ce dernier a été nommé scientifique en chef du Québec, ce printemps.
Nous avons toujours cru que c’était important de protéger la nature, notre territoire. Nous l’avons chanté
, raconte-t-il.

Jérôme Dupras est le scientifique en chef du Québec et bassiste des Cowboys fringants.
Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize
À travers cette chaire, Jérôme Dupras souhaite créer une alliance entre chanson, art, culture et science, parce qu’on s’en va tous dans la même direction
.
Nous [les artistes] imaginons plein de beaux espoirs pour le Québec et nous avons besoin de feuilles de route scientifiques pour nous dire comment s’y rendre.
Au-delà du milieu académique, Jérôme Dupras veut surtout qu’un dialogue émerge avec le grand public pour bâtir la confiance en la science, dépolariser notre société
.
La rectrice de l’UQO, Murielle Laberge, abonde dans le même sens.
Ils ont porté des paroles faisant référence à des valeurs extrêmement importantes pour la société québécoise
, estime-t-elle, notamment la préservation du climat [et] de l’environnement
.
Cette initiative est d’autant plus importante étant donné l’accélération des changements climatiques et de l’urgence d’agir
, selon la rectrice.
Un héritage vivant
L’idée de lancer cette chaire de recherche était présente dans les discussions de l’UQO et Jérôme Dupras depuis plusieurs années, mais le processus s’est accéléré suite au décès de Karl Tremblay, en 2023, selon Mme Laberge, qui voit l’initiative comme un coup d’œil
au chanteur disparu.
On va garder l’héritage des Cowboys Fringants vivant.
Le groupe de musique et l’UQO entretiennent d’ailleurs un lien particulier. En 2024, ses membres ont été récompensés par un diplôme honoris causa de l’UQO.

La rectrice de l’UQO, Murielle Laberge, et le président de l’Université du Québec, Alexandre Cloutier, encadrent Jérôme Dupras, Jean-François Pauzé et Marie-Annick Lépine avec leur diplôme honoris causa. (Photo d'archives)
Photo : Gracieuseté de Marianne Duval / UQO
Jérôme Dupras est d’ailleurs professeur à l’UQO depuis plus d’une décennie, spécialisé en écologie économique.
Associer le nom des Cowboys Fringants à celui de la chaire permettra aussi de bénéficier de leur notoriété pour collecter des fonds auprès du public, selon Murielle Laberge. Je sais que la société, particulièrement québécoise, va avoir un coup de cœur
, pense-t-elle.

La rectrice de l'Université du Québec en Outaouais, Murielle Laberge
Photo : Radio-Canada / Patrick Louiseize
Une partie de la dotation initiale, soit 200 000 $, provient des fonds de l’ancienne fondation des Cowboys Fringants dédiée à l’environnement et aujourd’hui dissoute.
L’UQO a mis la main à la proche, lui accordant elle aussi 200 000 $.
Un donateur a d’ores et déjà été séduit et a effectué une donation testamentaire de 250 000 $.
La Chaire de recherche Cowboys Fringants – UQO, est maintenant à la recherche de la première personne qui pourra bénéficier de son soutien financier. Un concours ouvrira le 5 novembre à l’issue duquel 50 000 $ seront accordés sur deux ans à un chercheur ou une chercheuse. Les candidatures sont ouvertes aux francophones et francophiles du monde entier.
Pour Jérôme Dupras, cette ouverture internationale permettra au Québec de projeter sa science, sa lumière, ses valeurs sur le monde, mais aussi être récepteur des meilleurs talents, des meilleures idées
.
Le nom du premier récipiendaire du soutien de la Chaire des Cowboys Fringuants sera annoncé en mars, en marge de la Journée internationale de la Francophonie.
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