Quoi lire cette semaine ?
Si Entre amisa ce qu’il faut pour appartenir à la catégorie des grands romans américains, c’est que l’auteur ose interroger en profondeur, sans retenue, sans complaisance et sans sensiblerie la fragilité de ce qui nous rattache les uns aux autres, la nature véritable des multiples transactions qui s’opèrent sans cesse entre les humains.
De la prose lucide et ciselée d’Hal Ebbott, de son univers aussi terrible que captivant, la littérature américaine ne pourra dorénavant plus se priver. Tout comme nous.
« Peut-on ne pas être progressiste ? » : Le progrès à l’épreuve de ses certitudes
Et si le progrès devait, lui aussi, répondre de ses promesses ? C’est la question qu’Agnès Louis pose aux grandes réformes de notre époque dans Peut-on ne pas être progressiste ?. Philosophe et maîtresse de conférences en science politique à l’Université catholique de l’Ouest, en France, l’autrice passe au crible les présupposés qui traversent les débats de société contemporains. De la procréation médicalement assistée au recours à une mère porteuse, en passant par l’aide à mourir et le langage inclusif, elle s’intéresse à une « attitude politique » diffuse qui présente chaque transformation sociale comme une étape nécessaire de la démocratie.
« Rochebrune » : une famille décomposée
Après Fantastique histoire d’amour (Seuil, 2024), Sophie Divry nous revient avec un huitième roman, Rochebrune, qui prend appui sur la vie quotidienne d’une famille recomposée, une réalité contemporaine qui relève autant de la logistique impossible que de l’art du compromis. Une sorte de conte cruel dans la veine de La condition pavillonnaire (Noir sur blanc, 2014), dans lequel l’écrivaine épinglait avec une ironie acérée les dysfonctionnements et les pièges de la vie moderne.
« Noël à Tokyo », Yan Hamel
Dans un style assumé, Yan Hamel sonde avec force vive l’horreur semée par des adultes abuseurs grâce à une alternance fluide entre une écriture crasse, vulgaire et insane, à l’image de ce que son père était, et un ton doux, comme l’être sensible qu’il est. Roman qui écorche et émeut, Noël à Tokyo est ainsi porté par une lucidité désarmante tout autant que par une candeur infinie.
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