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Monday, November 2, 2026

Adam Cohen fait revivre son père sur scène

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Adam Cohen voue à son père une vénération presque mystique. Dix après le décès de Leonard Cohen, il relève le défi de se glisser dans ses chansons, accompagné de son propre fils de 19 ans, Cassius, à la basse. « J’adore mon père. J’ai toujours adoré mon père, même avant de comprendre qui il était », dit-il en entrevue, avouant être dévoré par le trac alors qu’il répète assidûment les plus célèbres chansons de Leonard Cohen, pour le spectacle hommage Everybody Knows Leonard Cohen, qui prend l’affiche cette semaine à Québec, puis à Montréal.

Se glisser dans les chansons de Leonard Cohen, pour Adam, c’est revivre avec son père le poids de chaque mot choisi, de chaque accord. On sait que le poète et icône de la chanson polissait chacune de ses chansons, parfois même durant des années. Faire cette démarche, pour Adam Cohen, c’est une façon de plus de vivre son deuil.

« Ce que les gens ne disent pas, c’est que le deuil est en fait la façon de sentir la personne qu’on a perdue, de vraiment être dans une danse émotionnelle avec cette personne, dit Adam Cohen. Retrouver les chansons de mon père, c’est une façon d’être avec lui. Non seulement avec ses chansons, mais dans une communion avec lui. »

Il associe l’expérience à une sorte d’incantation, quelque chose de « presque religieux ».

À Montréal, en plus de son fils, Adam Cohen sera accompagné de Leif Vollebekk, ainsi que de Martha et Rufus Wainwright, ce dernier étant le père de Viva Katherine Wainwright Cohen, petite-fille de Leonard Cohen. On ne sait pas encore qui sera sur scène avec lui à Québec.

Il y aura des projections, des photographies, Adam ayant plongé dans sa vie familiale pour monter ce spectacle. Leonard Cohen, le père, moins connu que Leonard Cohen, le chanteur, devrait émerger de tout cela. Mais plusieurs éléments du spectacle restent encore secrets.

Hallelujah

Adam Cohen a déjà dit qu’il hésitait à chanter la célèbre chanson Hallelujah, composée par son père. « Ça n’est pas que je ne voulais pas la chanter, c’est que je cherchais une voix extraordinaire. Et je l’ai trouvée. Je ne vais pas tout dévoiler, mais je pense avoir trouvé quelqu’un pour chanter Hallelujah. »

Adam Cohen partage avec son célèbre père une voix très grave. Leonard Cohen se faisait d’ailleurs souvent accompagner d’un chœur de femmes, pour faire contraste à sa voix.

« Il y a toujours eu cette signature, cet accompagnement de voix féminines parce que lui avait la voix grave. Et c’est une des choses à laquelle on va être très fidèles. On a deux chanteuses avec des voix divines qui m’accompagnent et elles ressuscitent cet aspect de la musique », dit-il.

Adam Cohen l’admet. L’expérience l’intimide. C’est la première fois qu’il monte sur scène pour enchaîner une douzaine de chansons de son père. Et ça fait longtemps qu’il n’a pas fait de scène tout court. « Je suis en plein milieu de quelque chose d’intimidant et d’émotif, et ça génère un peu d’anxiété. » Pour lui, ça aurait été « une honte » de ne pas faire une célébration pour les dix ans de la mort de Leonard Cohen, lui qui se présente comme « un ambassadeur » de l’œuvre de son père.

Les chansons, il les a choisies parmi les plus populaires de Leonard Cohen. Celles que son public va vouloir entendre encore et encore. Le titre du spectacle n’évoque pas seulement le titre d’une chanson de Cohen, c’est aussi une façon de reconnaître son héritage. « Les gens qui seront au spectacle, c’est parce que justement, ils connaissent Leonard Cohen. Et moi, je connais Leonard Cohen. On connaît tous Leonard Cohen à notre façon. On a tous une trame sonore quelque part qui nous a accompagnés, une chanson qui nous a marqués. » Everybody knows…

Il croit que son père aurait apprécié ce spectacle. « Et c’est justement ça qui m’intéresse. Il me disait souvent qu’il espérait que ses chansons restent en vie », dit-il.

L’âme de Leonard Cohen ne devrait donc pas être très loin de la scène, autour d’Adam et de Cassius. « Nous serons trois générations, dit-il. C’est incroyablement touchant et c’est vraiment comme une résurrection. » Pour ceux qui y croient.

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