Namur : du pari risqué au rendez-vous "techno" bien installé, le KIKK Festival a bien grandi en 15 ans

Le KIKK s'est aujourd'hui imposé dans l'agenda culturel. Il y a quinze ans, le pari était pourtant risqué, rappelle Gilles Bazelaire, le fondateur et directeur du KIKK.
"Au départ, ce n’est pas facile d’amener de l’art numérique. Ce n’est pas un art fort exposé. Malgré tout, on constate que les gens reviennent, de Namur ou de beaucoup plus loin. On se surprend à entendre parler toutes les langues dans les travées du KIKK et c’est très agréable."
Un succès et une ouverture au monde que les organisateurs étaient loin d’imaginer. "Surtout qu’au début, lorsqu’on a lancé le KIKK, c’était vraiment un festival uniquement dédié aux professionnels. Cela ne fait que quelques années maintenant qu’on a ouvert au grand public. Et au final, ce grand écart est vraiment intéressant. D’autant que cela fait partie de nos missions, dans ce projet, d’amener le plus de monde possible à s’intéresser à ces nouvelles technologies. Même si ce n’est pas toujours facile de le faire dans des villes comme les nôtres."
Le jeu et la capacité de surprendre sont l'une des clés pour amener le grand public à s'intéresser de plus près au monde de l'art numérique. © RTBF
Une des ficelles des organisateurs ? Le jeu. Exemples : cette sculpture de ballons argentés qui s'est balancée au gré du vent tout ce week-end sur la Place d'Armes, mais aussi d'autres œuvres encore, ludiques ou surprenantes, disséminées dans le centre de Namur. "On se rend compte que les gens apprécient naturellement d’être surpris par les installations du KIKK. Et l’énorme majorité de celles-ci sont au final très accessibles."
Confiant et serein pour la suite
Au bout de 15 ans, son fondateur et directeur Gilles Bazelaire a décidé de céder le flambeau pour les prochaines éditions du festival. Un départ qu'il dit vivre sereinement.
"Je suis hyper serein et j’ai pris beaucoup de plaisir ! Je suis d’ailleurs très ému de ce projet, de voir les gens, les jeunes, déambuler ici et découvrir les œuvres. Parallèlement, je suis vraiment confiant pour la suite. C’est un projet évolutif et c’est bien qu’il ne soit pas attaché à une seule personne, qu’il continue à grandir. 15 ans, c’est beaucoup et peu à la fois ; surtout dans le monde des technos."
Après 15 ans, Gilles Bazelaire a décidé de passer la main: "Cela doit rester un projet évolutif." © RTBF
Quant aux prochaines éditions, justement, Gilles Bazelaire y porte un regard enthousiaste : "Sur notre public professionnel, je pense que l’on n’a plus rien à prouver. Il est là, on a 3000 personnes qui reviennent chaque année. L’enjeu, c’est le grand public. Il faut constamment le convaincre de revenir. De plus, on doit garder notre travail d’éducation par rapport à ces nouveaux médias, ces nouveaux métiers. C’est tout l’enjeu et le travail de notre ASBL, et que l’on doit absolument garder."
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