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Saturday, October 3, 2026

Des membres du Québec inc. appellent à faire de la création de richesse une priorité

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Des gens d’affaire profitent des derniers jours de la campagne électorale pour presser les Québécois à accorder plus d’importance à la création de richesse pour une meilleure qualité de vie et de meilleurs services publics.

« Le Québec peut faire beaucoup mieux. On a le talent, on a le capital, on a des entrepreneurs extraordinaires. […] Mais il faut d’abord que la population québécoise décide que la création de richesses est une priorité », a déclaré vendredi l’homme d’affaires montréalais Andrew Lufty devant quelques centaines de gens d’affaires venus l’entendre présenter ses idées et l’appuyer.

Épaulé par le président fondateur d’Alimentation Couche-Tard, Alain Bouchard, l’ancien président de Bombardier, Laurent Beaudoin, et le président et chef de la direction de Sagard, Paul Desmarais III, le président et chef de la direction du Groupe Dynamite et de Carbonleo a fait valoir que pour avoir un meilleur pouvoir d’achat, une meilleure qualité de vie, de meilleurs hôpitaux, de meilleures écoles et de meilleures infrastructures, il faudrait une économie québécoise plus prospère.

« On parle fièrement de notre langue, de notre culture, de notre modèle de société. Mais quand on parle d’argent ou de création de richesse, quelque chose change. On devient inconfortable. » Il faudrait, au contraire, discuter et débattre ouvertement des cibles explicites de croissance économique qu’on voudrait atteindre et des obstacles qui nous y empêchent.

Une économie de 1000 milliards

Reprenant une idée qu’il a lancée au début du mois dernier dans une lettre ouverte dans un média, Andrew Lufty propose notamment que le Québec se fixe comme objectif de porter son produit intérieur brut à 1000 milliards d’ici sept ans. Équivalant à un taux de croissance économique réelle — ambitieux, mais atteignable selon lui — de 3 % par année, ce niveau représenterait 135 milliards de plus que la tendance actuelle et assurerait 20 milliards de revenus supplémentaires au gouvernement du Québec.

Pour y arriver, il faudra avoir « le courage » de regarder « avec lucidité » ce qui freine l’économie québécoise et de s’y attaquer, dit-il.

Si l’événement de vendredi ne visait pas à dresser, tout de suite, la liste de ces fameux obstacles à la croissance, il n’était pas nécessaire d’insister beaucoup auprès des gens d’affaires présents pour obtenir quelques exemples. Il est notamment question de l’addition des politiques et des règles qui aurait fait du Québec l’un des endroits où il est le plus difficile d’investir en Amérique du Nord.

« C’est vraiment un foutoir extraordinaire », a déploré Alain Bouchard par vidéoconférence lors d’un point de presse en parlant du Québec et du Canada.

Les deux hommes d’affaires ont assuré ne pas chercher à faire de la politique partisane ni influencer le résultat des élections à moins de trois jours du vote. On s’est seulement dit que les élections offraient une chance de profiter « de beaucoup de couverture et de beaucoup d’intérêt à ce que les gens ont à dire », a expliqué Andrew Lufty. De toute façon, « les Québécois ont déjà décidé. Il y en a même pas mal qui ont déjà voté. »

Pas peur d’un référendum

Et que pensent-ils de la perspective d’un référendum sur l’indépendance qui viendrait avec une victoire du Parti québécois lundi ? « Je ne suis pas inquiet », a dit Andrew Lufty. « Si ça revient, on verra. Mais ce n’est pas ma préoccupation principale », a dit Alain Bouchard.

« Je ne veux pas faire de politique ici », a répété ce dernier. L’important, pour les gens d’affaires, vendredi, était de profiter du contexte électoral pour parler de l’importance et des conditions de la croissance économique. « Si on ne parle pas, si on n’intervient pas, on va continuer à se plaindre entre nous. On se plaint beaucoup entre nous de la situation. »

Nostalgique de grands leaders politiques, comme Jean Lessage, Robert Bourassa, René Lévesque, Brian Mulroney et Lucien Bouchard, « qui savent planifier, qui savent organiser, qui ont des idées précises, qui veulent réaliser des choses », Alain Bouchard espère que l’évènement soit que le début d’une grande « conversation » collective qui, comme par le passé, pourrait donner lieu à un sommet qui rassemblerait « les mouvements sociaux, les syndicats, des professionnels [et] des représentants du monde de l’affaire, évidemment ».

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