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Saturday, October 31, 2026

Nawell Madani : « La naissance de ma fille a littéralement pansé mes plaies »

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Tess Meurice
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Tess Meurice

NAWELL MADANI 

Quand l’art devient un terrain de jeu

Pour mieux connaître les artistes que nous rencontrons, nous les invitons à nous faire découvrir un lieu de Wallonie qui les inspire et leur tient à cœur. Née à Watermael-Boitsfort, Nawell Madani nous a donné rendez-vous à Waterloo, à quelques kilomètres seulement de là où elle a grandi. Pour ce shooting exclusif, l’humoriste a choisi la galerie d’art Martine Ehmer, fondée en 2004, qui fait écho à sa sensibilité artistique.

« En tant qu’artiste, j’ai toujours été fascinée par toutes les formes d’art », nous confie l’humoriste. « C’est une galerie assez stylée que j’aime beaucoup. Martine Ehmer est une spécialiste de l’art urbain. Elle déniche sans cesse de nouveaux talents. Et puis, j’aime beaucoup Waterloo. C’est une ville chic où tout semble paisible, un peu hors du temps. »

Désormais installée à Paris, Nawell Madani reste profondément attachée à ses racines belges. « Mes parents habitent toujours en Belgique et c’est toujours un plaisir de revenir ici. Je suis très heureuse de faire découvrir ma région à mon équipe, surtout quand le soleil brille. La Belgique a la réputation d’être un pays où il ne fait pas toujours beau, alors je suis toujours contente de montrer une autre facette de mon pays ! »

La galerie Martine Ehmer met régulièrement à l’honneur des artistes aux univers singuliers. Parmi ceux actuellement exposés, Sabine Nielsen explore le mouvement à travers des peintures au flow semi-liquide et dynamique. Antoine Leclercq donne vie au métal grâce à des lignes fluides, géométriques et épurées qui évoquent la danse. Quant à JC Thorez, il joue avec les perceptions en donnant à l’acier, pourtant rigide, l’apparence d’une étoffe souple aux drapés délicats. Trois approches qui témoignent de la richesse et de la diversité de l’art contemporain. 

« La naissance de ma fille a littéralement pansé mes plaies » 

Nawell Madani porte un regard différent sur la vie depuis la naissance de sa fille Lou, 4 ans. Femme de caractère, artiste accomplie et maman comblée, l’humoriste se livre avec une sincérité désarmante sur son parcours, ses ambitions et les épreuves qui l’ont forgée.

Votre dernier spectacle est sans doute le plus personnel de votre carrière. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous dévoiler autant ?

(Elle réfléchit.) Ça a été une succession d’événements. Il y a d’abord eu le confinement, puis ma participation à « Rendez-vous en terre inconnue », pour laquelle je suis partie trois semaines en Mongolie. Je ne m’attendais pas à vivre une aventure aussi authentique et bouleversante. Je pensais que tout était scénarisé, mais pas du tout. Il y a aussi eu ma grossesse et la naissance de ma fille. J’ai alors choisi d’être plus discrète sur les réseaux sociaux. Je ne suis pas montée sur scène pendant six ans. J’en ai profité pour me remettre profondément en question, tant sur le plan personnel qu’artistique. Je me suis demandé ce que j’avais réellement envie de transmettre et de laisser derrière moi. Je ne voulais pas revoir des vidéos de moi cinq ans plus tard et avoir honte du sketch que j’avais présenté. J’ai commencé à réfléchir aux thématiques qui pourraient briser des tabous ou susciter des débats. C’est ainsi que sont nés mes sketchs sur la charge mentale et la charge raciale, mais aussi celui consacré à mon combat de dix-sept ans pour avoir ma fille. J’avais enfin les épaules suffisamment solides pour partager, en toute sincérité, les épreuves de ma vie.

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Tess Meurice
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Tess Meurice

Vous semblez aujourd’hui plus alignée avec vous-même…

Je le confirme. La naissance de ma fille a littéralement pansé mes plaies. Cela dit, ce serait mentir de dire que j’ai toujours rêvé d’être maman. Ce désir est venu sur le tard. Avant, je pensais que tomber enceinte n’était un problème pour aucune femme et qu’il suffisait d’attendre le bon moment. J’avais tout faux. Lorsqu’on a réalisé que je ne parvenais pas à tomber enceinte naturellement, on s’est tournés vers un parcours PMA. Même si je suis populaire, je reste une femme comme les autres face à l’infertilité ou à la maladie. Avec mon mari, on nous demandait sans cesse : « Mais vous êtes tellement beaux, c’est quand que vous allez nous faire un enfant ? » On subissait une véritable pression sociale. Les gens se disaient certainement que j’étais trop carriériste pour devenir maman. On devait constamment faire face aux commentaires de nos proches, mais aussi du public. Plus les années passaient, plus on ressentait un malaise vis-à-vis des autres. 

Avez-vous remis votre couple en question ?

Mais bien sûr ! On s’est dit plein de fois qu’on n’était pas faits pour être ensemble, mais l’amour est plus fort que tout. Après tout ce qu’on a traversé, on est toujours ensemble et on savoure encore davantage le bonheur d’être parents. Et puis, je vois à quel point mon mari consacre du temps à ma fille. Il l’emmène au tennis, à la boxe… Il y a encore quelques jours, il était en visioconférence avec elle et lui a demandé : « C’est qui, ta meilleure copine ? » Ma fille lui a répondu : « Mais papa, tu n’es pas une fille ! » Et il lui a rétorqué : « Mais moi, je ne veux pas être ton meilleur copain. Je veux être mieux. Je veux être ta meilleure copine ! » Il me fait mourir de rire ! Il veut tellement être proche de sa fille, comme une meilleure amie à qui elle pourrait tout raconter. C’est trop mignon.

Vous semblez entretenir une relation très fusionnelle avec votre mari, Djebril Zonga. En quoi êtes-vous fait l’un pour l’autre ?

On se complète terriblement bien. Mon mari est mon meilleur ami. Il me pousse toujours dans mes retranchements et on se motive mutuellement. Bien qu’on évolue dans le même milieu, il n’y a jamais de concurrence entre nous. À la maison, c’est plutôt : « Tu as vu, moi, j’ai terminé mon scénario. Toi, tu es encore en train d’écrire le tien ! » On se taquine énormément, mais c’est toujours très positif. On partage beaucoup de choses ensemble. On est d’ailleurs déjà partis en Thaïlande pour faire une retraite sportive. On essaie de renouveler l’expérience une fois par an. Mon mari sait aussi me parler avec franchise. Vous savez, j’ai longtemps hésité à me lancer dans une tournée des Zéniths avec ce spectacle, qui se veut plus intimiste. Je doute de moi en permanence. Mon mari est alors venu me voir sur scène. À la fin du spectacle, il m’a dit : « Mais tu vois comment les gens rigolent ? Alors pourquoi ils ne pourraient pas être 6 000 en train de rire ? » Il avait raison. 

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Quel genre de maman êtes-vous au quotidien ?

Je suis une maman louve… et même une maman girafe ! (Rires) J’ai toujours le cou tendu, à l’affût. Je suis très attentive et je me demande sans cesse où est ma fille et ce qu’elle fait. J’aime voir ma fille entourée des gens que j’aime. J’espère ne pas trop l’étouffer quand elle grandira. Comme je l’ai tellement attendue, ma fille, c’est ma précieuse. Je la couvre en permanence de bisous et de câlins. J’essaie parfois de canaliser ce trop-plein d’amour que j’ai pour elle. 

Quand on exerce un métier aussi prenant que le vôtre, la culpabilité vous rattrape-t-elle parfois ?

Bien sûr. Il m’arrive de fondre en larmes sur scène lorsque je vois des familles venir m’applaudir et partager ensemble des moments heureux. Quand je m’absente quatre à cinq fois par semaine pendant deux ou trois ans, il est normal de culpabiliser. Mais je me dis que c’est pour mieux retrouver ma fille et lui offrir une vie que je n’ai pas pu avoir. Si Lou a une mère épanouie, elle sera heureuse elle aussi. Et puis, elle m’accompagne parfois en tournée. Je l’ai emmenée avec moi à La Réunion, en Guyane, en Martinique, en Guadeloupe et à l’île Maurice… J’aime qu’elle soit à mes côtés lorsque je pars loin et que je découvre quelque chose d’inédit. Nous allons d’ailleurs bientôt voyager à Tahiti, à Miami et à New York… Elle est déjà très lucide sur mon métier. Pour elle, « maman fait rire les gens ». Elle m’a même inventé un métier : je suis « rire-o-logue » ! (Rires)

Que vous inspirent les interventions remarquées de GuiHome et de Sarah Lélé dans « Quotidien », sur TMC ?

Je les félicite, car c’est un exercice très difficile. C’est aussi un rôle que l’on accepte pour se faire connaître, et ils ont raison de le faire. Au début de ma carrière, j’avais participé au « Grand Journal » en tant que chroniqueuse, mais je n’en garde pas un bon souvenir. L’expérience a d’ailleurs été très courte, puisqu’elle n’a duré que deux semaines. Ce n’était tout simplement pas un exercice fait pour moi. Je n’ai pas choisi ce métier pour rester assise autour d’une table, sans avoir le rire du public en retour. Ce qui m’intéresse, c’est l’échange. Je me produis d’ailleurs encore très souvent dans des clubs de stand-up, devant une cinquantaine de personnes. C’est génial, car cela me pousse constamment à sortir de ma zone de confort et à tester de nouvelles thématiques. C’est aussi une façon de rester connectée à la nouvelle génération.

Quelles sont vos prochaines ambitions ?

J’ai encore plein de rêves de gamine à réaliser ! Mon prochain grand défi, c’est de partir aux États-Unis pour y proposer un spectacle d’une heure en anglais. Je compte embarquer toute ma famille avec moi. Je maîtrise la langue, mais parler anglais et improviser en anglais, ce n’est pas la même chose. Je veux d’abord m’imprégner de la culture locale. Je félicite Kev Adams et Gad Elmaleh de s’être déjà lancés dans cette aventure, mais aucune femme n’y est encore parvenue. Le stand-up est né aux États-Unis et j’ai toujours été inspirée par les humoristes qui en viennent, comme Dave Chappelle, Chris Rock ou Kevin Hart. Ce sont eux qui m’ont donné envie de faire ce métier. L’idée de pouvoir faire rire encore plus de monde m’excite énormément.

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De qui avez-vous hérité cette pugnacité ?

Certainement de ma maman, qui est une femme très ambitieuse et ne s’est jamais contentée de ce qu’elle avait. Mon père, lui, était un sportif passionné. J’ai grandi auprès de travailleurs acharnés. Ils m’ont énormément inspirée. 

Il paraît que vous êtes un peu control freak…

Je le suis un peu, c’est vrai. Et c’est légitime, car le public est de plus en plus exigeant. Sur les réseaux sociaux, quand je lis les commentaires sur mon physique, je suis à chaque fois désemparée. Les gens peuvent faire preuve d’une violence rare, en particulier les femmes envers d’autres femmes. Ça me désole.

Dans votre spectacle, vous abordez d’ailleurs vos premières injections de Botox. À quel point êtes-vous attentive à l’image que vous renvoyez ?

Même si j’exerce un métier d’image, je ne suis pas particulièrement focalisée sur mon physique. Je veux simplement être bien dans ma peau. Un jour, j’ai vu une photo de moi avec un putain de double menton. Je me suis dit : « Mais c’est quoi, ça ? » (Rires) Je n’ai pas sauté le pas pour camoufler quelque chose, mais plutôt pour ralentir le processus. Je me maquille tous les soirs quand je monte sur scène, je transpire et ma peau en prend un coup. Mon médecin m’a donc convaincue d’essayer les injections de Botox. Depuis, je pars en cacahuète, car j’ai toujours envie d’en faire. Du coup, pendant plusieurs mois, je n’ai plus qu’une seule émotion !

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Quels sont vos secrets de beauté ? 

Je n’en ai pas vraiment. Je prends beaucoup de compléments alimentaires et je mise notamment sur la vitamine C. Je fais régulièrement des prises de sang pour vérifier si je présente d’éventuelles carences. Je veille aussi à bien m’alimenter et j’essaie d’éviter le fast-food. De temps en temps, je m’accorde un « cheat meal », mais je tiens à manger équilibré. Plus il y a de couleurs dans l’assiette, mieux c’est. J’essaie toujours de montrer le bon exemple à ma fille.

On connaît votre passion pour la danse et la scène, mais qu’est-ce que le grand public ignore encore de vous ?

Je suis une grande fan de décoration d’intérieur. Je pourrais passer des heures à chiner ! J’adore les brocantes et les braderies. J’aime dénicher un vieux canapé, puis me rendre au marché Saint-Pierre, à Paris, pour trouver les tissus qui lui donneront une seconde vie. Je me suis d’ailleurs récemment rendue au salon Maison&Objet et j’étais comme une enfant dans un parc d’attractions. J’adore découvrir les nouveautés et suivre de près les tendances en matière de décoration.

À quoi ressemble votre maison ?

Franchement, c’est trop canon chez moi ! J’aime particulièrement les murs à la chaux et j’accorde beaucoup d’importance à la luminosité. C’est incroyable de voir à quel point la lumière peut transformer un espace ! J’aime mélanger les styles et jouer avec les matières. Je suis aussi très attentive aux sols, notamment à ceux sur lesquels il est agréable de marcher pieds nus. Chez moi, on retrouve du travertin et du parquet. J’adore également les canapés cosy, bien moelleux, aux formes arrondies. Mon intérieur est très épuré, mais ponctué de quelques pièces fortes.

En détail 

Nawell Madani est habillée par Natan Couture

Spectacle « Tout Court », le 3 février 2027 à Forest National 

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