La Belgique a-t-elle deux Premiers ministres ? Ce que le duel De Wever-Bouchez nous dit de la particratie

Pour Bertrand Henne, l’évolution institutionnelle belge joue un rôle dans la dynamique de Premier ministre de l’ombre, mais les pratiques internes aux formations politiques semblent aussi importantes : "Le fait qu’on émiette un peu les compétences renforce le rôle un peu de coordinateurs qu’a un président de parti, surtout quand son parti est à différents niveaux de pouvoir".
Mais certaines formations politiques sont plus verticales que d’autres. C’est le cas de la N-VA et en particulier du MR. Selon l’éditorialiste de La Première, la N-VA semble quand même opérer des jeux plus collectifs, avec différents courants. C’est moins le cas au sein du Mouvement réformateur : "Georges-Louis Bouchez a imposé, […] une culture du pouvoir personnel au sein du parti, (qui) s’est renforcée ces derniers temps. Et la crise que nous vivons aujourd’hui, c’est aussi peut-être la crise de cette culture politique hyper personnalisée qu’il porte".
Cette centralisation se manifesterait notamment dans les rapports entre le Montois et ses ministres. "Ce que me disent eux-mêmes les ministres libéraux, c’est que quand il n’intervient pas, généralement, ils arrivent à trouver des accords", glisse à ce sujet Bertrand Henne.
La montée en puissance des présidents de parti est donc devenue un élément majeur du système politique belge, le pouvoir se déplaçant progressivement des institutions vers leur chef... mais avec certaines limites à ce modèle de gouvernance.
► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast des Clés.
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