Madagascar: des biofertilisants pour remplacer les engrais chimiques de l’Itasy [2/2]

Aux portes d’Antananarivo, à Madagascar, la région de l’Itasy abrite de nombreuses exploitations maraîchères familiales. Alors que la croissance démographique impose d’augmenter la production agricole, les sols souffrent de l’érosion et sont appauvris à long terme par l’utilisation d’engrais chimiques. Mais depuis près de dix ans, des milliers de paysans ont adopté un biofertilisant liquide dans leurs pratiques agricoles, ce qui a permis d’améliorer les rendements tout en préservant l’environnement.
De notre envoyé spécial de retour d'Itasy,
De l’ambiaty et du tanamasoandro sont disposés sur le sol en terre battue devant la maison de Fabienne Razafindraibe. « Ce sont des plantes bénéfiques pour la terre et elles poussent un peu partout aux alentours », explique-t-elle. Après avoir haché ces végétaux, l’agricultrice les verse dans un bassin rempli d’eau avec du fumier de zébu ramassé dans la localité.
« Le bassin doit avoir la meilleure exposition au soleil possible. On mélange tous les quatre jours et le biofertilisant est prêt au bout de 28 jours. On le sait car le liquide est vert et homogène et il ne s’en dégage plus de fortes odeurs », détaille l’agricultrice. À ce mélange, d’autres plantes aux facultés répulsives, comme la consoude ou le tephrosia, peuvent être ajoutées pour lutter contre les nuisibles.
La technique a été enseignée par l’ONG Agrisud à un réseau de 350 maîtres exploitants, des agriculteurs référents chargés de transmettre ensuite cette pratique innovante aux communautés paysannes locales. Environ 15 000 producteurs utilisent désormais le biofertilisant liquide dans la région de l’Itasy, explique Fetison Ramaly Andriamahitsy, chef de projet dans le cadre du programme Agriter : « La production des biofertilisants liquides est accessible à tous les producteurs parce qu’on n’a pas besoin de matériel sophistiqué. Les producteurs peuvent même utiliser des bidons jaunes comme récipients », souligne-t-il. Cette technique permet l’amélioration de la productivité avec une augmentation de 20 % des rendements, assure Fetison Ramaly Andriamahitsy.
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Amélioration des revenus, diversification des activités
L’usage des engrais chimiques ou des pesticides chimiques, nocifs pour la santé, rendait l’air irrespirable, se souvient Jean-Patrick Ramanandraibe. Les biofertilisants liquides, que ce paysan utilise désormais, sont particulièrement efficaces pour la culture d’haricots verts. Sur un terrain de 100 m² , il en récolte 250 à 300 kilos, contre 150 kilos auparavant.
« La terre produit plus, donc je gagne plus, étant donné que la majeure partie de la récolte est destinée à la vente. Je peux désormais nourrir correctement mes porcs et mes volailles, alors que ce n’était pas le cas auparavant. Les revenus supplémentaires m’ont permis d’investir pour améliorer mon activité d’élevage », témoigne-t-il.
Une diversification des activités économiques également bienvenue à l’heure où la croissance démographique réduit la taille moyenne des parcelles agricoles léguées par les parents à leurs enfants. L’Institut national de la statistique anticipe un doublement de la population malgache à l’horizon 2050.
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