La première fois de Gisèle Pouhe Njall
Gisèle Pouhe Njall votera pour la première fois aux élections québécoises, lundi prochain. Et en guise de première, c’est son nom que la candidate solidaire dans Rosemont glissera dans l’urne.
« C’est un peu fou de se dire que, quoi qu’il arrive, j’aurais voté pour moi la première fois », confie-t-elle au Devoir, qui a remonté la rue Masson à ses côtés.
Originaire de la région parisienne, Mme Pouhe Njall est arrivée à Montréal il y a 18 ans. Après un bac en journalisme, elle a épousé une carrière dans le communautaire. Elle dirige aujourd’hui l’organisme à but non lucratif Collectif social, qui œuvre entre autres en prévention des violences sexuelles en milieu festif.
Devenue citoyenne en 2023, la mère de famille aura la lourde tâche de tenter de succéder à l’ancien député de Québec solidaire, Vincent Marissal, élu dans Rosemont depuis 2018. Novice en politique, elle mesure ce qui l’attend si les électeurs décident de lui accorder leur confiance.
« Il y a quelque chose d’un peu vertigineux, mais je suis prête. C’est une grande responsabilité, un travail constant de s’assurer de toujours comprendre ce qu’ils vivent », explique humblement Gisèle Pouhe Njall.
Est-ce que le fait d’être issu de l’immigration lui ajoute une pression supplémentaire ? Se sent-elle légitime ? « Je suis chez moi. Et si tu es chez toi, tu es légitime d’avoir ta voix. Ça fait 18 ans que je vis ici, je pense que j’ai fait mes armes. »
Elle croit d’ailleurs que son accent parisien et son apparence sont des atouts dans une circonscription multiethnique. Son afro a pour elle une valeur de symbole, elle en est consciente. Et elle en fait une force.
« J’ai reçu des messages sur les réseaux sociaux de gens qui me disent : “C’est la première fois qu’on voit une candidate avec un afro sur la tête”. Ce n’est pas rien. »
Parmi les combats qu’elle veut mener à l’Assemblée nationale, la crise du logement figure en haut de sa liste. « Ça vient me chercher parce que je trouve qu’on touche à un aspect vraiment tangible de la dignité humaine. »
Les déserts alimentaires dans l’est de Rosemont font aussi partie des préoccupations de Gisèle Pouhe Njall, tout comme « l’énorme travail à faire dans les écoles ».
Elle compte aussi faire entendre sa voix dans les débats liés à la place des symboles religieux dans la société. « Il faut qu’on arrive à mettre en place des choses qui font que les gens arrivent à vivre ensemble, à se comprendre ».
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