«Hack ’n’ Stack»: quand le concept survend l’exécution
Qu’est-ce qu’on obtient en fusionnant un jeu de tours de défense avec une jouabilité basée sur une physique voulue chaotique, le tout imbriqué dans un moule de jeu vidéo social à la Mario Party ou Overcooked (2016) ? Une proposition originale et intrigante signée Dodo Tako, la filiale axée sur le multijoueur du studio québécois Triple Boris, fait certainement partie de la réponse, mais le résultat de cette fusion improbable s’avère un jeu largement inégal et brouillon qui ne parvient pas à briller.
Hack ’n’ Stack, de son nom, ressemble finalement au phénomène voulant que le mélange de bons ingrédients ne soit pas la meilleure manière de les déguster. Et c’est malheureusement l’aspect social du titre qui se retrouve le plus largement sacrifié.
La comparaison avec d’autres jeux du genre s’impose, comme Ultimate Chicken Horse (2016) ou même Where is Billy? (2024), lui-même de Dodo Tako. Or, la majorité des comparables sont au premier abord on ne peut plus simples, ce qui permet à pratiquement n’importe qui de comprendre le but du jeu et ses contrôles en un instant.
Tout le contraire de Hack ’n’ Stack, qui s’ouvre sur un premier niveau où pratiquement l’entièreté des mécaniques doivent être mises à profit. Parmi celles-ci, il faut notamment récolter des ressources pour construire des tourelles et autres murs de protection afin de défendre son générateur contre une armée de monstres mauves globuleux.
Vient ensuite la tâche de placer ses objets sur la carte à l’aide d’une manipulation sur tous les axes qu’offrent les trois dimensions. Une horloge stricte annonçant l’arrivée d’une nouvelle vague d’ennemis, la minutie qu’il faut exercer pour construire les structures nécessaires à sa survie et à l’obtention de points s’avère plus frustrante qu’autre chose.
Chaos en trop
Avec des joueurs moins expérimentés, qui sont souvent plus enclins à jouer à des jeux sociaux, l’expérience est plus négativement teintée, comme Hack ’n’ Stack demande qu’on jongle avec beaucoup de choses en laissant très peu de temps d’adaptation.
Le chaos a beau être un ingrédient typiquement associé au genre des jeux sociaux, il faut savoir le doser. Parvenir à finir un niveau juste à temps avec une structure constituée d’un amas de roche ou de bois s’avère indéniablement plaisant et rigolo, mais demande une trop grande courbe d’apprentissage.
Si le jeu à plusieurs est la manière voulue de jouer à Hack ’n’ Stack, il est aussi possible de tenter d’affronter les niveaux en solo. « Tenter », car la difficulté ne s’adapte que minimalement au nombre de joueurs présents. Le temps requis pour parcourir la moitié de la carte afin d’aller chercher une ressource nécessaire pendant que deux murs différents sont pris d’assaut par la vague ennemie n’est notamment pas pris en compte.
Une expérience plus simple d’approche et ne tentant pas de faire plusieurs choses à la fois aurait été la bienvenue. Ceux qui s’accrocheront et prendront le temps de maîtriser Hack ’n’ Stack y trouveront certainement leur compte… mais convaincre trois autres personnes de persévérer pourrait être compliqué.
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