InquirerZamboanga del Sur launches tourism website, tourist policeCNN TürkAnTuTu'da rekor kırdıESPNJJ Gabriel and the 'nightmare' battle for Premier League academy talentThe Jerusalem PostIran is renewing progress on its nuclear program, Netanyahu tells UAE President MBZ - reportBollywood HungamaEXCLUSIVE: CBFC orders 45-50 cuts for Dhurandhar The Revenge’s TV Premiere; U/A 16+ version is 10 minutes shorterDaily MaverickPOLITICALLY AWEH: Inside the Gathering 2026 — South Africa’s cities crisis collides with chaotic election preparationPunchKebbi warns civil servants against lateness, absenteeismUOLAdvogado morre após quadra de tênis desabar durante temporal no ParanáThe RegisterUK rail cops' £320K face-scanning spree nets zero matchesThe Straits TimesCommunity initiative in Yishun encourages artists, public to showcase creative works at 8 bus stopsالنهاروفاة زوجة المنتج صادق الصباح.. تفاصيل الدفن والعزاء3DNewsAnthropic признала опасную зависимость от Amazon и Google — они одновременно являются её покупателями, продавцами и конкурентами
The Daily Newsstand · Free, Always
Wednesday, September 30, 2026

Où est cette personne immigrante dont tu me parles?

Translate

La semaine dernière, je suis retournée à Saguenay, sur les traces d’une vingtaine de candidats issus de l’immigration que j’avais accompagnés vers un emploi quelques mois plus tôt, dans le cadre du projet En route vers ma région, propulsé par INICI.

Je les ai retrouvés sur leur lieu de travail, dans des entreprises qui avaient besoin d’eux. Certains de jour, d’autres de nuit, selon des horaires bien loin du traditionnel 9 à 5. Je les ai vus travailler, apprendre, se franciser, s’adapter et trouver leur place.

J’ai vu des collègues. Des travailleurs. Des voisins. Des parents. Des êtres humains. Des bientôt Saguenéens. Des Québécois en devenir.

Mais je n’ai pas vu cette « personne immigrante » dont tu me parles si souvent.

Tu sais, cette personne que tu me présentes désormais comme un problème, surtout depuis le début de la campagne électorale. Celle que l’on comptabilise dans des statistiques. Celle que l’on oppose à « nous ». Celle à qui l’on attribue parfois la responsabilité de problèmes aussi complexes que le logement, les services publics, la francisation ou la capacité d’accueil de nos collectivités et infrastructures.

Je ne l’ai pas rencontrée à Saguenay. Et je ne l’ai pas non plus rencontrée à Chibougamau, ni à Montmagny, ni à Rivière-du-Loup , ni à Saint-Just-de-Bretenières, bref, dans toutes ces villes où l’autobus d’INICI s’est arrêté pour prêter main-forte aux économies de nos régions aux prises avec de graves pénuries de main-d’œuvre.

En revanche, j’ai rencontré des personnes. Et cette distinction n’est pas anodine.

Parce qu’à force de parler de l’immigration sans parler des personnes, nous finissons par construire une figure abstraite sur laquelle peuvent être projetées toutes nos inquiétudes et sur laquelle peuvent être déversées toutes nos frustrations. Et il y a quelque chose de profondément préoccupant dans cette façon de faire.

Certaines de ces personnes n’ont même pas le droit de vote. Elles ne peuvent donc pas répondre dans l’urne aux discours qui les concernent directement, alors qu’elles en subissent les conséquences, souvent en travaillant déjà dans des secteurs où les besoins de main-d’œuvre sont bien réels.

Elles ne sont pas à côté de notre économie. Elles en font partie. C’est précisément ce qui m’inquiète.

Comment ça se fait que, dans nos écoles, on éduque des enfants tous les jours en leur apprenant l’estime de soi, la fierté quant à leurs accomplissements, et que, au même moment, on puisse se permettre de douter de l’autre et de l’accuser sans cesse au point de le réduire au statut de problème ?

À force de présenter l’immigration comme une tare ou une menace, nous finissons par pousser des personnes qui vivent, travaillent, apprennent le français et contribuent ici à se demander si elles ont réellement une place.

Le risque n’est pas seulement économique ou démographique. Il est aussi humain. Il peut nourrir le repli. De leur côté comme du nôtre. Et c’est là que nous devons être particulièrement vigilants. Car l’intégration ne peut pas être une responsabilité à sens unique.

Nous demandons aux personnes qui arrivent de faire leur part, mais nous avons aussi une responsabilité : leur laisser une place réelle dans cette société.

Une place qui leur permet de se dire : « Ici, je peux travailler. Ici, je peux contribuer. Ici, je peux appartenir. »

C’est ce que j’ai vu dans chaque région, dans chaque regard, dans chacune de leurs histoires. J’y ai vu des personnes qui travaillent et qui travaillent pour le Québec, pour notre Québec.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.