L’âge légal de la pension à 66 ans en Belgique, vraiment ? Voici quand les Belges quittent réellement le marché du travail

La pension. Tout le monde y pense un jour, beaucoup en rêvent… mais force est de constater que de nombreuses personnes sont déçues lorsqu’elles regardent l’état de leur compte en banque une fois retraitées. C’est en tout cas ce qui ressort du premier Baromètre de la Pension de Belfius, dévoilé il y a quelques jours. On y apprend que, pour 53 % des sondés, le montant de la pension légale ne suffit pas.
Pourtant, les attentes sont souvent réjouissantes en matière de pension. Contrairement aux idées reçues, la pension n’est pas forcément synonyme d’inquiétude, selon le baromètre de Belfius. Trois Belges sur quatre (72 %) considèrent même la retraite comme une belle nouvelle étape de la vie, alors que huit retraités sur dix affirment la vivre positivement. Une perception étonnamment optimiste à l’heure où les réformes des pensions, le vieillissement de la population et les questions de pouvoir d’achat occupent régulièrement le devant de la scène.
Deux règles d’or
Une chose est certaine : pour bien vivre cette période, il est indispensable de la préparer. C’est l’avis partagé par Pierre Devolder, professeur spécialiste dans le domaine à l’Université catholique de Louvain. « Ce qui explique en partie le fait que les Belges ne soient pas inquiets, c’est parce qu’on a une brique dans le ventre », nous explique-t-il. En Belgique, 85 % des pensionnés n’ont plus de charge d’emprunt, et donc plus rien à payer : « Contrairement aux Pays-Bas, où les pensions sont plus élevées, mais moins de deux tiers des pensionnés seulement sont propriétaires ».
Être propriétaire est donc l’une des deux règles d’or données par notre interlocuteur pour préparer au mieux sa retraite et éviter les mauvaises surprises. Le deuxième ? Des paiements réguliers tout au long de sa vie : « Ça ne sert à rien de mettre 5.000 euros sur un compte à 40 ans et puis plus rien. Il faut mettre un petit peu de côté chaque mois sur le long terme ».
D’autant plus que le bureau du plan prévoit des pensions au minimum 10 % moins élevées d’ici 20 ans, suite aux mesures du gouvernement Arizona. Il est donc indispensable de penser au fameux « deuxième » et « troisième » piliers des pensions. Le premier étant la pension légale octroyée par l’Etat, il faut – pour faire court – désormais penser à mettre soi-même de l’argent de côté, ou via son employeur. Car les pensions sont de moins en moins élevées et l’espérance de vie est de plus en plus longue. Il y a donc plus d’années à « combler » avec l’argent touché au moment de sa retraite. « C’est ce qu’on appelle la décumulation. C’est votre épargne pension, votre assurance groupe… Reste ensuite à savoir ce qu’on fait de cet argent », conclut Pierre Devolder.
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