BBC NewsWatch: Match of the DayESPN DeportesMbappé y Aubameyang marcan: así van los goleadores de LaLigaThe Jerusalem PostIRGC vows response after US struck two Iranian launchers preparing to fire at Strait of Hormuzוואלההוועדה המייעצת המליצה לאשר אבטחה של השב"כ לגדי איזנקוטESPNJacobs put on exempt list as Pack trade for RBRTP DesportoSurfista lusa Yolanda Hopkins nos `quartos` do Fiji Pro ao bater Gabriela BryanInquirerParts of NLEX, MacArthur Highway, Bulacan roads impassable due to floodsDaily MaverickAGE OF ACCOUNTABILITY: Zuma’s personal ‘Superspy’ Dlomo and the information peddlers who weaponised SSA’s secrecy against itselfFootball ItaliaJuventus make new Zirkzee bid for €30m, consider Newcastle United striker Plan BThe South AfricanDeon Fourie’s wife praises his humility after making historyMintUS strikes Iranian rocket launchers near Strait of Hormuz after month-long pause in attacks; Tehran warns of responseSeeking AlphaU.S. strikes Iranian launchers near Strait of Hormuz
The Daily Newsstand · Free, Always
Sunday, August 30, 2026

"Feu vert", fous rires et ballon rond : André Remy, touche-à-tout malicieux, est décédé

Translate

Dès sa plus tendre enfance, le jeune André Remy était du genre facétieux. Doté d’un sens de la mise en scène presque inné ! Lors de ses études secondaires au Collège Notre-Dame de Bellevue de Dinant (après avoir été renvoyé de deux autres établissements scolaires), l’ado s’était fait une spécialité dans l’art de la farce. Pétards explosant en salle d’études, physionomie d’une salle de classe évoluant selon l’acuité visuelle d’un professeur, on en passe et des meilleures…

J’ai toujours provoqué mes maîtres pour voir s’ils étaient crédibles

Une "arsouille", comme on dit en wallon, qui testait ses professeurs, s’amusant de leurs postures, un élève loin d’être modèle qui sera néanmoins pris de remords à l’égard de cibles qu’il avait légèrement chahutées (il présentera des excuses d’ailleurs par la suite) et qui saluera néanmoins les bienfaits d’une rigueur et d’un sérieux inculqués par l’institution.

À Dinant, par l’entremise du "Barbier de Séville", il découvre le théâtre, domaine qui va très vite l’attirer. "C’est là que j’ai senti que ça me faisait du bien, que je pouvais m’épanouir là-dedans" confiera-t-il à nos confrères de Matélé en 2016 (un reportage à l’occasion du 150e anniversaire de l’internat dinantais).

Indubitablement, j’ai fait un métier de parole, de représentation, de communication, ce n’est pas un hasard

Le trublion romaniste

En 1955, sa rhéto derrière lui, il fait face à des études universitaires à Louvain. Les romanes. Il en sort enseignant. Ce sera une période riche en rencontres, où il mènera déjà revue, chantera et fera des imitations, entouré de camarades tout aussi déjantés. Il croisera alors les pas d’un certain Jacques Brel, qui commençait alors à se faire connaître… "On a fait les premières parties de Brel avec mes copains d’unif se souviendra-t-il. C’est seulement après coup que je me suis rendu compte de la chance que j’avais eu de chanter en première partie de Brel et… de jouer au foot contre Pelé", lancera-t-il, les yeux espiègles, sur les antennes toujours de Matélé, qui couvrait le festival du rire de Rochefort, en 2015.

« Feu vert », programme culte

2006

Professeur au Collège Saint-Pierre d’Uccle, André Remy mène en parallèle une carrière d’animateur à la RTB (qui n’avait pas encore de "F" à l’époque). Nous sommes en 1966, et l’aventure Feu vert, une émission pour adolescents qu’il présente avec Jacques Careuil, démarre. Elle enchantera les mercredis après-midi de nombreux rejetons Belges francophones. Jacques Careuil – pour qui il avait, selon ses dires, "de la tendresse et de l’estime" – et André Remy, qui concoctait les jeux, ont donné, au fil du temps à cette séquence destinée aux 12-15 ans une aura qui traversera le temps.

© RTBF

Sorte d’Intervilles pour ados, mâtiné de chansons interprétées par les stars de l’époque – et qui ferait baver d’envie bien des directeurs de chaînes actuellement – comme Claude François, Polnareff ou Françoise Hardy, Feu Vert amassait derrière le petit écran une quantité phénoménale de fans (dont les princes Philippe et Laurent, qui, pour l’anecdote, confieront leur fidélité à Jacques Careuil en 1976). Notez que cette émission a aussi été la première télé d’un certain Julien Clerc et d’une certaine Maurane…

Un drame survenu dans l’enfance

André Remy était originaire du pays noir (de Gilly, pour être précis). Un bassin industriel qui, bien que s’établissant plus tard dans le Brabant-Wallon (Louvain-la-Neuve et Corroy-le-Grand), ne quittera jamais son cœur. " La région de Charleroi m’émeut " déclarera-t-il. L’enfant passe une prime enfance qu’on pourrait qualifier d’heureuse. 1944. Il se souviendra plus tard de la Libération. Une " fiesta " – comme il la qualifiait- où il montera sur les tanks et mangera du chocolat avec les Américains. Un an plus tard, en 1945, survint le drame. Sa maman décède brutalement. Il a neuf ans. " C’est le foot qui va me sauver ", dira-t-il. Il jouera notamment au club de Florennes, endroit où il emménagera (comme à Chimay) au rythme des mutations de son père, commissaire de police.

© RTBF

Ballon rond et petite lucarne

Retour à la fin des années 70. Toujours collaborateur pour la RTBF (qui a acquis son " F " en 1977), sa passion pour le football va lui permettre de mener, pour la Coupe d’Europe 80, des émissions en studio avant et après les rencontres. En 1986, c’est la Coupe du Monde et l’épopée belge au pays des sombreros. Le programme Mexigoal qu’il présente, va faire des étincelles, et marquer durablement les esprits.

C’est tout naturellement que quand Canal + arrive en Belgique francophone, trois ans plus tard, la chaîne cryptée (qui mise beaucoup sur le foot) propose au collaborateur de la RTBF de faire partie de l’aventure. André Remy quitte également alors le Collège Saint-Pierre d’Uccle car le défi qui l’attend est chronophage : il va diriger le service des sports de Canal. Et commenter les matchs. Le 17 août 1990, il sera acteur d’une première dans notre royaume : la diffusion, en direct, d’une rencontre de D1 belge. Un Charleroi-Waregem qu’il commentera sur Canal + avec son acolyte ex-joueur Jean-Paul Colonval (décédé en 2024). Le duo œuvrera sur antenne pendant seize ans. Dans le domaine du football, il travaillera avec son fils Jean-François.

Quand les Remy sont de la revue

Un autre fils Remy, c’est Baudouin (qui a aussi une sœur aînée). Et c’est sur le terrain de l’humour et de la fantaisie que ces deux-là vont se retrouver. En 1997-98, les deux joyeux drilles vont se retrouver sur les planches pour créer " Sois belge et tais-toi ". Les deux journalistes vont s’entendre à merveille, pendant plus de 20 ans, pour concocter cette revue, petit bijou d’humour, et qui rendra de nombreuses salles combles en fin de la fin de l’automne au début du printemps.

Remy père et fils en novembre 2011 © Belgaimage/ JULIEN WARNAND

Le monde politique y est croqué et égratigné allègrement. C’est moqueur, taquin, irrévérencieux parfois, mais jamais méchant. L’ancien enseignant tenait mordicus à ce point. Il aime rire, mais intelligemment : " Tant qu’il y a de l’esprit, que c’est finement dit, que ça a de la gueule, qu’on signifie aux gens qu’on fait ça pour s’amuser… Ce n’est pas comme quand on vient de lâcher une grosse vanne épouvantable pour choquer. Ce qui est drôle n’est jamais vulgaire. On peut se moquer mais il ne faut pas être méchant " expliquera-t-il pour expliquer l’humour qu’il appréciait.

Rire et dédramatiser. Un besoin impérieux qui poursuivra toute sa vie André Remy. " J’ai perdu ma maman très jeune et un petit garçon ne guérit jamais de la mort de sa maman. Jamais… Donc j’ai dû rire non pas pour exorciser, quand je ris, je n’oublie pas mais c’est un médicament positif " confiera-t-il dans une interview en 2018.

André Remy et Joel Riguelle (comédien et… ancien bourgmestre de Berchem-Sainte-Agathe) pour la 20e édition de "Sois belge…" en 2017. © Belgaimage/LAURIE DIEFFEMBACQ

Au sein du Collège Saint-Pierre, il avait déjà monté une petite troupe, et une revue, au début des années 80. Les spectacles, renouvelés chaque année, connaissaient déjà leur petit succès. Mais la naissance de " Sois belge et tais toi " quinze ans plus tard, avec la venue de son fils Baudouin, marquera un tournant. Le spectacle deviendra une référence, poussant les amateurs de satire politique et de bons mots à prendre les salles de la francophonie d’assaut chaque année. Ça danse, ça chante, ça se déguise, ça rit de ce monde politique parfois fou dans ce pays toujours surréaliste.

Et, phénomène étonnant, les cibles de se presser au spectacle chaque année pour voir si elles ont bien été caricaturées, et surtout, si elles font bien partie du show (signe de notoriété, quand même… ).

L’autodérision, c’est la seule manière de s’accepter tel que nous sommes

André et Baudouin coécrivent sketchs et chansons, et s’amusent avec les autres membres de la troupe. André Remy avait une fibre de chansonnier : " Je dois déjà en avoir fait 700 ou 800, plus qu’on en utilise ! " expliquait-il au magazine. " Pour que ce ne soit pas plat, que les gens comprennent tout de suite l’intention, c’est un boulot, hein ! "

Showman

Et sur scène, le visage espiègle et rempli de malice, André Remy de se régaler à pasticher des personnages truculents. Le roi Albert II, casquette vissée sur la tête, un professoral Francis Delpéree, un désopilant Jean-Paul II, un Michel Daerden… très Michel Daerden… Bref, et les salles, partout où la troupe se produisait, de rire et de s’amuser gaiement avec toute la troupe pendant près de 3 heures. " Monter sur scène, c’est un peu comme faire du sport. Il y a un petit côté compétitif " confiait-il à La Libre en 2014. Ecrivant, répétant ou jouant entre 10 et 12 heures par jour pendant une partie de l’année, André Remy était dévoué corps et âme à sa passion, faire le clown tout en apprenant et élevant le public. Tout en créant des ponts entre les gens et les communautés (le spectacle sera joué d’ailleurs à diverses occasions en Flandre). " Ce qui m’énerve, ce sont les résidus de l’extrémisme. C’est le repli sur soi-même que l’on voit dans tous les pays du monde " disait-il dans les colonnes du Soir.

© Belgaimage

Le covid et cette saison 2020 plus que difficile marqueront la fin de " Sois belge… " tel qu’il était dans les années 2000 et 2010. André Remy se mettra par la suite en retrait de la scène, soutenant néanmoins toujours Baudouin avec entrain dans ses projets. Touche-à-tout, curieux de tout, la langue bien pendue et l’œil toujours vif, pétillant et malicieux, André Remy s’en est allé. Son intelligence, sa curiosité et sa vis comica resteront gravées dans la mémoire de nombreux Belges. Chapeau, l’artiste.

View the original on RTBF Info

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.