Vingt millions d'euros pour restaurer les Hautes Fagnes : ce qui est prévu

Sur place, le constat reste lourd : des souches d’arbres et un sol carbonisé. Mais il y a aussi des signes d’espoir. A certains endroits, la nature commence à reprendre ses droits, avec de la mousse et de la sphaigne qui repoussent. Une bonne nouvelle, car c’est elle qui permet de produire la tourbe, essentielle à la biodiversité des Hautes Fagnes.
Mais des espèces invasives reviennent aussi. Le travail consistera donc à accompagner et à restaurer cette nature. Il faudra aussi s’occuper des voies et chemins abîmés, ainsi que des caillebotis bien connus des touristes.
Autre grand défi : tenir compte du risque d’incendie à l’avenir, notamment en matière d’accès à la zone, qui a été l’une des principales difficultés pour les pompiers sur le terrain.
Des voies d'accès et coupe-feu à l'étude
Marc Herman, inspecteur général au Service Public de Wallonie, explique pourquoi cette zone n’était pas desservie jusqu’ici : "On parle de milieux tout à fait particuliers, comme les tourbières, qui ont l’intérêt d’être des milieux naturels d’un seul tenant. C’était exceptionnel. Dans un esprit de maintien de cet écosystème dans son ensemble, on n’avait pas tracé de routes ou de chemins d’accès à travers tout ça."
Les choses pourraient toutefois évoluer en périphérie : "Dans les zones périphériques qui seront restaurées, plantées ou remises en milieu ouvert, c’est l’occasion d’intégrer dans la réflexion quelques voies d’accès. Ça peut être des coupe-feu renforcés, tout en veillant à soutenir une biodiversité très diversifiée."
Un budget de 20 millions sur quatre ans
La Région wallonne a annoncé un budget de 20 millions d’euros sur quatre ans. Il doit permettre de restaurer les zones touchées, de renforcer la prévention et de soutenir le tourisme, qui a souffert, et souffre toujours, d’un incendie sans précédent dans la région.
Anne-Catherine Dalcq, ministre wallonne de la Forêt et de la Nature, détaille la répartition : "Il y a 3 millions d’euros par an pour la restauration, 1,5 million d’euros par an pour la prévention incendie en milieu naturel et en forêt, et ce, à l’échelle de toute la Région wallonne, et 500.000 euros par an pour le tourisme."
La ministre insiste sur l’importance de restaurer le site : "Les Fagnes tiennent à cœur de tous les Wallons. C’est un milieu magnifique d’un point de vue biodiversité, qui est incroyable. Elles jouent aussi un rôle de prévention des inondations dans cette région. Il faut donc les restaurer, il faut que l’on retrouve notre beau patrimoine que l’on connaît depuis toujours."
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