Les médiateurs continuent de travailler avec l’Iran et les États-Unis sur un accord
Trois responsables ont déclaré à l’Associated Press (AP) que les médiateurs continuaient de travailler avec l’Iran et les États-Unis sur un accord visant à mettre fin aux combats et à rouvrir le détroit d’Ormuz, les pourparlers indirects devant reprendre lundi.
Ces informations ont été révélées alors que la guerre entre dans son huitième mois, après avoir provoqué de graves difficultés économiques généralisées. De multiples tentatives visant à garantir la sécurité de la navigation sur l’une des voies navigables les plus cruciales au monde ont échoué.
L’incertitude régnait en fin de semaine, après que le président Donald Trump a annoncé aux journalistes qu’il avait rejeté la dernière proposition de Téhéran visant à rouvrir le détroit dans une semaine si les États-Unis levaient leur blocus sur les ports iraniens, débloquaient les avoirs iraniens gelés et renonçaient aux sanctions sur les ventes de pétrole iranien, entre autres conditions.
Le ministre iranien des Affaires étrangères est toutefois resté à New York et a déclaré qu’il attendait des nouvelles des médiateurs qataris.
Ouverture du détroit et levée du blocus américain
Deux des responsables qui se sont entretenus avec l’AP lundi ont confirmé que les médiateurs travaillaient avec les deux parties sur une proposition qui inclurait la réouverture du détroit et la levée du blocus américain, puis la suppression des sanctions.
Selon le projet de texte en cours de discussion, le détroit serait rouvert conformément à un accord distinct que l’Iran négocie avec Oman, de l’autre côté du détroit, et ne comporterait aucun péage – ce que Téhéran a toujours réclamé. Cet accord vise à gérer temporairement le trafic maritime sur ce qui était considéré comme une voie navigable internationale avant la guerre.
Les deux responsables ont également indiqué que, malgré les déclarations publiques de Donald Trump, les États-Unis n’ont pas officiellement rejeté la proposition actuelle, ce qui laisse penser que ses propos pourraient n’avoir été qu’une tactique de négociation.
Le troisième responsable a laissé entendre que les États-Unis cherchaient à obtenir des concessions de la part de l’Iran concernant son programme nucléaire, notamment l’autorisation pour les inspecteurs d’entrer sur le territoire. En vertu du protocole d’accord signé en juin par les deux parties, qui a échoué en l’espace de quelques jours, le programme nucléaire iranien devait faire l’objet de discussions pendant une période de 60 jours.
Les trois responsables se sont exprimés sous couvert d’anonymat afin de pouvoir évoquer les négociations diplomatiques en coulisses.
Un responsable a fait état de signaux positifs émanant des deux parties. Un deuxième a signalé de « légers progrès » au cours de la fin de semaine. Le troisième a indiqué que les médiateurs s’efforçaient toujours d’« assouplir » les positions des deux parties.
La Maison-Blanche n’a pas répondu à une demande de commentaire dans l’immédiat.
L’Iran cherche à accélérer le calendrier
Si la dernière offre de l’Iran correspond à l’accord de juin, une distinction majeure est la rapidité du calendrier proposé.
Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a affirmé lors d’une réunion à huis clos en marge de l’Assemblée générale des Nations unies la semaine dernière, que Téhéran avait présenté cet accord comme étant avantageux pour Donald Trump en vue des élections de mi-mandat. M. Araghchi a ensuite indiqué aux journalistes que « le délai de sept jours commencera dès que les États-Unis auront accepté ce plan ».
Les États-Unis et l’Iran sont tous deux en difficulté économique : les États-Unis en raison des prix élevés du pétrole, puisque l’Iran attaque des navires dans le détroit, et Téhéran en raison du blocus naval et d’un nombre croissant de sanctions américaines qui entravent ses ventes de pétrole. Le Brent, référence internationale, dépasse les 108 $ US.
Depuis des mois, les deux parties se livrent à un bras de fer. Les pays de la région subissent des attaques de missiles et de drones, Téhéran affirmant viser les installations militaires américaines dans la région.
Témoignant de l’impatience de l’Iran, une rare déclaration attribuée lundi au Guide suprême de la théocratie, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a souligné les « coups douloureux » que les forces ennemies ont subis près du détroit.
Le dernier accord proposé vise à nouveau à mettre fin aux combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais un nouveau front est apparu ces dernières semaines, les rebelles soutenus par l’Iran au Yémen se trouvant désormais postés sur une autre voie navigable cruciale, le détroit de Bab el-Mandeb, à l’entrée sud de la mer Rouge. Cela a exercé une pression supplémentaire sur les marchés mondiaux.
L’Iran fait valoir que les Houthis ont leurs propres revendications et que leur conflit avec l’Arabie saoudite voisine est distinct de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, mais des responsables iraniens se sont dits prêts à contribuer à la recherche d’un règlement entre les Houthis et les Saoudiens, a affirmé l’un d’entre eux.
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