Procès Ullens : l'accusé présente ses excuses à la famille de Myriam Lechien

Nicolas Ullens a aussi pointé le changement d'attitude son père, Guy Ullens, après la rencontre avec Myriam Lechien. "Nous avions un adage: 'vivons heureux, vivons cachés'. Mon père, quand il réservait au restaurant, ne s'annonçait jamais comme baron. Il prenait le profil le plus normal possible."
L'accusé a ensuite fait référence à un anniversaire de Myriam Lechien, fêté à Venise. "C'était un ensemble d'événements qui coûtaient très cher. On (ses frères et soeur et lui, ndlr.) était mal à l'aise, dans un grand hôtel de Venise", a-t-il expliqué, ajoutant que son père avait alors tenu un discours "et pendant dix minutes, il nous a ridiculisés", en faisant référence à ses frères et à sa sœur.
Nicolas Ullens a aussi développé son rapport à son père. "Je suis devenu très lié avec lui parce que je lui ressemblais un petit peu physiquement, mais je le faisais rire, j'étais un peu son clown, et avec leurs tensions (entre son père et sa maman), j'épongeais un peu les mouchoirs de ma mère quand mon père était loin."
Il est aussi revenu sur son parcours scolaire et les attentes de son père. "Je réussissais entre 60 et 75% mais ce n'était pas suffisant pour lui. Je ne devais pas lui faire honte, et 75% ce n'était pas assez." A la question du président, l'accusé a reconnu que ça l'avait blessé à une période. "Mon père était incapable de dire je t'aime ou tu comptes pour moi, mais le montrait par des cadeaux ou de l'argent", a encore développé l'accusé. "A cet âge-là, j'avais déjà compris comment il fonctionnait", a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu'il avait déjà exprimé l'envie d'avoir davantage d'affection de la part de son père.
Nicolas Ullens a ensuite longuement raconté son parcours scolaire, avec ses passages en internats, mais aussi son investissement dans des mouvements de jeunesse. A l'université, en 2e licence, il a eu un différend avec un professeur. "Il ne supportait pas les noms à rallonge. En deuxième session, on en est arrivés aux mains. J'ai réussi mon année avec satisfaction, mais j'ai été mis dehors", a détaillé Nicolas Ullens.
La suite de son parcours universitaire a été plus compliquée à la suite de cet épisode. A Liège, il a commencé son année avant d'être convoqué par le recteur. "On m'a fait comprendre que je n'avais pas d'avenir. Les dés étaient pipés et j'ai décidé d'arrêter."
Après un service militaire, plusieurs emplois chez des concessionnaires, Nicolas Ullens a saisi l'opportunité de postuler à la Sûreté de l'Etat. "A mon grand étonnement, j'ai été repris, parce que j'avais déjà 40 ans." "J'étais fier d'avoir réussi les examens d'entrée et mon père a dit "c'est la plus mauvaise nouvelle. Tu vas pouvoir nous espionner". Il avait peur que je mette mon nez dans ses affaires."
Son parcours au sein de la Sûreté de l'Etat a d'abord été source de satisfaction avant de s'effilocher au fil de ses 11 ans là-bas. Plusieurs dossiers sensibles, dont le Kazakhgate et le déménagement de la police fédérale, ont ébranlé son engagement, particulièrement en constatant qu'il n'était pas suivi par sa hiérarchie.
Finalement, l'accusé estime avoir été placé sur une voie de garage par la suite, le poussant à démissionner, lui qui a exprimé sa motivation première, à savoir "la défense de l'intérêt général". "J'ai été voir le Comité R, j'ai été voir ma hiérarchie, j'ai été soumis à de grosses pressions."
A l'issue de ce chapitre, il a lancé en 2018 une société d'intelligence économique. Il a confirmé avoir été l'objet de menaces et a conservé des armes à feu à proximité, pour la chasse, pratique qu'il appréciait, mais aussi parce qu'il estimait cela "adéquat" et qu'il mettait en application ce qu'il avait appris à la Sûreté et souhaitait rester vigilant.
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