Vivre en immigré sous l’ère Trump : "On vit sous un régime répressif et terrifiant", alerte Dinaw Mengestu

Parlons d’abord de Samuel, le personnage de votre roman Quelqu’un comme nous. C’est un homme qui a travaillé, qui a rêvé, qui a tenté de se construire une vie. Qu’est-ce que sa trajectoire raconte de l’Amérique d’aujourd’hui ?
Dinaw Mengestu : Quand Samuel arrive en Amérique, il vient, comme la plupart des immigrés, avec l’espoir et le rêve d’améliorer sa vie, de repartir à zéro et de bâtir une version puissante, même si parfois inaccessible, du rêve américain. Mais presque aussitôt, il se heurte à la réalité. Une réalité faite des dérives racistes de la société américaine, mais aussi des défis et des angoisses inhérents à la condition d’immigré aux États-Unis.
Deux forces s’opposent ici : d’un côté, un homme qui rêve de perspectives formidables, dans un pays qui lui promet que c’est possible ; de l’autre, un système qui met tout en œuvre pour rendre l’accomplissement de ce rêve impossible.
Est-ce que le rêve américain n’est finalement pas destiné aux personnes immigrées ?
Dinaw Mengestu : L’accès à ce rêve évolue avec le temps. Quand j’ai commencé à écrire le personnage de Samuel, c’était sous le premier mandat de Donald Trump. On voyait déjà poindre le climat actuel : des politiques gouvernementales répressives et effrayantes envers les immigrés. L’accès au rêve américain n’est pas immuable, il varie selon les personnes au pouvoir. Il y a des époques où ce rêve semble plus accessible, et d’autres, comme aujourd’hui, où vivre en tant qu’immigré aux États-Unis signifie composer avec la peur face à un régime répressif.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.