Étude | La musculation pourrait contribuer au soulagement de l’anxiété chez les femmes

La pratique de plusieurs types d’entraînement de musculation a été associée à une diminution des symptômes de dépression chez des femmes souffrant de troubles anxieux, dans le cadre d’une nouvelle étude irlandaise.
Publié à
Jean-Benoit Legault La Presse Canadienne
Ce type d’entraînement ne serait vraisemblablement pas suffisant pour améliorer la santé mentale par lui-même, précisent les auteurs, mais il a probablement un rôle à jouer en combinaison avec d’autres interventions.
« Il s’agissait d’une étude qui reflétait peut-être davantage la population générale, c’est-à-dire les personnes susceptibles de vouloir recourir à l’activité physique pour améliorer leur santé mentale en général », a réagi le docteur Nicholas Fabiano, un résident en psychiatrie à l’Université d’Ottawa et un spécialiste des bienfaits de l’activité physique sur la santé mentale.
Il y a plusieurs personnes qui, dans la vie de tous les jours, « ne présentent peut-être pas nécessairement un trouble dépressif majeur ou un épisode dépressif majeur officiellement diagnostiqué, mais qui ressentent néanmoins de nombreux symptômes dépressifs ou une grande anxiété », a-t-il ajouté.
L’étude a été réalisée auprès d’une cinquantaine de femmes qui présentaient des symptômes anxieux et qui ne s’entraînaient pas en musculation. La moitié du groupe a été assignée à un programme supervisé qui a vu les participantes lever de 70 % à 80 % de leur charge maximale. L’autre groupe a levé environ 20 % de sa charge maximale.
Les femmes ont ensuite répondu à des questionnaires pour quantifier l’ampleur de leurs symptômes dépressifs. Les membres des deux groupes ont rapporté une amélioration, mais les participantes du groupe « haute intensité » ont vu leurs scores de dépression glisser de 54 %, tandis que celles du groupe « faible intensité » ont affiché une baisse de 43 %.
« Je trouve cela rassurant, car […] même une activité physique de faible intensité peut avoir des effets bénéfiques sur la santé mentale, et cela constitue souvent un très bon point de départ », a commenté le docteur Fabiano.
Dans l’ensemble, disent les auteurs, « ces résultats suggèrent que l’entraînement par résistance à haute intensité pourrait être plus efficace et devrait être recommandé, mais que même l’entraînement par résistance à faible intensité, qui nécessite moins d’effort physique et procure une sensation d’effort moindre, pourrait apporter des bénéfices antidépresseurs cliniquement significatifs chez les jeunes femmes adultes atteintes d’un trouble anxieux généralisé de type analogue ».
Il importe toutefois de nuancer ces résultats.
Dans un premier temps, même si de nombreuses études ont témoigné des bienfaits de l’activité physique pour la santé mentale, il est possible que, dans le cadre d’un programme supervisé comme celui utilisé pour cette étude, l’aspect « social » soit tout aussi bénéfique que l’aspect « physique ». En d’autres mots, le fait de sortir de la maison et d’aller côtoyer des gens pourrait lui aussi permettre d’améliorer la santé mentale.
On sait que les muscles peuvent communiquer avec le cerveau grâce à des substances appelées myokines et que cela peut entraîner une diminution de l’inflammation, mais aussi des changements au sein même du cerveau, a rappelé le docteur Fabiano.
« Mais je pense qu’un aspect plus important, souvent négligé, réside justement dans les aspects psychologiques, a-t-il ajouté. Ainsi, pour une personne présentant peut-être un niveau d’anxiété élevé ou souffrant de symptômes dépressifs, la musculation peut être une source de stimulation. Il s’agit de l’amener à adopter une routine structurée tout au long de la semaine, de la renforcer de semaine en semaine et de lui montrer qu’elle est alors capable d’en faire davantage et d’y prendre vraiment plaisir. Je pense que c’est également un facteur très important pour les personnes souffrant d’anxiété ou de symptômes dépressifs. »
Par ailleurs, les auteurs de l’étude soulignent que l’activité physique n’est pas une panacée pour les problèmes de dépression ou d’anxiété. Il s’agit plutôt d’une activité qui devrait être combinée à d’autres interventions, comme la psychothérapie ou la prise de médication.
Les conclusions de cette étude ont été publiées par le Journal of Affective Disorders.
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