La voiture pour les ménages : un choix ou une nécessité ?

Selon la Ligue des familles, la voiture reste le plus souvent une nécessité pour les ménages avec enfants. "Avec des enfants, on a des déplacements qui sont multipliés. Il faut conduire les enfants à l’école, à la crèche avant de se rendre à son travail. Il y a aussi toutes les activités de loisirs " explique Alexandra Woelfle, chargée d’études à la Ligue des Familles. "Entre votre enfant qui fait du football et un autre qui va l’académie de musique, vous pouvez avoir une demi-heure de battement entre la fin d’un entraînement et le début du cours de musique… Et puis quand les enfants sont jeunes, on se balade avec beaucoup d’affaires : sac de sport, cartable… " reprend-elle. Et dans ce cas-là, la voiture reste souvent la solution de facilité, du moins, jusqu’à ce que les enfants atteignent un certain âge et deviennent autonomes.
Et la dépendance à la voiture se fait d’autant plus forte que l’offre en transports en commun est faible. Si celle-ci est insuffisante ou si les trajets en train, tram, bus mettent plus de temps pour faire un trajet, les usagers se retourneront plus facilement vers la voiture.
De son côté, la fédération du secteur automobile et de la mobilité Traxio, souligne l’influence de l’âge et de la période de vie. Beaucoup de jeunes se passent désormais d’une voiture relève Filip Rylant, le porte-parole : " ils sont moins nombreux à passer leur permis de conduire à l’âge de 18 ans… Ils le font souvent plus tard, parfois à la naissance de leur premier enfant ". Lorsque la voiture leur paraît incontournable.
Si les alternatives à la voiture sont bien présentes, elles ne sont pas toujours optimales. Nos interlocuteurs nous ont tout d’abord rappelé l’importance de renforcer l’offre de transports en commun. S’il est bien évidemment impossible de proposer une offre de transport public équivalente dans toutes les régions et dans tous les villages de Wallonie, on pourrait encore sensiblement l’améliorer.
Depuis de nombreuses années, la Ligue de Familles plaide aussi pour un renforcement de l’accessibilité. "Quand vous devez monter dans un bus ou dans un tram avec une poussette, ce n’est pas toujours évident" indique Alexandra Woelfle, qui estime cela peut décourager certains parents d’utiliser les transports en commun.
La pratique du vélo pourrait également être encouragée et cela passe aussi par une amélioration et une densification du réseau de pistes cyclables en Wallonie.
Si la voiture partagée est une option intéressante, son utilisation reste globalement marginale. Un problème qui a persisté longtemps : l’absence de sièges bébé à bord des véhicules. Selon la Ligue des familles, beaucoup de familles n’utilisaient pas ces voitures partagées "parce qu’à chaque fois, il fallait installer le siège enfant, le retirer, et en même temps surveiller son enfant… " Pas simple ! Notons qu’il y a un an, l’opérateur Cambio a équipé ses véhicules de tels sièges à Bruxelles, mais ce n’est pas le cas partout et pour tous les opérateurs.
Parmi les alternatives aussi, les vélos partagés. Là, à nouveau, la Ligue des familles regrette qu’aucune flotte de vélos partagés ne propose des sièges bébés intégrés.
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