Mouvement d'élèves à Liège : six arrestations, retour au calme depuis 13 heures

A proximité de l'Institut, des dégradations ont été constatées et des trottinettes ont été incendiées. En rue, c'est le chaos, comme l'explique une élève. "Des gens sont en train de tout casser, de prendre des panneaux, de les jeter dans le feu, d'allumer des trottinettes avec du feu et il y a tout qui est en train d'exploser. Ça a pris une ampleur énorme parce que de base c'était juste une grève devant l'école avec des panneaux."
"On est en train de manifester contre Glatigny parce qu'elle a enlevé 2 heures aux profs et on a perdu beaucoup de profs" poursuit une autre élève. Pourquoi cette violence ? "Pour montrer à Glatigny et à tout le monde notre colère."
Devant cette violence et ces scènes brutales, le patron d'une pizzeria voisine est furieux. "Ils foutent le bordel et nous empêchent de travailler. Et ça, ça ne me va pas. J'attends les pompiers pour qu'ils coupent le feu. C'est une journée de perdue".
Des jets de projectiles et de nombreuses dégradations
Une porte vitrée a été brisée à coups de barre de fer au Collège Saint-Barthélemy. Plus tôt dans la journée, les forces de l'ordre ont fait état de jets de projectiles (pétards, œufs, pommes, barrières) devant certains établissements scolaires, ainsi que de nombreuses dégradations.
Dans un communiqué, la police signale également que des panneaux de signalisation et du mobilier urbain ont été arrachés, quelques véhicules ont été endommagés. Le carrefour Express de la rue Saint-Léonard a été vandalisé. Place Saint-Lambert, certains magasins ont préféré fermer sur le temps de midi.
En région liégeoise, d'autres écoles sont concernées par ces perturbations, à Visé par exemple et à l'Athénée Royal de Fragnée. "Des élèves se sont rassemblés pour finir par bloquer l'entrée des collègues et des élèves" explique Fabian Detaille, le directeur. "Les cours sont perturbés. Maintenant je sais que les collègues sont présents dans leur classe et ils sont là pour attendre les élèves." Pour des raisons de sécurité, la direction a demandé aux élèves de rester à l'intérieur de l'école.
Parmi les autres établissements touchés par le mouvement de contestation des élèves figurent l'Athénée Royal de Montegnée, l'Institut Maria Goretti, l'école Saint-Laurent, l'école du Saint-Sépulcre, ainsi que les Athénées d'Esneux, d'Angleur et de Soumagne. Dans certains de ces établissements, les élèves sont toutefois rapidement rentrés. Dans les autres, des piquets ont été mis en place pour empêcher élèves et professeurs d'entrer.
La police locale de Liège a suivi la situation de près, tout comme le bourgmestre Willy Demeyer, responsable de la sécurité sur son territoire.
Trois arrestations judiciaires et trois arrestations administratives
La rue Hors-Château, fermée durant les incidents, a été rouverte à la circulation à 14 heures, après nettoyage par les services de la Ville des dégâts causés par le feu. Depuis 13 heures, plus aucun incident n'est signalé. La police indique qu'elle a procédé à trois arrestations judiciaires et trois arrestations administratives.
Les enquêtes sont en cours.
Ce que réclament les élèves
Les élèves mobilisés avancent quatre revendications principales : des classes moins nombreuses et des professeurs en suffisance, une véritable écoute des élèves et des parents, une école accessible à tous et des décisions qui "construisent l'avenir, pas qui le détruisent".
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