2 films, 2 États : les patrons de la tech au Capitole

Aujourd’hui, nous traversons l’Utah pour rejoindre le Nevada. Ensuite, nous terminerons notre voyage à travers les États-Unis en Californie. À San Francisco. Et plus précisément encore, à quelques kilomètres de là. Dans la Silicon Valley.
Rappelez-vous en effet la cérémonie d’investiture du second mandat de Donald Trump le 20 janvier 2025. Dans le Capitole, au premier rang, il y avait pratiquement tous les grands patrons de la tech : Elon Musk, Mark Zuckerberg de Meta, Jeff Bezos d’Amazon, Sundar Pichai de Google, Tim Cook d’Apple ou encore Sam Altman PDG d’Open AI et créateur de Chat GPT.
Certains étaient même installés devant les futurs ministres du gouvernement. On rappelle que tous ces hommes dirigent des infrastructures qui orientent la vie de milliards d’êtres humains. Mais également que quelques jours auparavant, dans son discours d’adieu, Joe Biden avait mis en garde contre l’émergence d’une oligarchie américaine, évoquant la concentration du pouvoir et des richesses entre les mains d’un petit nombre d’individus.
The Social Network…
Et sur ce sujet, cette question de savoir à qui appartient vraiment le pouvoir aujourd’hui, le cinéma a déjà créé quelques œuvres indispensables. Dont deux films scénarisés par le même homme : Aaron Sorkin.
C’est lui qui scénarise The Social Network de David Fincher sorti en 2010 avec notamment Jesse Eisenberg, Andrew Garfield et Justin Timberlake.
The Social Network. 2003. Une chambre d’étudiant de l’université d’Harvard. Un jeune homme de 19 ans invente un site Internet pour permettre aux étudiants de communiquer entre eux. Il s’appelle Mark Zuckerberg. Son invention, c’est Facebook. Et elle va changer le monde.
Un film sur la naissance d’un empire. Mais aussi un film sur la trahison. Puisque, Zuckerberg, prêt à tout pour réussir, trahira tout le monde autour de lui. Une scène de ce film montre l’absence de norme et l’appétit vorace de ces gamins. Une scène où Sean Parker, le fondateur de Napster (incarné par Justin Timberlake) explique qu’un million de dollars, ce n’est rien. Ce qui est vraiment impressionnant, c’est un milliard.
… à The Social Reckoning
Seize ans plus tard, cette année, Aaron Sorkin signe un nouveau pamphlet sur la question. Que cette fois, il réalise avec à l’affiche Jeremy Strong, Jeremy Allen White et Mikey Madison : The Social Reckoning.
Il ne raconte plus la naissance de Facebook. Mais bien le monstre qu’il est devenu.
Et il le fait à travers une histoire vraie qui a défrayé la chronique : les Facebook Files. Ou comment une employée de Facebook a découvert que son entreprise connaissait certains des effets nocifs de ses propres plateformes, notamment sur les adolescents : la désinformation ou les divisions politiques. Et a décidé de rendre publics des documents internes. Avec Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal, elle va contribuer à révéler ces documents au monde entier.
Des documents qui prouvent que Facebook ne se contente pas de montrer les vacances de nos amis. Mais bien que ses algorithmes sélectionnent les informations que nous voyons et recommandent des contenus. Qu’ils peuvent amplifier la colère, la division et favoriser la circulation de messages trompeurs ou extrémistes.
Et soudainement, Facebook n’est plus qu’une société qui s’enrichit en vendant des données et de la publicité. Mais une entreprise qui joue un rôle de premier rang dans la manière dont les citoyens s’informent, pensent. Et donc votent.
On se souvient alors, avec effroi, de cette photo de l’investiture de Donald Trump. Photo sur laquelle il apparaît au premier rang.
A voir ou revoir : The Social Network et The Social Reckoning.
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